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La Poste veut donner un coup de fouet au télétravail

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La Poste veut donner un coup de fouet au télétravail

La Poste (environ 200 000 collaborateurs dont 40 % de fonctionnaires) est en train de changer de braquet en matière de télétravail : un projet d'accord, d'ores et déjà paraphé par la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC et l’Unsa, est actuellement en cours de signature jusqu’au 10 septembre.

30/08/2018 Fil AFP Liaisons Sociales

Le texte conclu pour une durée déterminée de quatre ans, dont les négociations se sont achevées fin juillet, est appelé à se substituer à l'accord de juin 2013, qui a permis d'introduire le télétravail au sein de l'opérateur postal. Une pratique encore peu répandue. Selon des données figurant dans le projet d'accord, le nombre de télétravailleurs entre 2013 et 2018 s'élèverait en cumulé à 3 400. A un instant T, le télétravail concernerait à La Poste 1 900 personnes dont 1 100 cadres pour seulement 200 personnels employés et ouvriers.
 
La nouvelle mouture veut donc aller plus loin dans la généralisation de ce mode de travail. Pour y arriver, le télétravail régulier, exercé sur des demi-journées ou des journées fixes, est potentiellement étendu à de nouvelles catégories de salariés. L'inéligibilité de certaines activités au télétravail pourrait ainsi être levée « dès lors qu’un volume suffisant d’activités télétravaillables peut être identifié et regroupé ». Sont mentionnées par le projet d'accord des activités de reporting, de rédaction de documents, d’e-formation pour des salariés nomades. De plus, certaines missions qui nécessitent l'utilisation de logiciels ou d'applications faisant l'objet de restrictions en matière de travail à distance pourraient être exercées dans des tiers-lieux de travail appartenant à La Poste. Autre coup d'accélérateur potentiel au télétravail : le travail à distance pourra désormais être exercé non seulement dans la résidence principale, mais aussi dans une seconde résidence, ainsi que dans des tiers-lieux, postaux ou non postaux.
 
Si le télétravail reste plafonné à deux jours par semaine pour la majorité des bénéficiaires, il pourra désormais être pratiqué trois jours pour les salariés de plus 55 ans, et ne sera pas limité pour les salariés aidants familiaux, les travailleurs handicapés et les salariés immobilisés temporairement pour des raisons médicales.
 
Télétravail flottant
 
Autres nouveautés : les négociateurs introduisent dans ce nouveau texte la notion de "télétravail flottant" et le télétravail occasionnel en cas de circonstances exceptionnelles (pollution, problèmes dans les transports, conditions climatiques, etc.) dont la mise en œuvre peut s'effectuer par simple courriel ou SMS. Le "télétravail flottant" porte sur un maximum de 25 journées par an. La fixation des jours et demi-journées, ainsi que le délai de prévenance, sont déterminés entre le demandeur et son responsable hiérarchique. Le télétravail sera formalisé dans un avenant (pour les salariés et contractuels de droit public) ou dans une convention (pour les fonctionnaires) et sa reconduction sera dorénavant tacite, tous les ans. Le manager donnera sa réponse dans un délai d'un mois au lieu de deux précédemment. En cas de refus d’une demande de télétravail, la commission de conciliation pourra être saisie dans les 15 jours ouvrés, et rendra son avis sous 7 jours ouvrés.
 
Accompagnement matériel et financier
 
Le texte consacre par ailleurs un article très étayé à l'équipement du télétravailleur qui bénéficiera d’un accompagnement matériel et financier. Au menu : diagnostic de conformité des installations électriques, remboursé à concurrence de 120 euros ; équipements informatiques fournis, installés et entretenus par La Poste ; siège ergonomique fourni par La Poste ou remboursé au collaborateur à hauteur de 50 % (remboursement plafonné à 150 euros) ; repose-pieds et repose-poignet fournis sur demande ; assurance dommage aux biens et assurance responsabilité civile prises en charge par l’entreprise. En outre, La Poste versera une indemnité de 300 euros par an aux télétravailleurs, cadres et non-cadres (130 euros pour les cadres supérieurs dirigeants) destinée à l’achat de frais divers liés au télétravail.
 
Référent télétravail
 
En matière de formation, l'accord prévoit le déploiement de modules e-learning pour les télétravailleurs et les managers afin de les sensibiliser à cette pratique. La filière RH sera également mise à contribution avec notamment la mise en place de référents télétravail.
 
Le télétravail, qui concerne aujourd'hui une minorité de salariés à La Poste, devrait, avec ce nouveau texte, connaître un certain regain d'intérêt même si ce mode de travail continuera d'exclure nombre de postiers. « Il intéressera comme aujourd'hui essentiellement les personnels qui travaillent dans les directions. Je ne vois pas comment, par exemple, les salariés des activités bancaires pourraient télétravailler, notamment en raison des impératifs de sécurité », estime Marie Vairon, secrétaire fédérale SUD-PTT. Du côté des syndicats encore attentistes, la CGT et SUD-PTT feront connaître leurs positions après la consultation de leurs instances locales. Ces deux organisations reconnaissent toutefois des avancées par rapport au texte de 2013. Si la CGT devrait normalement parapher le nouvel accord, la fédération SUD-PTT a, quant à elle, donné une consigne favorable à ses troupes.

J.-F. Rio

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