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EMPLOI ET CHÔMAGE

Les métiers à l'horizon 2020 : des emplois plus qualifiés et féminisés

Les métiers à l'horizon 2020 : des emplois plus qualifiés et féminisés
Dans une étude publiée le 15 mars, la Dares et le Centre d’analyse stratégique présentent des projections de postes à pourvoir par métiers à l’horizon 2020, en fonction des départs en fin de carrière attendus mais aussi du nombre possible de créations d’emploi dans les dix ans à venir.

Entre 2010 et 2020, le nombre de postes à pourvoir devrait se maintenir à un niveau élevé, avec de fortes créations d’emploi dans les métiers occupés par les cadres et les « professions supérieures », ainsi que dans l’ensemble des professions de soins et d’aides à domicile. Telles sont les projections que font la Dares et le CAS, dans une étude datée du 15 mars.

Progression des effectifs dans les métiers qualifiés

Les métiers occupés par les cadres et les professions « intermédiaires » connaîtraient un essor important entre 2010 et 2020, passant sur cette période de 39,0 % de l’emploi total à 40,6 %. Sur les 1,5 million d’emplois supplémentaires attendus, plus de 550 000 seraient des emplois de cadres, 440 000 correspondraient à des professions intermédiaires et 260 000 à des métiers d’employés peu qualifiés. Les employés qualifiés, d’ouvriers ou d’indépendants ne progresseraient, quant à eux, que de 200 000 emplois.

S’agissant des professions occupées par les cadres, l’emploi devrait être soutenu par de nombreux départs en fin de carrière pour les fonctions à dominante administrative et les managers (cadres des services administratifs, comptables et financiers de la banque et des assurances, cadres administratifs de la Fonction publique, dirigeants d’entreprise). En revanche, les fins de carrière devraient être moins nombreuses parmi les ingénieurs de l’informatique, le personnel d’étude et de recherche ou les cadres techniques de l’industrie. Toutefois, ceux-ci devraient bénéficier de fortes créations d’emplois, portées « par le développement des nouvelles technologies, des efforts en matière de recherche-développement et la bonne tenue de secteurs à fort contenu technologique comme la pharmacie ou la construction aéronautique ». Au total, ces trois familles professionnelles pourraient offrir près de 200 000 emplois supplémentaires, soit un taux de création nette proche de 2 % par an d’ici 2020. L’emploi devrait être également soutenu pour les cadres de l’information, de la communication et des arts et spectacles avec un taux de création nette d’emploi d’environ 1,5 % par an. Enfin, note l’étude, « les cadres commerciaux devraient de la même manière voir leur nombre augmenter, tout comme les architectes et les cadres du bâtiment qui profiteraient de la dynamique du secteur du BTP ».

Des femmes cadres plus nombreuses

Entre 2010 et 2020, la part des femmes dans l’emploi pourrait progresser, de 47,5 % à 48,8 %. Selon la Dares, cette légère augmentation serait favorisée, non pas par le développement des métiers les plus féminisés, mais par la présence croissante des femmes dans les métiers les plus qualifiés, de niveau cadre ou profession intermédiaire. Ainsi, leur part globale sur l’ensemble des postes de cadres pourrait passer de 42,5 % en 2010 à 45,8 % en 2020. Pour les professions intermédiaires, ce taux passerait de 49,6 % à 51,3 %.

S’agissant des professions occupées, la tendance actuelle devrait se poursuivre dans les années à venir. Ainsi, les femmes devraient être présentes « où elles sont déjà majoritaires ou presque » – métiers de l’information et de la communication, cadres administratifs, médecins, professions juridiques, etc. – mais également dans d’autres professions où elles restent minoritaires comme les cadres des transports et de la logistique, ceux du bâtiment et des travaux publics (architectes notamment), les cadres commerciaux ou encore les chercheurs, ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

En revanche, observe l’étude, malgré une part croissante des femmes dans les métiers les plus qualifiés, celles-ci occuperaient encore deux fois plus souvent que les hommes un métier d’employé ou d’ouvrier considéré comme peu qualifié (23 % contre 12 %), essentiellement dans les services.

Les métiers porteurs

Par domaine professionnel, l’évolution de l’emploi devrait être particulièrement soutenue dans l’éducation, la santé et la culture, avec 415 000 postes créés en dix ans. Dans le secteur de la santé, près de 350 000 postes seraient ainsi à pouvoir chez les aides à domicile, aides-soignants et infirmiers. Les métiers des services aux entreprises ainsi que ceux des services aux particuliers et aux collectivités connaîtront également un essor important avec respectivement 352 000 et 291 000 postes créés entre 2010 et 2020.

Viendraient ensuite les métiers du commerce, de l’hôtellerie et de la restauration, avec 288 000 postes à pourvoir d’ici 2020. Dans ce domaine, précise la Dares, même si la proportion de postes à pourvoir est inférieure à la moyenne dans la plupart des professions, coiffeurs et esthéticiens exceptés, les recrutements resteront nombreux « du fait d’un important turnover, généré par des conditions salariales, horaires ou d’activité souvent difficiles ».

Les métiers du bâtiment devraient gagner, quant à eux, 136 000 postes, ceux des transports et de la manutention 61 000 et enfin ceux de l’industrie, seulement 37 000. Pour ces trois catégories de métiers, la proportion des postes d’ouvriers peu qualifiés devrait être sensiblement inférieure à la moyenne, du fait d’un faible volume de départs en fin de carrières, ces emplois s’adressant « plutôt à des jeunes, souvent intérimaires ou apprentis, dont certains accèdent ensuite à des métiers plus qualifiés ». Enfin, l’emploi dans l’administration publique, l’armée et la police diminuerait de 109 000 postes. Même constat chez les agriculteurs, avec 15 000 emplois en moins, en lien avec les « importants flux de départs en fin de carrière qui ne seront pas compensés à l’identique par l’installation de jeunes exploitants ou l’embauche de nouveaux salariés ».

DARES, Analyses n° 022, mars 2012
www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2012-022.pdf

Liaisons Sociales Quotidien, 29/03/2012
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