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Maximilien Fleury, responsable des relations sociales et réglementations de Renault : « Nous avons renégocié l’ensemble de notre dispositif de droit syndical qui était vieux de 18 ans »

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Dialogue social

Maximilien Fleury, responsable des relations sociales et réglementations de Renault : « Nous avons renégocié l’ensemble de notre dispositif de droit syndical qui était vieux de 18 ans »

Responsable des relations sociales et réglementations de Renault, Maximilien Fleury revient sur l'accord sur le CSE et le dialogue social signé le 17 juillet avec trois organisations syndicales. Négociation qui a permis au constructeur automobile de revoir de fond en comble le droit syndical dans l'entreprise.

24/07/2018 Fil AFP Liaisons Sociales

Maximilien Fleury, responsable des relations sociales et réglementations de Renault : « Nous avons renégocié l’ensemble de notre dispositif de droit syndical qui était vieux de 18 ans » Maximilien Fleury, responsable des relations sociales et réglementations de Renault

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Liaisons Sociales : Comment avez-vous procédé pour mener à bien cette négociation ? Quelle a été votre méthode ?
Maximilien Fleury : Nous avons développé un processus de dialogue social complet qui a duré près de huit mois. Dès fin 2017, début 2018, nous avons commencé par partager avec les organisations syndicales représentatives la réforme et ses effets afin d’en assurer une compréhension commune et partagée. Des groupes de réflexion avec des managers et RH opérationnels ont été organisés. Ces travaux ont alimenté plusieurs groupes de réflexion paritaires menés avec les OS. Ils nous ont permis de signer début mai un accord de méthode de négociation cadrant les thèmes et calendriers de négociation. Cette dernière a abouti le 17 juillet avec la signature de l’accord.


LS : En quoi ce texte répond-t-il aux réalités de l'entreprise et à ses besoins en matière de renouveau du dialogue social ?
M. F. : Notre objectif a été de nous saisir du nouveau dispositif de dialogue social prévu par la réforme pour l’adapter aux réalités et besoins de Renault et ce par la négociation. A ce titre, nous nous inscrivons tout à fait dans l’esprit de cette réforme. Les travaux ont été menés autour de trois enjeux : proximité, agilité, efficience.


LS : Comment articuler efficacement ce nouveau dialogue social avec douze établissements, comptant chacun des milliers de salariés ?
M. F. : Premièrement en négociant un cadre commun et structuré pour l’ensemble du périmètre. Ce dispositif est adaptable à la réalité de chaque site et garantit un fonctionnement homogène partout. Les instances centrales CSEC et la CCSSCT (Comité social et économique central, Commission centrale santé, sécurité et conditions de travail, NDLR) continueront à avoir un rôle important dans l’articulation et l’animation des établissements. Notre dispositif est construit dans une logique de complémentarité entre les dispositifs centraux et locaux. Au-delà des instances, les dispositions relatives aux organisations syndicales comportent également de nombreux éléments très importants pour l’articulation du dispositif global.


LS : L'accord évoque la possibilité pour les établissements de créer des commissions de proximité. Quel sera leur rôle ?
M. F. : Chaque établissement pourra négocier avec les organisations syndicales locales la mise en place de commissions de proximité. Le découpage des commissions dans l’établissement sera ainsi adapté à la réalité et aux spécificités de chaque site. Les commissions seront composées de Représentants et Désignés de Proximité, du management et de la fonction RH. En complémentarité avec le CSE, les commissions de proximité permettront d’organiser un dialogue social concret, proche des salariés et du terrain.


LS : Comment avez-vous prévu de valoriser les parcours syndicaux ?
M. F. : Un chapitre complet de l’accord est dédié à la thématique « Accompagnement et valorisation des parcours de carrière des salariés ayant des responsabilités syndicales ». Il comporte des dispositions relatives à la formation, la gestion des périodes d’engagement syndical, la gestion de la carrière et de la promotion. Nous avons également décidé d’intégrer une expérimentation relative à la gestion des compétences des élus à travers l’élaboration de référentiels de compétences, de dispositifs d’évaluation et de développement des compétences, et enfin de les mettre en lien avec les perspectives professionnelles. Cette expérimentation va être menée dans un cadre paritaire et avec l’accompagnement d’un cabinet externe spécialisé.


LS : La CGT, non signataire de l'accord, évoque la perte de 40 % d'élus. N'est-ce pas un vrai coup dur pour le dialogue social ?
M. F. : La négociation a été lancée suite à la réforme du Code du travail, mais nous en avons profité pour renégocier l’ensemble de notre dispositif de droit syndical qui était vieux de 18 ans. Au-delà de la partie liée aux nouvelles IRP, nous avons donc également pu retravailler nos dispositifs relatifs aux organisations syndicales, à la négociation collective, au développement des compétences des élus et la valorisation des parcours, la communication syndicale, etc… Notre dispositif de dialogue social ne se limite pas aux seules instances et élus qui les composent.


LS : Quelles dispositions votre accord prévoit-il en matière d'accompagnement d'élus qui perdront leur mandat ?
M. F. : Un chapitre complet y est consacré dans l’accord. Il prévoit un process spécifique d’accompagnement des salariés concernés, avec deux principes centraux : transparence et anticipation.

Propos recueillis par Jean-François Rio

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