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Encadrement : l'Ugict hausse le ton

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Négociation

Encadrement : l'Ugict hausse le ton

Alors que la négociation sur l'encadrement a redémarré le 24 janvier dernier après une très longue interruption, l’Ugict-CGT (Union CGT des ingénieurs, cadres et techniciens), a détaillé, à l’occasion d’une conférence de presse, lundi 28 janvier, les nombreuses incertitudes qui planent au-dessus des cols blancs en ce début d'année.

29/01/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

Encadrement : l'Ugict hausse le ton Sophie Binet et Marie-José Kotlicki, co-secrétaires générales de l’Ugict-CGT

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Disparition de l'Agirc, définition de la notion d'encadrement, retraite complémentaire, assurance chômage, salaire ou encore risques psychosociaux... « 2019 est l'année de tous les bouleversements pour les ingénieurs, cadres et Tam », selon Sophie Binet et Marie-José Kotlicki, les deux co-secrétaires générales de l’Ugict-CGT. En matière de protection sociale complémentaire, la fusion des régimes Agirc-Arrco au 1er janvier 2019 entérine, selon Marie-José Kotlicki, une « baisse programmée des pensions » pour l'encadrement, sans que de nouvelles ressources permettent d'équilibrer le nouveau régime. La CGT se dit également très inquiète de la disparition, depuis le 1er janvier, de la garantie minimale de points (GMP) qui bénéficiait aux cadres les moins bien rémunérés. « La cotisation forfaitaire à la GMP garantissait aux 36 % de cadres dont le salaire est inférieur au plafond de la Sécurité sociale ou de peu supérieur, un droit annuel à retraite de 2 132 euros pour une carrière entièrement cotisée avec ce dispositif », affirme l’Ugict. Dans l'optique des futures négociations sur les retraites complémentaires, la CGT va proposer d'aligner les taux de cotisation entre cadres et non-cadres, ainsi que de créer une contribution patronale en faveur de l'égalité salariale femmes-hommes. Concernant environ 39 % des entreprises du secteur privé, cette contribution nationale de 1 % diminuerait au fur et à mesure que les inégalités seraient réduites.

Définition de l’encadrement

« Le Medef, qui parle au nom de tout le patronat, ne veut toujours pas de définition de l’encadrement au niveau national interprofessionnel alors que celle-ci a existé de 1947 à 2018 sans poser de problème », a regretté Marie-José Kotlicki, faisant référence à la séance du 24 janvier dernier, qui intervenait après une interruption de plusieurs mois. Prévu depuis l'accord de 2015, cette négociation est toujours au point mort « du fait du blocage du patronat qui entend laisser les branches et les entreprises le soin de définir elles-mêmes la notion d'encadrement », peste la CGT. « Le Medef doit bien comprendre que l'un des enjeux de cette négociation est aussi de sécuriser la prévoyance collective des cadres et donc de sanctuariser les exonérations sociales et fiscales », a averti Marie-José Kotlicki.

Lors de la prochaine séance de négociation, le 5 mars prochain, les partenaires sociaux devraient tenter d’aboutir à une position commune sur la définition de l’encadrement. Les séances suivantes, celles des 29 mars et 19 avril, devraient aborder les thématiques relatives aux obligations, droits et moyens de l'encadrement. Seront notamment discuter les questions portant sur le droit d'alerte des cadres, l'évolution des carrières ou encore le temps de travail. Sur ce dernier point, Sophie Binet a indiqué attendre, « sans doute avant l'été prochain », le nouveau jugement du Comité européen des droits sociaux (CEDS), après le recours formulé avec la CFE-CGC contre le forfait jours. « Sur ce sujet, la France a déjà été condamnée à quatre reprises », a rappelé la co-secrétaire générale de l’Ugict-CGT.

Salaires en berne

Sur l’assurance chômage, cette dernière a vivement critiqué les propos du député LREM Aurélien Taché qui a proposé de plafonner les indemnités pour les cadres. « Une sortie populiste » a-t-elle martelé. Sophie Binet propose de déplafonner les cotisations et les indemnités ce qui permettrait, selon elle, de dégager 780 millions d’euros de recettes complémentaires.

Enfin, sur les salaires, Sophie Binet a déploré le peu d'augmentation collective et individuelle alors que les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 ont augmenté de 13 % en 2018. Quant à la prime Macron, elle ne concerne qu'une poignée de cols blancs, selon la CGT. « La perte de pouvoir d'achat et la pression sur l'encadrement, matérialisée par le développement des risques psychosociaux, forment un cocktail explosif », a conclu Sophie Binet.

J-F. R.


© AFP–Liaisons–Sociales

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