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Le chef de l'État reçoit les partenaires sociaux et précise l'agenda de la rentrée

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POLITIQUE SOCIALE

Le chef de l'État reçoit les partenaires sociaux et précise l'agenda de la rentrée

Le 17 juillet, pour la première fois depuis son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron a reçu les huit principaux leaders syndicaux et patronaux pour un « minisommet social ». Il leur a annoncé qu’il y aurait à la rentrée des « bilatérales » avec le Premier ministre sur « un certain nombre de sujets » et une « multilatérale » sur l’assurance chômage et la santé au travail.

19/07/2018 Liaisons Sociales Quotidien, 19/07/2018

En réaction aux critiques récurrentes des partenaires sociaux du manque de considération de l’exécutif à leur égard, Emmanuel Macron a invité à l’Élysée, le 17 juillet, les chefs de file des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et des cinq centrales syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) pour renouer le dialogue et aborder l’agenda social de la rentrée. Emmanuel Macron avait souligné, dans son discours devant le Congrès du 9 juillet dernier, que cette rencontre devait permettre de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre » (v. l’actualité nº 17609 du 11 juillet 2018). Si les partenaires sociaux ont noté le changement de ton du chef de l’État, ils restent vigilants.

Une multilatérale à Matignon sur le chômage et la santé au travail

Emmanuel Macron a proposé aux leaders syndicaux et patronaux plusieurs rencontres bilatérales avec le Premier ministre, Édouard Philippe, à la rentrée, sur « un certain nombre de sujets » avant une rencontre multilatérale sur l’assurance chômage et la santé au travail.

Concernant la renégociation de la convention d’assurance chômage, annoncée le 9 juillet devant le Congrès, il a été décidé qu’en septembre les partenaires sociaux participeront à une « phase de diagnostic » qui permettra l’établissement de la lettre de cadrage de la future négociation. La négociation proprement dite, qui durera « quatre mois », devrait « aboutir fin janvier début février » 2019, a précisé Emmanuel Macron. Rappelons que l’amendement du gouvernement au projet de loi Avenir professionnel qui prévoit cette négociation (qui a été rejeté par le Sénat en première lecture) dispose que le document de cadrage fixerait « des objectifs d’évolution des règles de l’assurance chômage permettant de lutter contre la précarité et d’inciter les demandeurs d’emploi au retour à l’emploi ». Il propose également « de revoir l’articulation entre assurance et solidarité, le cas échéant par la création d’une allocation chômage de longue durée » (v. l’actualité nº 17610, du 12 juillet 2018).

Les partenaires sociaux ont réclamé à l’unisson le 17 juillet que la lettre de cadrage soit large et leur laisse les coudées franches. « Je pense que le président a bien reçu ce message et devrait donner des consignes en la matière », a estimé François Hommeril (CFE-CGC). « Cette lettre de cadrage est tout à fait négociable », a ajouté Philippe Louis, le président de la CFTC. Geoffroy Roux de Bézieux, dont c’était la première rencontre officielle avec le président depuis son élection à la tête du Medef, a appelé à « ne pas se limiter aux paramètres financiers de l’assurance chômage mais élargir le débat sur le contrat de travail, sur la formation des demandeurs d’emploi… ».

Concernant l’autre sujet de discussion pour la rentrée, la santé au travail et les conditions de travail, les organisations syndicales ont salué la volonté de l’exécutif de s’en saisir. Le Medef a confirmé être ouvert à toute réflexion permettant d’améliorer l’efficacité de sa gouvernance. Toujours attendues, les conclusions du rapport Dupuis, Forest et Lecocq(v. l’actualité nº 17456 du 28 novembre 2017) devraient permettre d’établir un état des lieux et contribuer à la rédaction d’un document d’orientation destiné à encadrer une future négociation interprofessionnelle. Des consultations sont programmées en « septembre/octobre » sur le sujet.

Des partenaires sociaux qui constatent un virage…

François Asselin, le président de la CPME, a indiqué avoir constaté « un vrai tournant » lors de la rencontre. Le président de la République a dit : « Dans la première année de mandat il fallait débloquer certaines situations, je suis allé vite, c’était ma volonté, je l’assume et maintenant je passe dans une autre séquence où je vais avoir besoin de m’appuyer sur les partenaires sociaux, sur les corps intermédiaires ». Philippe Martinez, le dirigeant de la CGT, a lui aussi relevé qu’Emmanuel Macron a « convenu que l’année dernière avait été à son rythme à lui et sans écouter beaucoup » pour mener tambour battant les réformes sociales promises pendant la campagne présidentielle (ordonnances travail, projet de loi Avenir professionnel).

… tout en restant vigilants

Quant aux réponses apportées par le président de la République au sentiment des syndicats d’être tenus à l’écart, le leader de la CFDT, Laurent Berger, a senti une « volonté de revenir […] à une République contractuelle et à une forme de dialogue entre organisations syndicales et patronales et l’État ». Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, a relevé une « volonté renouvelée de travailler avec les interlocuteurs sociaux ». Pour Philippe Louis, le président de la CFTC, Emmanuel Macron est « tout à fait disposé à nous donner notre place, la place qu’on réclame ».

Mais les syndicats, qui estiment avoir été malmenés pendant la première année de son mandat, restent sur leur garde, attendant que ce changement de ton se concrétise à la rentrée. Et certains leaders ont rappelé que leurs griefs à l’égard du pouvoir étaient aussi sur le fond. « Si la forme s’améliore, ce serait bien. Maintenant, il reste le fond », a ainsi noté Pascal Pavageau, qui s’est dit « extrêmement inquiet sur le plan social ». Et Philippe Martinez attendait, avant la réunion, que le chef de l’État « change de politique sociale ».

Quant au Medef, il a indiqué qu’il est nécessaire « d’avoir un cadre de discussions économiques et sociales axées sur les mutations, qu’elles soient numériques ou technologiques et sur leurs conséquences en matière de travail, d’emploi et de compétences. L’objectif étant d’anticiper et de travailler sur les nouvelles formes d’emplois ». Et il a insisté sur la nécessité d’aborder les transformations en cours, et leurs conséquences, à l’échelle européenne. Il souhaite ainsi « définir, avec l’ensemble des partenaires sociaux, une position commune sur le cadre économique et social européen ».

Avec l’AFP

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