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Gilets jaunes : Emmanuel Macron dévoile ses mesures sociales issues du Grand débat

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POLITIQUE SOCIALE

Gilets jaunes : Emmanuel Macron dévoile ses mesures sociales issues du Grand débat

Réindexation sur l’inflation des retraites de moins de 2 000 €, allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, reconduction de la prime Macron… Voici quelques-unes des mesures retenues et dévoilées le 25 avril 2019 par Emmanuel Macron après trois mois de Grand débat et cinq mois de crise des « Gilets jaunes ».

29/04/2019 Liaisons sociales quotidien, 29 avril 2019

En matière de travail, « beaucoup de choses ont été faites, […] mais nous devons aller plus loin et corriger les injustices qui existent encore ». Le ton est donné. Emmanuel Macron a ensuite détaillé, lors d’une conférence de presse, le 25 avril 2019, ses mesures sociales et institutionnelles (v. encadré ci-après) suite au Grand débat et la crise des « Gilets jaunes ».

Sur l’emploi, le chef de l’État a rappelé son objectif de 7 % de chômage en 2022, avec un plein-emploi en 2025. « C’est un objectif à long terme. Le chiffre du plein-emploi est parfaitement atteignable, surtout si on continue les réformes », a-t-il poursuivi.

Allonger la durée de cotisation pour une retraite à taux plein

Pour Emmanuel Macron, les Français doivent « travailler davantage. On travaille moins rapporté à la vie et à l’année que les autres pays de l’OCDE », a souligné le chef de l’État. Pour y remédier, il propose d’allonger la durée de cotisation et de laisser le libre choix. Les Français, explique-t-il, retardent de plus en plus leur départ en retraite (62,7 ans en 2018) « parce qu’ils ne veulent pas la décote qui va avec le système ». Ainsi, « ce sur quoi peut travailler le gouvernement avec le Parlement », souligne-t-il, « c’est de regarder si on peut allonger la période de référence sans bouger l’âge légal, pour avoir un système de décote qui incite à travailler davantage, mais sans forcer tout le monde ».

Le recul de l’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans, ne serait donc pas au programme. « Tant qu’on n’a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, il n’est pas possible de reculer l’âge légal de départ à la retraite », explique le président de la République. Ce dernier a également écarté d’autres pistes qui circulaient depuis quelques jours pour que les Français travaillent davantage, la suppression d’un jour férié et la remise en cause des 35 heures.

Réindexer les retraites de moins de 2 000 €

Sans surprise, Emmanuel Macron a confirmé la réindexation sur l’inflation, au 1er janvier 2020, des pensions de moins de 2 000 €. Et, dès 2021, toutes les pensions seront réindexées sur l’augmentation des prix. Cette mesure était attendue, la décision de désindexer les retraites de l’inflation en 2019 ayant mis dans la rue de nombreux retraités. L’annulation en décembre dernier de la hausse de 1,7 point de CSG pour certains d’entre eux n’avait pas apaisé la grogne des retraités. Selon PSI du 24 avril 2019 (nº 1166), « financièrement, ce nouveau geste qui pourrait concerner 70 % des seniors devrait priver l’assurance vieillesse de près de 1,5 milliard d’euros d’économies sur les 2,4 milliards escomptés de la sous-indexation des pensions à + 0,3 % en 2019 et 2020, initialement prévue par la LFSS 2019, avant sa censure par le Conseil constitutionnel ». Toujours selon l’hebdomadaire, cette mesure va nécessiter, sur le plan technique, une adaptation non négligeable des systèmes d’information des 42 régimes. Cela suppose une harmonisation des données individuelles et une modification des logiciels de tous les régimes pour intégrer le taux d’indexation fourni par le régime général. « D’ici le 1er janvier 2020, les délais sont très serrés, mais c’est techniquement faisable », avait confié un proche du dossier à l’hebdomadaire.

Autre mesure annoncée : un seuil minimal de 1 000 € pour les retraités ayant eu une carrière complète. Ce montant est, selon lui, « significativement supérieur » au minimum vieillesse qu’il a promis de relever à 900 € l’an prochain.

Reconduire la prime Macron

La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dite « Macron », sera reconduite(v. le dossier juridique -Rému.- nº 18/2019 du 25 janvier 2019). Conformément à la loi nº 2018-1213 du 24 décembre 2018 portant mesures d’urgence économiques et sociales, les employeurs avaient été admis à verser, entre le 11 décembre 2018 et le 31 mars 2019, à leurs salariés une prime exceptionnelle de 1 000 € assortie d’une exonération d’impôts et de prélèvements sociaux pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Cette prime a été mise en œuvre dans de nombreuses entreprises.

Mener une réforme ambitieuse de l’assurance chômage

S’agissant de la réforme de l’assurance chômage, Emmanuel Macron appelle le gouvernement à mener dès cet été « la réforme la plus ambitieuse possible du système d’assurance chômage ». « C’est un devoir, une justice, c’est bâtir des droits et des devoirs pour les entreprises et les demandeurs d’emploi. C’est un levier profond de retour à l’emploi et de lutte contre les injustices », a-t-il martelé.

Mobiliser toutes les parties prenantes pour le travail et l’emploi

Enfin, le chef de l’État annonce que « les partenaires sociaux, les associations, les élus travailleront ensemble avec le gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre, et proposeront d’ici septembre des solutions concrètes » pour lutter contre les injustices à l’accession à l’emploi. Le Premier ministre réunira dans les prochains jours l’ensemble des parties prenantes pour cette mobilisation générale pour le travail, l’emploi et les grandes transitions.

À l’appui de son discours, Emmanuel Macron a fourni une série d’exemples d’« injustices à l’accession à l’emploi ». « Quand on est jeune, dans une famille modeste, vivant dans une petite ville de province, il est parfois très dur d’obtenir un contrat d’apprentissage ou un premier emploi », parce que « souvent, il n’est pas proposé dans la ville où l’on est. Nous n’avons pas pensé les politiques pour accompagner ce jeune, pour se loger et se déplacer ». « Quand on est une mère seule qui élève ses enfants », poursuit le chef de l’État, « que Pôle emploi trouve un travail, bien souvent le frein c’est la garde d’enfants ». « Les réponses sont incertaines, au gré des entreprises ». « On doit, à Pôle emploi et dans les conventions que les partenaires ont à bâtir, trouver des solutions pour corriger ces injustices ». Autre frein à l’emploi mis en avant par le président de la République : les trajets domicile-travail. « Quand on travaille à une heure de là où on habite, quand on propose un emploi à une heure de là où on habite, bien souvent c’est un frein car on doit se déplacer à ses frais, car ni Pôle emploi, ni l’employeur n’apportent des solutions concrètes ».

LES AUTRES MESURES ANNONCÉES
Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron a également annoncé :

– qu’il n’y aura « plus de fermeture d’hôpital sans accord du maire de la commune d’ici la fin du quinquennat », son objectif étant d’assurer « un accès aux soins pour tous » ;

– que le Premier ministre présentera le mois prochain une réorganisation de l’État afin de « remettre plus de fonctionnaires sur le terrain » et supprimer « plus de postes dans l’administration centrale » ;

– qu’une nouvelle réforme constitutionnelle sera remise au Parlement cet été. « Une part de proportionnelle » serait notamment introduite à l’Assemblée nationale, et le nombre de conseillers au Conseil économique, social et environnemental (Cese) sera réduit et ce futur Conseil de la participation citoyenne comprendra des concitoyens tirés au sort ;

– que les règles du référendum d’initiative partagée (RIC) seront simplifiées. Son initiative pourrait venir de citoyens, un million, et prospérer en projet de loi et, si elle n’était pas examinée par l’Assemblée, aller au référendum. « Un droit d’interpellation des élus » au niveau local serait également institué ;

– que les CAF pourront prélever les pensions alimentaires non versées.

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