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ING en France innove sur la QVT

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INTERVIEW

ING en France innove sur la QVT

ING Bank a signé le 13 juillet dernier un accord sur la qualité de vie au travail (QVT). La qualité de vie au travail faisant partie intégrante de la vie de l’entreprise et de l’organisation du travail, direction et partenaires sociaux ont entrepris une démarche pour négocier sur l’amélioration du bien-être des collaborateurs dans l’entreprise. Rencontre avec Émeline Bourgoin, DRH d’ING en France, et Raphaël Mashal, Responsable Affaires Sociales d’ING en France.

26/10/2018 Les cahiers Lamy du CSE, N° 185

Émeline Bourgoin, DRH d’INC en France
Raphaël Mashal, Responsable Affaires Sociales d’INC en France

Dans quel contexte se sont déroulées ces négociations sur la QVT ?

Émeline Bourgoin :

Notre accord du 13 juillet 2018 est le résultat d’une démarche collective et d’une volonté de toutes les parties en présence dans l’entreprise, de négocier sur le thème de l’amélioration du bien-être au travail.

Le CHSCT nous avait déjà demandé d’adapter nos locaux pour qu’ils soient plus conviviaux et afin de permettre aux salariés de pouvoir se reposer.

Les délégués syndicaux souhaitaient quant à eux que la Direction étudie la possibilité de mettre à disposition des salariés des places en crèche.

Enfin, il y avait une volonté forte de notre CEO et de notre comité de direction de négocier un accord sur la QVT qui soit impactant pour le collaborateur avec un double objectif : renforcer l’engagement des salariés dans l’entreprise mais aussi attirer et retenir des forces vives dans l’entreprise.

Tous les éléments étaient donc réunis pour négocier sur la qualité de vie au travail au sein d’ING.

Quelles mesures ont été évoquées et éventuellement écartées lors de la négociation ?

Raphaël Mashal :

Nous avons lancé les négociations en 2018 et nous nous sommes rencontrés à deux reprises avec les partenaires sociaux pour étudier les différentes mesures possibles. L’idée était de réfléchir ensemble, c’est-à-dire tant les membres de la Direction que les délégués syndicaux, sur ce que nous pouvions mettre en place afin de n’écarter aucune hypothèse. Ainsi nous ont été proposés : la mise à disposition de places en crèche, de soupes bio, d’une salle de divertissement ; la création d’une application pour des petites annonces ; la mise en place de Cesu ; ou encore l’élargissement du télétravail

Ensuite la Direction a fait une sorte de « business plan » de toutes les propositions pour étudier leur faisabilité.

Prenons par exemple les places en crèches. Nous pensions que cela représentait environ 15000 euros par an par berceau or nous avons réalisé qu’après les déductions fiscales, chaque berceau coûterait environ 3 000 euros par an. Les entreprises ont tendance à penser que les places en crèche coûtent très cher mais nous avons été agréablement surpris de constater que grâce aux avantages fiscaux, cette mesure reste accessible. Le Comité de direction a donc accepté le financement de 10 places en crèche et nous a indiqué que si d’autres demandes se présentaient, il accepterait d’augmenter le nombre de places. Nous avons donc incité les salariés à faire leurs demandes et nous venons de signer l’achat de 15 places supplémentaires. L’accord prévoit que 80 % des places sont attribuées par une commission composée des membres de la Direction et des syndicats signataires de l’accord, et que 20 % des places seront attribuées par la seule Direction. Concernant l’attribution de ces places, nous avons toujours été transparents sur les critères que nous retenons à savoir la performance individuelle, la situation personnelle et l’ancienneté du salarié. Le critère de la performance est important et assumé par la Direction. Nous n’avons jamais eu de problème sur le choix des personnes éligibles à ces berceaux dès lors que nous avons été transparents dès le départ.

En dehors de ces mesures destinées aux parents, nous avons également prévu des cours de sophrologie, pilates, yoga, mais également des conférences sur le sommeil et le stress une fois par mois, des micro-massages de 15 minutes par collaborateur (un masseur se rend dans l’entreprise à raison de 4 heures chaque mardi), ou encore, une salle récréative (« Fun room ») où nous avons installé une PlayStation, un écran géant avec rétroprojecteur, un mini ping pong, un babyfoot, des grands canapés...

Vous avez également prévu d’examiner toutes les demandes de télétravail : envisagez-vous d’aller plus loin sur cette question ?

Émeline Bourgoin : 

Le télétravail figure parmi les mesures de cet accord sur la QVT mais nous avons déjà négocié sur le sujet en 2014. Aujourd’hui nous comptons environ 30 % de collaborateurs ayant une journée de télétravail par semaine, soit environ 50 % de nos Cadres. Notre souhait serait de continuer à élargir le télétravail pour un plus grand nombre de nos collègues.

Le CE a-t-il été associé à cette négociation sur la QVT ?

Raphaël Mashal :

Les instances élues ont été associées à la négociation car à chaque réunion de CE, nous avions un point à l’ordre du jour sur le suivi des négociations et des commissions. À l’occasion de ces séances, nous informions les élus de l’état d’avancement des négociations et nous les incitions à soumettre leurs idées aux délégués syndicaux négociateurs de l’accord.

Comment les salariés ont-ils réagi à la signature de l’accord ?

Émeline Bourgoin :

L’accord a été très bien accueilli par les collaborateurs. Pour illustrer ce succès, je prendrais l’exemple des massages : dans les 10 minutes qui ont suivi l’ouverture des inscriptions, le planning s’est très vite rempli et il faut aujourd’hui compter trois mois d’attente pour assister à une séance de massage.

Globalement, nous avons chez ING Bank France un dialogue social très atypique car il repose sur la confiance et le discours de transparence. Nous considérons réellement que nous avons un partenariat avec nos organisations syndicales, bien au-delà des postures habituelles. À titre d’exemple, lors d’une cérémonie interne, le travail effectué sur la négociation de la qualité de vie au travail et la qualité du dialogue social ont été récompensés d’un Award par le Comité de Direction d’ING en France et nous n’avons pas hésité à faire monter sur scène nos organisations syndicales signataires car nous avons travaillé ensemble sur ce sujet, comme sur d’autres d’ailleurs.

Marie-Charlotte Tual

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