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Risques professionnels : des RPS mieux diagnostiqués, des populations à risque négligées, selon une étude

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Risques professionnels : des RPS mieux diagnostiqués, des populations à risque négligées, selon une étude

Progression sensible des diagnostics sur les risques psychosociaux (RPS), meilleure appropriation du document unique de prévention des risques professionnels (DU ou DUERP), mais aussi des difficultés à dédier une personne à la santé et sécurité au travail (SST), et une négligence persistante de la sécurité des intérimaires et sous-traitants : tels sont quelques-uns des enseignements tirés du 2eme  baromètre de la SST publié par Prévisoft, ce jeudi 24 mai.

24/05/2018 Fil AFP Liaisons Sociales

Si l'on en croit les chiffres de l'enquête réalisée par entretien téléphonique, entre avril et mai 2018 sur un échantillon de 300 entreprises (1), les sociétés ont, semble-t-il, mieux pris en compte la question de la souffrance au travail.
 
Diagnostic RPS
 
Ainsi, 63 % des sondés (48 % l'an passé) ont réalisé un diagnostic sur les RPS, ce qui est obligatoire depuis 2015, sans que l'on sache exactement le contenu. Une progression encore en deçà de ce que l'on pourrait attendre. « Pourtant, se poser la question des RPS, c'est réfléchir à la notion de qualité de vie au travail (QVT), de bien-être au travail, analyse Auriande Labed, consultante chez Prévisoft, filiale d'Addactis Group. Les entreprises ont encore du mal à aller spontanément sur ces thématiques qui font peur. »
 
Le DUERP se développe davantage puisque 88 % des entreprises l'ont réalisé, contre 84 % en 2017. Une progression à nuancer cependant, car le DUERP existe depuis 2001. Celui-ci est davantage mis à jour, (+5 %), les entreprises semblent avoir compris l'intérêt de le faire (95 % des sondés le font). « Il faut néanmoins avoir en tête que la mise à jour peut parfois simplement consister à l'ajout d'une ligne dans le document », rappelle la consultante.
 
Plans d'actions liés au DUERP en hausse
 
Le baromètre constate aussi une progression des plans d'actions, par rapport à 2017 82 % des sondés en ont déployés, (73,4 % pour les 50 à 250 salariés, 85,1 % pour les plus de 500 salariés), mais des progrès restent à accomplir, notamment en ce qui concerne le suivi de ces plans.
 
La formalisation des questions de SST s'est poursuivie avec en particulier la rédaction d'un livret d'accueil sécurité (71 % des sondés, 43 % pour les 50-250 salariés, 83,7 % pour les plus de 500), ou encore la mise en place d'un plan de formation SST (85 %). Si l'on ajoute aussi la progression de la certification des entreprises par rapport à un référentiel SST, on peut constater une plus grande prise de conscience des sociétés sur le plan théorique. Reste à axer et observer davantage ce qui se passe sur le terrain, prévient Auriande Lebed. Et peut-être aussi d'associer davantage les instances représentatives du personnel, point sur lequel du travail reste à faire, puisque 1/3 des entreprises n'impliquent pas les membres de leur CSE/CHSCT dans l'évaluation des risques professionnels (2).
 
Moins de formation pour les intérimaires et les sous-traitants
 
En revanche, plusieurs points de vigilance subsistent : 8,2 % des entreprises ne prodiguent jamais de formation sur les postes à risque, et la gestion de la sécurité des sous-traitants, intérimaires ou CDD reste insuffisante. Alors que l'écrasante majorité des sondés fait appel à ces catégories (94,3 %), 16 % des entreprises ne font jamais d'analyse des risques les concernant, 11,7 % rarement. Autre facteur aggravant, 13 % des entreprises ne fournissent pas à ces populations les mêmes équipements de protection individuelle qu'à leurs salariés. « A tort, puisque cela relève de leur responsabilité, les sociétés considèrent parfois que c'est à l'entreprise intérimaire de le prendre en charge, indique Auriande Lebed. Ce constat dénote un manque de maturité des politiques de prévention, en particulier dans les petites entreprises. »
 
Manque de moyens et d'outils
 
Par ailleurs, l'enquête relève toujours un manque de moyens et de ressources dédiées. Si 63 % des sondés déclarent avoir un responsable SST au sein de leur organisation (55 % en 2017), près d'un quart n'ont pas de personnel alloué à la SST. Et si 2/3 (67 %) des sociétés interrogées indiquent recevoir une veille réglementaire (50 % en 2017), un certain nombre d'entre elles (12 %) disent manquer de temps pour l'exploiter.
 
Enfin, le pourcentage des entreprises analysant systématiquement les causes des accidents du travail et des maladies professionnelles est en baisse : 69 % contre 74 % en 2017. Un consensus existe certes sur la méthode d'analyse, avec une prédominance pour celle de l'arbre des causes, - la plus complète, selon Auriande Labed- , mais les outils de gestion à la disposition des entreprises varient sensiblement. Une société sur deux seulement utilise un outil de prévention (+9 %), et un peu plus de la moitié d'entre elles (56 %) ont recours à un outil de suivi pour les équipements de travail, alors que 3 entreprises sur 4 les vérifient systématiquement. Or, « sans outil de gestion adéquat, il est très difficile de faire face à ces questions, relève François Merle, directeur général de Prévisoft. Il y a tout de même une amélioration, par rapport à l'utilisation quasi systématique du tableau Excel ou à l'appel de dernière minute aux chefs d'équipes ou aux managers, que l'on constatait auparavant ».
 
(1) Le panel de l'enquête est composé de 33 % de PME de 50 à 250 salariés, 41 % de moyennes entreprises, entre 250 et 500 salariés, et 26 % de grandes entreprises de plus de 500 salariés. Les répondants sont en majorité des DRH ou RRH (73,3 %), des responsables administration du personnel (8,8 %), des directeurs ou responsables HSE (3,5 %) et des chargés de mission sécurité (2,5 %).
 
(2) Un tiers des entreprises sondées ont déjà mis en place leur comité social et économique.

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