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Différents partenaires sociaux se mettent d'accord sur le partage de la valeur ajoutée

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Différents partenaires sociaux se mettent d'accord sur le partage de la valeur ajoutée

Plusieurs partenaires sociaux restituent leurs réflexions communes sur le partage de la valeur ajoutée, par une analyse publiée le 14 mars 2019.

18/03/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

Différents partenaires sociaux se mettent d'accord sur le partage de la valeur ajoutée

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Des organisations syndicales et patronales ont fait le constat que le débat économique porte souvent sur le partage de la valeur ajoutée des entreprises et notamment sur la question de la répartition des richesses créées, entre les différentes parties prenantes de l’entreprise. Elles ont ouvert en 2014 une réflexion afin d’essayer d’expliquer les inflexions observées, repérer les limites des outils statistiques disponibles et des règles comptables, s’interroger et dépasser ce simple cadre statistique pour aboutir à des constats communs. « Nous, partenaires sociaux (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CPME, Medef, et U2P) publions notre analyse commune du partage de la valeur ajoutée des entreprises», indiquent, le 14 mars 2019, les participants au rapport sur le partage de la valeur ajoutée. « Menés dans le cadre du dialogue économique, ces travaux visent à éclairer les échanges et à enrichir le dialogue social en construisant des consensus et des compromis sur des questions économiques structurantes. Ainsi, le dialogue économique doit aussi trouver toute sa place en entreprise pour que soient comprises les grandes clefs de répartition de la valeur ajoutée. Le dialogue économique que nous prônons vise à s’inscrire plus fortement comme un vecteur de changement entre les partenaires sociaux. A ce titre, il doit devenir un outil de modernisation du dialogue social et donc de progrès pour les salariés et les entreprises ».

Des réserves partagées

Ils mettent en évidence des réserves, estimant notamment que l'observation des indicateurs macroéconomiques de l’Insee montre « une relative stabilité du partage de la valeur ajoutée entre ses bénéficiaires sur longue période (entre 1970 et 2009), mais recouvre des sous périodes contrastées par leur ampleur et leur sens (hausse ou baisse) ». Ainsi, la baisse ou la montée de la part de la valeur ajoutée qui revient par exemple aux parties prenantes ou à l’entreprise ne signifie pas nécessairement une progression ou diminution de la rémunération ou de la marge. Elle peut en effet résulter d’un ralentissement qui s’accentue de la valeur ajoutée. D'où des réserves exprimées sur les statistiques et également la conviction que l’analyse des seules données macroéconomiques n’est pas suffisante pour que soient définies les grandes clefs de répartition de la valeur ajoutée, en fonction de la taille, du secteur, de la situation spécifique et de la stratégie de développement des entreprises.

Deux tiers pour la rémunération du travail et un tiers pour la rémunération du capital

Aujourd'hui, indique le rapport, le partage de la valeur ajoutée est d'environ deux tiers pour la rémunération du travail et d'un tiers pour la rémunération du capital. Des proportions qui ne se retrouvent pas dans chacune des grandes branches d’activité, compte tenu de leurs spécificités : les rémunérations représentent quelque 68 % de la valeur ajoutée dans les commerces et les services hors services financiers et immobiliers (49 % en les incluant), environ 62 % dans l’industrie manufacturière et la construction.

Une définition plurielle du « juste équilibre »

Pour définir le « juste équilibre » afin d'envisager une meilleure répartition de la valeur ajoutée, les partenaires sociaux ont déterminé les axes de réflexion. D'abord, ce juste équilibre doit reposer sur la réduction des inégalités de progression salariale entre les tranches les plus basses et les tranches les plus hautes, « ce qui renvoie aussi à la question de l’éthique des rémunérations et à la progression professionnelle (politique salariale et de formation) ». Ensuite, les organisations en présence souhaitent assurer la profitabilité de l'entreprise « dans le but de renforcer sa capacité à investir et innover ... Aujourd’hui, les marges brutes (EBE) des entreprises ont commencé à se redresser et ont même évolué plus vite que la valeur ajoutée. La poursuite du mouvement doit être assurée, au service d’une accélération des investissements pour une montée en gamme du tissu productif ».

Par ailleurs, ils estiment nécessaire un autofinancement suffisant et pérenne de l’entreprise et de ses besoins, « qui touche, pour commencer, à la question de la rétribution des actionnaires (distribution des dividendes et rachat d’actions) ». Ils estiment que « même si d’autres éléments jouent comme la gouvernance et la stratégie d’entreprise, le rôle et la qualité du dialogue social ou encore les comportements des actionnaires, la responsabilité actionnariale et de la gouvernance doit être au service du développement du projet d’entreprise ».

Enfin, la question de la contribution de tous les acteurs à l’impôt et aux cotisations sociales et la soutenabilité de ces prélèvements obligatoires fait partie du champ de réflexion. De la même manière, un juste équilibre est à trouver entre la nécessité de s’engager sur des objectifs communs d’investissement et d’emploi, et l’attribution d’allègements fiscaux et de subventions. Enfin, la question du partage de la valeur ajoutée renvoie à celle, décisive, du rythme de la croissance économique.

Rester attentif au taux de croissance de la valeur ajoutée

« Plus que le partage de la valeur ajoutée, il faut être attentif au taux de croissance de la valeur ajoutée », indiquent les partenaires sociaux dans leurs conclusions. Ainsi, malgré une hausse continue de la part des salaires dans la valeur ajoutée entre 2007 et 2014, « pour atteindre un niveau jamais atteint depuis 30 ans, les salariés n’ont pas enregistré d’augmentation significative de leur pouvoir d’achat, loin de là », soulignent-ils. « C’est donc du taux de croissance de la valeur ajoutée que dépend en définitive la possibilité de desserrer les contraintes pesant sur les arbitrages dans le partage pour pouvoir répondre à l’exigence de redresser le pouvoir d’achat et l’emploi, en même temps que les investissements ». Reste à dépasser l'ambition d'un cercle de partage vertueux qui satisferait, les parties et le mettre en œuvre au sein des entreprises, puisque le diagnostic est posé. Et convaincre les autres partenaires sociaux - qui n'ont pas participé à l'élaboration de cette plate-forme commune - que cette voie est à explorer.

Claire Padych

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