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Contrat de travail

Le CDI-Intérimaire a le vent en poupe

Les intérimaires en CDI sont en nombre croissant. Le statut séduit particulièrement les jeunes qui y trouvent sécurité et diversité d’expérience. Il ne devrait pas être fragilisé par le CDI de chantier.  

par Amandine Nilles 13/07/2017 Liaisons Sociales Magazine

Le CDI-Intérimaire a le vent en poupe
© Adobe Stock

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La semaine dernière, Manpower signait son 5 000ème CDI-Intérimaire. De son côté, Prism’emploi, l’organisation professionnelle de l’intérim, enregistrait son 20 000e CDI-Intérimaires cette semaine. Objectif atteint avec de l'avance pour les professionnels de l’intérim qui s’étaient engagés sur ce nombre pour septembre prochain.

Sur le terrain, ce sont les intérimaires les plus méritants, ayant effectué 800 heures de mission minimum, qui peuvent se voir proposer un CDI-Intérimaire. Chaque agence « intègre des salariés compétents et sélectionnent les personnes avec un vrai potentiel, au niveau technique comme au niveau des "soft skills" » assure Jean-François Denoy, Directeur général de Manpower.

Cet engouement pour le CDI-Intérimaire de la part des salariés s’explique pour trois raisons majeures. Une meilleure stabilité grâce au statut du CDI qui permet de prétendre à un crédit immobilier par exemple. Mais aussi la possibilité de pouvoir changer d’enchaîner des missions différentes dans le but d’acquérir le maximum d’expérience. Enfin la possibilité d’un CDI pour les jeunes en sortie d’études, alors que les entreprises privilégient les CDD pour cette partie de la population active.  

Un marche-pied pour les jeunes 

Autre intérêt partagé par tous, la possibilité d’être embauché dans l’entreprise cliente. Jean-François Denoy affirme que 80% des CDI-intérimaires signés chez Manpower débouchent vers un CDI classique. La durée moyenne d’une mission est de cinq jours mais l’intérimaire en CDI peut rester dans la même entreprise pendant 36 mois maximum.

Au delà, il sera orienté par son agence vers une autre entreprise. Les périodes d’intermission ne sont pas stressantes puisqu’elles sont rémunérées entre 1 fois et 1,25 fois le SMIC. Le contrat est donc alléchant pour les jeunes qui trouvent un emploi sécurisant tout en profitant d’expériences diverses.

Rappelons que 61% de jeunes actifs sont en CDI en 2016 contre 64% en 2015. Pas étonnant qu’ils préfèrent « l’intérim et les contrats aidés » aux CDI classiques, selon la dernière étude du Céreq. 

Un contrat néanmoins précaire 

Pour autant, le mélange de contrats de travail de droit commun et d’intérim est synonyme de précarité, pour Bétrice Cluzel, co-responsable de FO Intérim. « Les indemnités de fin de mission ne sont pas perçues par les intérimaires, explique-t-elle. D’un montant égal à 10% du salaire de l’intérimaire, elles sont récoltées pour le fond de sécurisation des intérimaires (SSPI) afin de financer les périodes d’intermissions ou de formation.

Par ailleurs, les intérimaires ne peuvent pas évoluer dans l’entreprise à cause de leur période maximum de présence. Enfin sur les 20 000 CDI-Intérimaires signés, un quart des bénéficiaires sont réorientés ou ont démissionné. « Ce n’est pas un contrat de travail défendable, estime la syndicaliste.

La liberté et la flexibilité mises en avant par les agences ne sont pas réelles pour les intérimaires qui sont obligés d’accepter toutes les missions proposées par leur employeur. » Sans compter l’obligation de se tenir à disposition en période d’intermission, autre différence avec l’intérim classique.

CDI de chantier versus CDI-Intérimaire

Les projets de CDI de chantier ou de mission mis en avant par le ministère du Travail ces derniers temps peuvent-ils concurrencer le CDI-Intérimaires ? Pas de quoi effrayer François Roux. Le Délégué général de Prism’emploi explique que le CDI de chantier est beaucoup plus précaire que le CDI-Intérimaire. « Il n’assure pas de suite à la fin du contrat. Alors que le bénéficiaire du CDI-Intérimaire est suivi après la mission en entreprise. Et il est payé en période d’intermission. »

Sans être en désaccord avec cette position, Béatrice Cluzel estime qu’ils sont complémentaires. « Ils permettent à chacun de trouver le contrat qui convient le mieux à la branche professionnelle dans laquelle il exerce », estime la syndicaliste. Le 30 juin 2018, le gouvernement présentera au Parlement les conditions d’applications pour la pérennisation ou la fin de cette expérience du CDI-Intérimaire. 

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