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Geoffroy Roux de Bézieux entend présider un « Medef de proposition »

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PATRONAT

Geoffroy Roux de Bézieux entend présider un « Medef de proposition »

Geoffroy Roux de Bézieux succède à Pierre Gattaz à la tête du Medef. Il a été élu le 3 juillet président du Medef avec 55,8 % des voix de l’assemblée générale de l’organisation. Le patron du fonds d’investissement Notus Technologies a obtenu 284 voix, contre 224 pour son adversaire Alexandre Saubot, dirigeant du groupe Haulotte et ancien négociateur social du Medef. Contrairement à l’élection sans surprise en 2013 de Pierre Gattaz (v. l’actualité nº 16380 du 5 juillet 2013), celle de Geoffroy Roux de Bézieux le 3 juillet 2018 n’était pas jouée d’avance (v. encadré). Le fondateur du groupe Notus Technologies, actionnaire entre autres d’Oliviers & Co, a réuni 284 voix, contre 224 en faveur d’Alexandre Saubot. Il devient ainsi le président du Medef pour les cinq prochaines années.

05/07/2018 Liaisons Sociales Quotidien, 05/07/2018

Poursuivre les efforts pour la compétitivité et la formation

Le nouveau président du Medef s’engage à « continuer le combat pour la compétitivité des entreprises, à la fois sur le coût du travail et sur les impôts de production ». Pour lui, cela passe par « une véritable baisse des dépenses de l’État et des collectivités publiques ».

Afin de préparer l’entreprise aux changements et notamment aux évolutions technologiques, il entend aussi agir en matière de formation. Ses actions doivent ainsi conduire à « augmenter l’effort sur la formation des salariés, le déploiement des compétences, l’adaptation aux profondes mutations des métiers ».

Repenser le paritarisme et le dialogue social

Geoffroy Roux de Bézieux veut « transformer le paritarisme pour obtenir une véritable autonomie de décision et de gestion ». Il refuse l’idée de « négociations alibi ou l’ombre tutélaire de l’État plane au-dessus des partenaires sociaux ». En matière d’assurance chômage, la question est de savoir, souligne-t-il, « si les règles fixées par l’État sont telles que ça ne vaut pas le coup d’entrer en négociation ». Le Medef se décidera donc en fonction de la marge de manœuvre laissée aux négociateurs début 2019, ce qui ne signifie pas que le Medef souhaite quitter l’Unédic en cas de refus de négocier.

Par ailleurs, le nouveau « patron des patrons » souhaite mettre en place au niveau national un dialogue entre partenaires sociaux « qui devienne enfin un dialogue économique et social ». « Sans dialogue économique, il n’y a pas de dialogue social pérenne », affirme-t-il. Ainsi, il souhaite partir, « avec les syndicats de salariés, d’un diagnostic commun sur les mutations économiques ». Pour lancer les débats, il entend d’ailleurs contacter voire rencontrer l’ensemble des organisations avant la trêve estivale. Interrogé sur l’opportunité d’organiser un nouveau sommet social, il a indiqué ne pas y être favorable et préférer les réunions entre partenaires sociaux, avec des experts extérieurs, afin de penser à l’évolution du travail et des contrats de travail.

Rénover et ouvrir le mouvement patronal

« Il faut rénover le Medef, sa gouvernance, son financement, pour le rendre plus agile, en phase avec le monde qui change ». Pour Geoffroy Roux de Bézieux, le mouvement patronal doit être constamment dans l’anticipation et suivre un but : attirer au Medef tous les types d’entreprises.

Le Medef doit aussi « devenir une organisation franco-européenne ». Tous les projets doivent, selon lui, être évalués sous l’angle de la convergence européenne. S’adressant à Pierre Gattaz qui vient de prendre la tête de Business Europe, il souligne que l’Europe est « en grand danger » et estime que le patronat européen aura un rôle majeur à jouer.

Aller vers un Medef de proposition

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, son organisation doit « se redonner du temps et des ressources pour penser le temps long, c’est-à-dire devenir un laboratoire d’idée, et de proposition ». « Le Medef de combat a eu son utilité, maintenant on va vers un Medef de proposition et d’anticipation » a-t-il affirmé devant la presse peu après son élection. Niant la fin des corps intermédiaires, il déclame : « l’État n’a pas le monopole de l’intérêt général ». Pour lui les entrepreneurs font partie de l’intérêt général. « L’État n’est pas le mieux placé pour anticiper les mutations et adapter le pays. Toutes les innovations majeures qui ont bouleversé le quotidien de chacun ces 20 dernières années sont venues des entrepreneurs et des entreprises. Les mutations sont parfois anxiogènes pour les entreprises comme pour les salariés et c’est notre devoir de proposer des solutions. C’est aux entrepreneurs d’imaginer les emplois de demain et de rendre le monde de demain plus juste et plus inclusif ».

Geoffroy Roux de Bézieux se pose en président du rassemblement. Il entend « mettre fin aux oppositions inutiles, historiques et aux divisions artificielles qui datent d’une autre époque, à savoir : l’opposition entre fédérations et territoires, entre industries et services, commerce et construction, entre start up, PME, ETI et grands groupes, entre métropoles et villes moyennes ». Il appelle tous les adhérents à l’unité afin de convaincre et se faire entendre par le gouvernement, l’opinion publique, les syndicats, les ONG et le mouvement associatif.

Renouveler les équipes

Une période de passation d’environ deux semaines a débuté. Elle donnera lieu à la nomination de nouveaux présidents de commission et de nouvelles équipes au sein du Medef.

Pour l’heure, Patrick Martin a été nommé vice-président délégué et trésorier, mais il prendra, quand les statuts auront été modifiés, le titre de président délégué. Il « sera notamment le garant de la transformation du mouvement ».

Geoffroy Roux de Bézieux a obtenu l’approbation de l’assemblée sur les dix personnalités qualifiées qui intégreront le conseil exécutif du Medef aux côtés de ses membres de droit. Il souligne que cette liste contient 50 % de femmes et y voit le symbole d’un Medef qui change et s’adapte aux évolutions de la société. Cette liste constituée après avis du Conseil exécutif et sur proposition du nouveau président contient :

- Guillaume Leroy, président de Sanofi France ;

- Christian Nibourel, président du GPS ;

- Claude Tendil, président de Generali IARD ;

- Max Roche, DGA Eiffage ;

- Christine Bertrand, présidente du Medef Meurthe et Moselle ;

- Fabrice Le Saché, DG Area group ;

- Dominique Carlac’h, présidente de D & Consultants ;

- Marie-Christine Oghly, présidente mondiale de l’association Femmes chefs d’entreprise (FCE) et présidente d’EnginSoft France ;

- Nathalie Jaoui, présidente de Crit SA ;

- Anna Notarianni, présidente de Sodexo France.

Alexandre Saubot, président du groupe Haulotte, s’ajoute à cette liste, en tant qu’invité permanent du conseil exécutif. Geoffroy Roux de Bézieux lui a proposé, lors de son discours, de représenter le Medef pour s’opposer à la taxation des contrats courts.

UNE COURSE À LA SUCCESSION DE PIERRE GATTAZ MARQUÉE PAR DES RALLIEMENTS
Depuis la présentation de la liste des candidats début mai, les jeux d’alliance en avaient ramené le nombre de neuf à seulement deux.

D’un côté, Frédéric Motte (président du Medef des Hauts-de-France) et Olivier Klotz (président du Medef Alsace) s’étaient ralliés à Alexandre Saubot le vice-président sortant du Medef.

De l’autre, Dominique Carlac’h (présidente du comité sport et de la commission Dynamique entrepreneuriale du Medef), Patrick Martin (président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes), Fabrice Le Saché (administrateur de Medef international), Pierre Brajeux (président du Medef des Hauts-de-Seine) et Jean-Charles Simon (ex-DG du Medef) ont apporté leur soutien à Geoffroy Roux de Bézieux.]

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