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Cancers professionnels : une reconnaissance lacunaire

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SANTÉ AU TRAVAIL

Cancers professionnels : une reconnaissance lacunaire

Le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) a publié, le 23 février, une étude intitulée : « Cancers liés au travail : une reconnaissance en maladie professionnelle (MP) à deux vitesses ».

07/03/2018 Protection Sociale Informations, 07/03/2018

La « réduction des angles morts » des procédures de reconnaissance en MP « constitue un nouveau défi en santé au travail », juge l’auteur de cette recherche en santé publique publiée par le CEET. Sylvie Platel s’est intéressée, dans le cadre de sa thèse, au processus institutionnel engagé par les victimes pour obtenir réparation auprès de la Sécu. Deux voies coexistent : une principale, avec une reconnaissance automatique en fonction des critères d’un tableau de MP, ou celle complémentaire, qui consiste à l’examen au cas par cas par un comité médical d’experts (CRRMP). Problème : il existe à peine 22 tableaux inscrivant un cancer, associés à une vingtaine de substances et à plusieurs activités professionnelles. « Ce cadre est étroit, excluant de nombreuses situations d’exposition à des substances [considérées] cancérogènes par le Centre international de lutte contre le cancer », explique l’auteur, qui soulève aussi la difficile reconnaissance de la polyexpositions. Mais l’autre option (CRMPP) se révèle restrictive aussi, d’autant que le travailleur doit apporter la preuve des expositions subies. Or, « l’insuffisance des données statistiques et épidémiologiques sur les cancers en lien avec le travail est avérée », rappelle la chercheuse.

Par l’étude empirique de 65 cas en Seine-Saint-Denis, l’auteur illustre crûment les failles du système, qui conduisent à une « sous-déclaration », une « sous-reconnaissance » puis une « sous-judiciarisation », prolongeant la faible visibilité des cancers professionnels. Les 35 cancers reconnus en MP via les tableaux l’ont été principalement en lien avec l’amiante, mais « ce résultat masque la réalité des expositions aux autres cancérogènes professionnels », dénonce l’étude. D’où la recommandation de « mettre au centre du raisonnement l’activité réelle de travail ». L’enquête montre aussi un faible engagement des victimes dans l’instruction de leurs dossiers, d’où la nécessité de mieux les accompagner.

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