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Les relations entre les cadres et l'entreprise se distendent

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Etude

Les relations entre les cadres et l'entreprise se distendent

Alors que la négociation sur l'encadrement semble repartie sur de bons rails - la prochaine séance se déroulera le 29 mars -, le 18ème baromètre Cadremploi-Ifop sur les attentes des cadres, dévoilé le 21 mars, prend le pouls des cols blancs. Lesquels adoptent une attitude de plus en plus distanciée à l'égard de leurs employeurs.

22/03/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

Les relations entre les cadres et l'entreprise se distendent François Hommeril, président de la CFE-CGC, invité à commenter les résultats du baromètre Cadremploi-Ifop

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Optimistes et confiants ! Revigorés par un marché de l'emploi à nouveau en ordre de marche avec un niveau record de 73 4400 créations nettes de postes de cadres en 2018, les cols blancs sont bien dans leurs baskets, si l'on en croit les résultats du baromètre Cadremploi-Ifop, présentés jeudi 21 mars. Pour preuve : 73 % d’entre eux (contre 67 % en 2017) se déclarent optimistes concernant leur situation personnelle et 70 % (55 % en 2017) s’estiment confiants quant au marché de l’emploi. Un bémol toutefois : le contexte social, marqué par la crise des gilets jaunes, écorne quelque peu le moral des cadres, puisque 63 % d'entre eux disent ne plus faire confiance aux responsables politiques. Ce qui ne les empêche pas d'avoir encore la bougeotte avec 36 % des répondants qui se disent ouverts aux opportunités tandis que 33 % projettent de changer de poste avant la fin de l'année. Résultat : 39 % des sondés ont effectué une démarche active au cours des six derniers mois (consultation d’offres d’emploi, candidatures, entretiens...).

Montée en puissance des softs skills

Recevoir une meilleure rémunération (51 % contre 62 % en 2011), évoluer dans une bonne ambiance de travail (42 % contre 33 % en 2011), faire de nouvelles expériences et élargir ses compétences (35 % contre 33 % en 2011), bénéficier d’un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée (32 % contre 30 % en 2011) et avoir plus de reconnaissance, de responsabilités et de perspectives d'évolution (32 % contre 37 % en 2011) sont les attentes prioritaires des cadres qui les pousseraient à changer d'emploi.

Pour trouver un nouveau poste, ces derniers estiment désormais que le principal critère de recrutement est le relationnel et la personnalité (55 %), devant l'expérience (53 %), les performances réalisées (51 %) et le diplôme (39 %). « Intégrant la montée en puissance des softs skills, les cadres estiment que les compétences personnelles les plus importantes au travail sont l’agilité avec l’adaptation aux changements (37 %), la capacité d’organisation (33 %) et l’aisance relationnelle (32 %) », a indiqué Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. A noter aussi que 12 % des cadres interrogés aspirent à devenir indépendants. « Une tendance encore timide, mais qui progresse de plus en plus au fil des années (7 % en 2018, 6 % en 2017 et 4 % en 2016) », selon Cadremploi.

Relation distanciée avec l’entreprise

Autre enseignement fort de cette étude : les cadres adoptent une attitude de plus en plus distanciée par rapport à l’entreprise. Ainsi, 23 % des sondés expriment de l'indifférence à l'égard de leur employeur, tandis que seulement 20 % d'entre eux se disent attachés à leur société. Un sentiment qui était partagé par 28 % des cadres en 2009. « Ces données corroborent ce que nous constations dans les entreprises, relève François Hommeril, président de la CFE-CGC, invité à commenter les résultats du baromètre. C’est à mon sens une problématique majeure née de la perte de sens du travail ».

Le succès grandissant du télétravail chez les cadres - pratique exercée par 45 % des sondés contre 37 % en 2013 - illustre aussi ce détachement à l’égard de l’entreprise et le souhait de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle. D'autant que 70 % des répondants affirment souhaiter exercer leur activité en télétravail de façon régulière. « Cette volonté de travailler à distance pourrait aussi trouver racine dans l’éloignement souhaité des cadres avec le quotidien parfois pesant au sein de l’entreprise », ajoutent les auteurs de l'étude. 54 % des cadres estiment en effet que leur employeur n’a mis aucun plan d’action pour lutter efficacement contre la gestion du stress et les risques psychosociaux. Les cadres restent encore relativement fidèles à l’entreprise car pour 42 % d’entre eux, la durée idéale d’un emploi au sein d’une société se situe entre 5 et 10 ans.

Inquiétude sur l’assurance-chômage

Soucieux de leurs conditions de travail, les cadres le sont également de l’avenir de leur régime de retraite. Ils sont 79 % à connaître la fusion Agirc-Arrco depuis le 1er janvier dernier, et son corollaire, la disparition du statut cadre. Ils n'ont toutefois pas d'avis tranché sur la question : 45 % pensent que c’est une bonne chose, 21 % une mauvaise chose et 34 % n’expriment pas d’opinion. Par ailleurs, 45 % des sondés pensent partir en retraite entre 61 et 65 ans, alors qu'ils sont 57 % à souhaiter s'arrêter entre 56 et 60 ans.

Les cadres se montrent en revanche très critiques sur les perspectives de la réforme de l'assurance chômage que le gouvernement s’apprête à dévoiler après l’échec des négociations entre partenaires sociaux : 58 % des répondants jugent ainsi injustes les projets du gouvernement (abaissement du plafond des allocations et dégressivité). Un sentiment qui ne surprend guère le leader de la CFE-CGC, pour qui « les cadres contribuent plus que les autres catégories professionnelles à la solidarité nationale ».

J-F. Rio

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