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Xavier de Mazenod, fondateur du site Zevillage : « Le phénomène du coworking pénètre le monde de l’entreprise »

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Interview

Xavier de Mazenod, fondateur du site Zevillage : « Le phénomène du coworking pénètre le monde de l’entreprise »

Pour Xavier de Mazenod, fondateur du site Zevillage, qui organise la Fête des coworking à compter du 5 juin, ces nouveaux espaces de créativité investissent désormais le monde l'entreprise. Sans compter le développement du « corpoworking », le coworking interne que commencent à adopter de grands groupes.

04/06/2018 Fil AFP Liaisons Sociales

Xavier de Mazenod, fondateur du site Zevillage : « Le phénomène du coworking pénètre le monde de l’entreprise » Xavier de Mazenod, fondateur du site Zevillage

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Liaisons Sociales : Du 5 au 12 juin, vous organisez la Fête des coworking. Pourquoi un tel événement ?
 
Xavier de Mazenod : Zevillage observe l’évolution du phénomène du coworking depuis sa naissance en 2005 en Californie. Phénomène marginal pendant plusieurs années, limité à quelques freelances, il a aujourd’hui pris un poids important et pénètre le monde de l’entreprise. Il évolue sans cesse et se confond avec la dynamique, plus large, des tiers-lieux, des fablabs, des lieux d’innovation. Nous avons voulu célébrer cette diversité et mettre en avant ces lieux de création, de partage et d’innovation. D’où le pluriel dans Fête des coworking.
 
LS : Les grèves à la SNCF dopent-elles la fréquentation de ces espaces collaboratifs ?
 
X. d. M. : Nous n’avons pas d’éléments pour mesurer cette augmentation de fréquentation mais c’est fort probable. Je connais plusieurs personnes qui sous la contrainte de la grève ont dû adapter leur organisation de travail et ont remis en question leurs déplacements quotidiens et leur lieu de travail. Quand la grève ne durait que quelques jours elle n’entraînait pas cette remise en question. Mais cette fois-ci elle a eu un effet de catalyseur du changement.
 
LS : Qu’attendez-vous des conclusions du rapport "coworking, territoires, et travail" que doit remettre tout prochainement au gouvernement Patrick Levy-Waitz, le président de la fondation Travailler ?
 
X. d. M. : Lui et son équipe travaillent très sérieusement et ont acquis une très bonne connaissance du sujet. Ils consultent beaucoup et voient beaucoup d’acteurs. Je pense qu’ils ont bien compris le rôle que ces tiers-lieux pouvaient jouer dans la dynamisation des territoires ruraux. Le fait que l’Etat ait commandé un rapport sur ce sujet est un bon signe. Il faudra juste éviter deux écueils dans la mise en œuvre : l’enfouissement du rapport dans un tiroir et un mode d’action publique inadapté. Nous échangerons d’ailleurs sur le sujet avec Patrick Levy-Waitz le 12 juin à Paris lors de la soirée de clôture de la Fête des coworking.
 
LS : Qui sont les usagers du coworking ? Ces espaces de travail sont-ils toujours l'apanage des startups ou bien s'ouvrent-ils à des entreprises plus "traditionnelles" ?
 
X. d. M. : Longtemps les usagers du coworking ont été très majoritairement des freelances. C’est une population de travailleurs qui n’a pas de bureau et qui peut ressentir l’isolement. Le coworking leur apporte un bureau flexible, à la place ou en complément du domicile. Et il rompt l’isolement en apportant la force d’une communauté. Les startups sont comme les freelances. Elles ont besoin d’agilité et de flexibilité pour se loger car elles ont peu d’argent, une visibilité à court terme et peuvent grossir très vite. Le coworking est donc parfait pour elles. De plus en plus, on voit des salariés fréquenter les espaces de coworking. Des télétravailleurs qui ne veulent pas travailler à domicile, des salariés d’entreprises qui ont compris le bénéfice à retirer d’une fréquentation de lieux bouillonnants de créativité. Ou encore des entreprises qui veulent acquérir la fameuse culture start-up ou supprimer des bureaux fixes pour les remplacer par des bureaux flexibles. On observe aussi le développement du « corpoworking », du coworking interne, dans de nombreuses entreprises comme Orange, la SNCF ou Covea. Enfin, on voit une offre de coworking et de bureaux flexibles haut de gamme se développer qui vise clairement le public « entreprise » avec de gros opérateurs comme WeWork, Nextdoor (Bouygues Immobilier et Accor) ou Secondesk (la foncière Gecina). Et des acteurs traditionnels de la location de bureau comme Regus, s’adapter à cette demande de coworking.
 
LS : Les ordonnances Macron sont-elles de nature à développer le télétravail ?
 
X. d. M. : Vous avez raison de lier coworking et télétravail car ils participent du même changement de l’organisation du travail. Les ordonnances Macron ont levé le dernier blocage juridique du télétravail. C’est aujourd’hui très simple de faire passer ses salariés en télétravail. On voit donc bien que le point de blocage ce n’est plus la complexité du processus mais bien la culture de l’entreprise ou de l’administration. Car le télétravail est un révélateur de la maturité de l’organisation. Pas de confiance dans le management, une organisation en silo, une hiérarchie pesante rendent difficile le passage au télétravail.

Propos recueillis par J-F. Rio
 
Fête des coworking, du 5 au 12 juin 2018.

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