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La formation bénéficie surtout aux salariés promus, moins à ceux dont la carrière est bloquée

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La formation bénéficie surtout aux salariés promus, moins à ceux dont la carrière est bloquée

Les personnes qui bénéficient le plus de la formation sont essentiellement celles qui connaissent des carrières ascendantes. Au contraire, celles dont la carrière est bloquée ou qui se retrouvent déclassées y ont moins accès, malgré une demande forte en la matière, constate le Céreq dans une étude sur le recours à la formation en entreprise diffusée le 28 mars 2019.

23/04/2019 Liaisons sociales quotidien, 23/04/2019

Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) s’est penché, dans une étude publiée le 28 mars, sur le plus ou moins grand accès à la formation en entreprise selon le type de parcours professionnel, en s’appuyant sur le Dispositif d’enquêtes sur les formations et itinéraires des salariés (Defis). Soulignant que « les évolutions professionnelles perçues par les salariés sont très différentes selon le contexte dans lequel ils évoluent, ou selon leur position dans l’entreprise », le Céreq a élaboré une typologie des parcours. Cinq en ressortent : deux « ascendants », un « descendant » et deux « caractérisés par une absence de changement ».

Les salariés inscrits dans des parcours ascendants, premiers à être formés

Parmi les parcours « ascendants » : celui de « promotion fonctionnelle » regroupe les salariés ayant connu un changement de fonction, de poste, ou, moins souvent, d’établissement. Ils sont globalement plus jeunes (la moitié avait moins de 40 ans en 2013), 53 % sont majoritairement employés dans les grandes entreprises, et ils occupent fréquemment des postes de cadre. « Leur profil se distingue par un niveau de diplôme et de qualification particulièrement élevé », précise encore le Céreq. C’est dans ce parcours que la proportion de salariés ayant accédé à une formation dans le cadre professionnel est la plus forte (80 %).

Le second type de parcours ascendant renvoie à une « promotion non formalisée », poursuit le Céreq. Ces salariés ont « déclaré des évolutions positives sur plusieurs registres », mais sans avoir changé de fonction, de poste, d’établissement ou d’unité. Ils sont plus âgés que dans le premier parcours, moins diplômés, et travaillent majoritairement dans des PME et TPE, « dans lesquelles prédomine la polyvalence, et dont l’organisation présente moins d’opportunités de mobilité interne que celle des plus grandes ». « La promotion sans changement de fonction ou de poste semble ainsi intervenir dans une logique de valorisation ou de fidélisation des salariés », selon l’étude. Dans ce parcours, 70 % des salariés ont accédé à la formation.

Le Céreq observe ainsi que dans ces deux parcours, « les salariés ont majoritairement bénéficié de formations liées à la prise de nouvelles responsabilités ». « On retrouve ici les pratiques des entreprises de sélection et de formation des salariés qu’elles souhaitent promouvoir ».

Dans les « carrières établies », un besoin de formation moins important

Le troisième type de parcours renvoie aux « carrières établies », caractérisées par une certaine stabilité, où se retrouvent les salariés les plus âgés, et relativement peu de Bac + 5 ou de cadres. Une situation surtout répandue dans les petites entreprises. Dans ce parcours, seuls 57 % des salariés interrogés expriment le souhait de se former, contre 68 % tous parcours confondus. « Plutôt satisfaits de leur situation professionnelle, peu affectés par des transformations dans leur entreprise, ils cherchent moins que les autres à faire évoluer leur travail, prendre davantage de responsabilité ou changer de métier », observe le Céreq. « Peut-être en raison d’un fort attachement à leur métier, pour ces salariés, “faire carrière” n’a pas nécessairement de sens ».

Un moindre accès à la formation dans les parcours « bloqués » ou « heurtés »

Le quatrième type de parcours professionnel, qualifié de « bloqué », regroupe quant à lui des salariés présentant « une faible satisfaction dans l’emploi et une perception très défavorable des conditions de travail ». Huit sur dix ont en effet déclaré un travail pénible ou répétitif, et autant jugent leur travail « insuffisamment rémunéré ». « Cette catégorie se distingue par des emplois peu qualifiés, les ouvriers et employés de commerce constituant plus de la moitié des effectifs ». « Par exemple, un salarié bloqué sur cinq est un ouvrier non qualifié, alors que ces derniers ne représentent que 9 % de l’ensemble ». C’est parmi ces salariés « que l’on retrouve massivement les personnes les moins diplômées », et que « le taux d’accès effectif à la formation s’écarte le plus fortement de leur souhait exprimé de se former ». « En effet, moins de la moitié d’entre eux ont accédé à une formation dans le cadre de leur travail en 2014-2017, et seulement un tiers en excluant les formations réglementaires ». Plus encore, parmi ceux qui n’en ont pas suivi, 60 % déclarent en ressentir le manque, contre 43 % en moyenne. Ils sont en outre très nombreux dans ce parcours à souhaiter faire évoluer le contenu de leur activité, ou même de changer de métier ou de trouver un autre emploi. « Plus que pour d’autres salariés, se pose la question de l’accès à la formation qualifiante pour ces personnes », estime le Céreq.

Le dernier type de parcours, qualifié de « heurté », renvoie à des « situations de fragilisation de salariés plus qualifiés, souvent en lien avec des changements organisationnels ou technologiques survenus dans leur entreprise ». Ainsi, huit sur dix évoquent des « baisses d’autonomie, d’intérêt ou une dégradation des conditions de travail », et « les baisses de responsabilité et de salaire y sont aussi beaucoup plus fréquentes ». Sont ici surreprésentés les seniors, des femmes, les professions intermédiaires, employés administratifs et cadres. Plus de la moitié est par ailleurs diplômée de l’enseignement supérieur, malgré une sous-représentation de diplômés à Bac + 5. « Exprimant le plus souvent le souhait de se former (77 % contre 68 % en moyenne), ces salariés se trouvent réduits à suivre des formations d’adaptation au poste », constate le Céreq. Entre 2014 et 2017, « seuls 25 % d’entre eux ont accédé à une formation correspondant à leur souhait de progression ».

« Ainsi, les aspirations à se former et à évoluer des salariés fragilisés dans leur entreprise, en particulier bloqués dans leur parcours ou déclassés, sont toujours les moins prises en compte », concluent les auteurs de l’étude.



La formation en entreprise accompagne les promotions mais fait défaut aux plus fragiles, Céreq Bref 374, avril 2019

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