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Fonctionnaires : des médecins de prévention trop rares

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SANTÉ AU TRAVAIL

Fonctionnaires : des médecins de prévention trop rares

Lors d’un groupe de travail réuni le 21 novembre, la DGAFP a présenté aux syndicats ses pistes d’action pour pallier le manque durable de médecins de prévention.

06/12/2017 Protection Sociale Informations, n° 1100

La direction générale de l’administration et de la Fonction publique (DGAFP), qui travaille à la mise en œuvre du plan d’action pluriannuel du 28 mars 2017 pour une meilleure prise en compte de la santé et de la sécurité au travail, a d’abord rappelé les chiffres de la Drees. Sur les 4 907 médecins du travail en activité au 1er janvier 2017 - dont près de la moitié ont plus de 60 ans -, 3 960 ne le seront plus en 2030. C’est un problème de démographie, mais aussi d’attractivité : rémunération et conditions d’exercice en font la spécialité la moins choisie par les étudiants en médecine, et seuls 45 % des postes ont été pourvus en 2016-2017. Face à cette problématique, l’administration envisage de créer des « équipes pluridisciplinaires », dotées d’infirmiers, de secrétaires, d’ergonomes et de psychologues, et d’élargir le rôle des infirmiers. La proposition fait bondir Olivier Bouis, secrétaire fédéral FGF-FO : « Cela fait un an, depuis la dernière réunion, que l’on réclame en vain le recrutement de ces équipes ! » De son côté, l’Uffa-CFDT y voit « une bonne piste concrète à explorer », tandis que l’UFSE-CGT est plus sceptique. « Même si ces équipes pluridisciplinaires dégagent du temps aux médecins pour voir plus de salariés, c’est une goutte d’eau face à l’ampleur de la pénurie », souligne Christophe Godard, secrétaire national. Les syndicats craignent en outre que les infirmiers fassent le travail des médecins, ou que la fréquence des visites médicales soit revue à la baisse.

Comme autre remède, la DGAFP propose la création de « services de prévention mutualisés au niveau régional », et a présenté aux syndicats un projet d’expérimentation en Normandie. Ce service ambulatoire pourrait couvrir 8000 agents des Fonctions publiques d’État et territoriale. « Sera-t-il en capacité de participer aux CHSCT et de connaître les différents milieux de travail ? Il risque d’être réduit à un service de surveillance médicale », prédit Olivier Bouis. La DGAFP recommande enfin « d’ouvrir davantage l’exercice de la médecine du travail », de « faciliter les reconversions », de « rendre les carrières attractives » et de promouvoir cette spécialité auprès des étudiants. De leur côté, les syndicats voient mal comment attirer des candidats sans toucher à la rémunération ni au numerus clausus. « Là où les médecins du travail sont mieux payés par choix de l’employeur, les postes sont pourvus sans problème. Or le gouvernement veut agir à moyens constants », déplore Christophe Godard.

LES MÉDECINS COLLABORATEURS
Ils étaient 107 pour 2013 puis 215 pour 2014, selon la DGT. Ce nombre rapporté à celui des médecins du travail conduisait à une proportion de 4 % de ces médecins collaborateurs en 2014.

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