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Tensions fortes à prévoir sur le recrutement des cadres

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Tensions fortes à prévoir sur le recrutement des cadres

Dans un climat des affaires positif, les prévisions d’embauches jusqu’en 2019, établies par l’Apec, atteignent des records. Ce qui laisse présager une intensification de la guerre des talents. Un enjeu pour les DRH en termes d’attractivité et de fidélisation.  

par Marie-Madeleine Sève 10/07/2017 Entreprise & Carrières

Tensions fortes à prévoir sur le recrutement des cadres
© Denis Pessin

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Tous les voyants du marché de l’emploi sont au vert, et même au vert vif ! Au point que l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) pronostique, pour les trois ans qui viennent, un volume d’embauches de cols blancs à des niveaux inégalés. « Leur nombre devrait s’établir à près de 215 000 en 2017. Et il dépasserait le seuil des 225 000 en 2018 et des 236 000 en 2019, soulignait Jean-Marie Marx, directeur général de l’Apec, le 6 juillet, lors de la présentation des dernières études de l’organisme.

Une hausse spectaculaire pour 2017 (+ 32 % en 4 ans), après le temps des vaches maigres qui enregistrait au plus bas – en 2009 – seulement 143 700 recrutements de cadres (voir le schéma). Des résultats convergents avec les chiffres des cabinets de recrutement qui témoignent, de leur côté, d’un bond de 10 % en un an.

Reprise soutenue. Dans les trois scénarios de croissance, étudiés comme tous les semestres par les statisticiens de l’Apec, c’est le plus probable qui a été retenu (1). Soit une reprise économique soutenue, notamment par un relèvement du PIB de 1,6 % en 2017 et en 2018 et de 1,8 % en 2019, dû à un renforcement des investissements, une embellie sur les exportations et un retour de la confiance. Un optimisme partagé par divers instituts de conjoncture, dont l’Insee et la Banque de France.

En outre, le niveau de départs directs en retraite reste élevé : de 55 000 à 56 000 cadres en poste tous les ans (contre 47 000 en 2014). Ainsi, selon l’association, la masse de recrutement de cols blancs progresserait de 5 % chaque année pour atteindre ce record de 236 900 d’ici à deux ans, Une hypothèse qui ne ferait pas complètement l’affaire des DRH. Car le marché du travail est déjà tendu, comme le souligne la note de conjoncture trimestrielle de l’Apec, dévoilée également le 6 juillet.

« Nos offres emploi n’attirent plus que 30 candidats, contre 50 il y a trois ou quatre ans », confirme Jean-Marie Marx. Un recul qui touche toutes les fonctions de l’entreprise. En tête l’informatique, qui séduit le moins de postulants (21 candidatures en moyenne au 4e trimestre 2016, contre 30 au 4e trimestre 2015), mais aussi la communication-création (66 contre 89), la gestion-finance-administration (41 contre 51) et les études-R & D (27 contre 32).

Recrutements compliqués. Par ailleurs, les entreprises ont plus de mal à pourvoir leurs postes qu’un an auparavant : 66 % des embauches lancées au dernier trimestre 2016 sont jugés difficiles, contre 62 % un an plus tôt. Le sentiment de tension (voir le graphique) est prégnant dans l’informatique, fonction dans laquelle 83 % des recrutements sont estimés compliqués (61 % un an plus tôt), ainsi que les études-R & D (74 % contre 63 % un an plus tôt).

Les recruteurs ciblent en effet des profils hautement qualifiés, avec des compétences techniques pointues, notamment en cyber sécurité, en big data ou en internet des objets, ardus à dénicher face à la concurrence des entreprises du numérique.

« Rechercher un trentenaire, expert en son domaine, avec de l’expérience, qui est agile et polyglotte, et qui de surcroît n’est pas trop cher, c’est désormais impossible », plaisante à peine Pierre Lamblin, directeur du département Etudes et Recherche de l’Apec.

Pour pallier les pénuries, les employeurs ont l’intention de se tourner davantage vers des profils laissés jusque là au bord du chemin : les jeunes et les seniors. 63 % de ceux qui recrutent au 3e trimestre 2017 envisagent d’embaucher au moins un cadre de 10 à 20 ans d’expérience, et 46 % un cadre de plus de 20 ans d’expérience, soit respectivement 9 et 7 points de plus que l’an passé à la même période. Enfin, plus de 8 entreprises sur 10 se déclarent prêtes à intégrer des profils de 1 à 5 ans d’expérience, et 4 sur 10 au moins un jeune diplômé (+ 6 points). Autre facteur essentiel, la mobilité qui augmente, rappelle Jean-Marie-Marx, en particulier externe : jusqu’à 10 % de cols blancs pourraient ainsi bouger ailleurs.

 

1) L’Apec a envisagé deux autres scenarios : une « croissance dynamique », avec une hausse de 2,1 % du PIB en 2019, qui déboucherait sur 244 600 recrutements de cadres ; une « croissance bridée », avec un PIB de +1,2 % en 2017 et + 1 % en 2019, qui aboutirait, cette année-là, à 220 700 recrutements. Soit un niveau supérieur au pic de 2007 (208 200 embauches).

 


Document(s) joint(s) :
  Embauches et prévisions d'embauches cadres
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