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Allianz lance des ateliers collaboratifs pour imaginer son futur

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Travail collaboratif

Allianz lance des ateliers collaboratifs pour imaginer son futur

Allianz initie une démarche participative, en conviant ses salariés – volontaires – à des ateliers au cours desquels, des réflexions sont menées sur l’avenir de leurs métiers, à horizon 2030. Le projet est intitulé « la fabrique des futurs » et repose sur une méthodologie éprouvée par la chaire de prospective et développement durable du Cnam.

10/05/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

Allianz vient de lancer un projet inédit, collaboratif et de grande ampleur : « la fabrique des futurs ». Débuté le 8 avril 2019, il se terminera le 3 juillet prochain. Au total, ils sont près de 1 300 salariés , tous volontaires, la moitié sur Paris, la moitié sur le reste du territoire, à participer à des ateliers thématiques de 3 heures. Les travaux menés dans ces ateliers recouvrent sept thèmes stratégiques, en lien avec les principaux marchés d’Allianz France : mobilité ; urbanisation et construction ; professionnels et entreprises ; santé et prévoyance ; patrimoine et revenus futurs ; habitat et quotidien ; interactions clients. A l’issue de ceux-ci, les données seront traitées pour entrevoir tous les futurs possibles et un plan stratégique sera déployé sur cette base par la direction en 2020, pour les cinq prochaines années. « Avec les accélérations technologiques et les mutations très rapides, pour penser le prochain plan de 2020-2025 et avoir une juste une vision sur le moyen terme, il faut partir sur le long terme, sur 2030.

La deuxième vertu de cet horizon, est de s’affranchir des considérations qui brident la réflexion. On n’est plus prisonnier de sa progression professionnelle ou des résultats à 3 ou 5 ans… », commente Julien Martinez, directeur de la stratégie d'Allianz. Le plan actuel « Innovation et confiance » se terminera en 2020. Pour le prochain, un nouveau mode d'approche, par essence collaboratif. « Nous avions la maturité pour le faire », affirme le directeur de la stratégie.

Première étape : organiser 90 ateliers

Sans imposer de mode d’emploi pour un groupe de réflexion qui se voudrait idéal, les organisateurs ont d’abord choisi de former une soixantaine de personnes dédiées à l'animation, avec l'aide du Cnam (Conservatoire national des arts en métiers). Ils ont aussi veillé à ne pas voir se constituer des ateliers composés exclusivement d’experts ou de novices, trop majoritairement masculin ou féminin, mais des salariés avec des différences d’âge, de métiers de l'assurance dont la caractéristique commune est d'être intéressés par la thématique. « L’échantillon » est donc représentatif d’une réelle diversité.

En amont des 90 ateliers, les participants retenus ont eu la possibilité de procéder à une phase d’acculturation à la thématique choisie. Pour ne pas découvrir totalement le sujet, les postulants non-experts ont pu s’informer, notamment via des revues de presse sur l’intranet avec une cinquantaine d’articles. Le jour venu, l’atelier commence. « La maïeutique vous fait travailler », note Julien Martinez, soucieux, par cette méthode, de « prendre le pouls de l’entreprise », tout en insistant sur la « déconstruction des idées dominantes du futur, y compris l’IA (intelligence artificielle) qui fait peur à tout le monde ».

« Multiplier les perspectives, débiaiser »

Philippe Durance, professeur au Cnam, titulaire de la chaire de Prospective et Développement durable des entreprises, des territoires et des réseaux a adapté une méthode, « la prospective » au groupe Allianz. Conçue dans les années 1950 par Gaston Berger, à l’origine professeur de philosophie, ce système accompagne les entreprises au changement. Une démarche visiblement bienvenue chez Allianz : « En 24 heures, 800 places sur 1 000 ont été prises », indique Philippe Durance. « C’est beaucoup, on est rarement sur des taux aussi élevés », analyse-t-il. « Cela montre la rapidité avec laquelle les salariés se sont approprié l’avenir ». Un avenir qui commence, dans les ateliers, par une règle d’or : « s’asseoir à côté de quelqu’un que vous ne connaissez pas, pour découvrir d’autres schémas mentaux ». Et accélérer la déconstruction des idées reçues « très puissantes », lutter contre les biais.

Deuxième et troisième règles : la bienveillance et l’ouverture d’esprit qui permettent aux participants de s’impliquer en pensant différemment, « multiplier les perspectives, “débiaiser” ». Un univers de réflexion infini dans lequel la proactivité est recommandée et où « rien n’est écrit », insiste le chercheur. Avec un corollaire : « le cadre de la méthode est très précis, très contraignant. Les trois heures sont riches, le temps est contraint, on pousse les gens à aller vers l’essentiel ». L’imagination a toute sa part, dans cet environnement collaboratif qui permet de collecter des idées pour « nourrir la réflexion stratégique », écrire des scénarios afin que le comité exécutif puisse ensuite en débattre et choisir.

La cybersécurité, un thème commun

Nicolas Vidal, chef de projet stratégie et innovation, défend « cette méthode très solide, efficace. On sent la discipline universitaire mais on ne la subit pas ». Il trouve intéressant le processus très rythmé avec des thèmes qui se succèdent, sans laisser trop de temps aux participants de souffler, de les pousser pendant les débats afin d’évaluer les facteurs de changements. « Les animateurs ont été formés pour relancer sur un sujet », et voir les avenirs qui se dessinent. Sur le thème de la mobilité, certains voient des villes engoncées et surchargées de véhicules électriques quand les autres imaginent des villes piétonnes, avec des flottes de voitures autonomes. « Les conséquences au niveau de l’assureur sont gigantesques ». Avec une vraie complexité : « On réfléchit par exemple au bug sur une flotte ».

Autre retour d’expérience : la cybersécurité. « Tout le monde a ce sujet en tête », indique Nicolas Vidal. Il est vrai que dans le monde de l’assurance, plus qu’ailleurs, les salariés sont confrontés à cette réalité. Mais les approches divergent entre Paris et les régions, notamment en matière de mobilité. L’impact d’une livraison ou d’un déplacement n’est évidemment pas vécu de la même manière à Paris ou dans la Creuse et influence les réflexions précieusement consignées.

« Après les ateliers, nous passerons à la phase post-traitement. Avec le Cnam, nous analyserons toutes ces données. Nous nous engageons à une transparence totale, à tout mettre en ligne sur notre réseau social afin que les participants et les autres puissent s’y retrouver ». Pour dessiner le futur de l’entreprise. « On n'est pas à la fin du monde, mais à la fin d'un monde, dans un environnement équivalent aux années 1950. C'est formidable, c'est une chance de tout revoir et de découvrir tout ce qui est possible. Il faut être imaginatif, ambitieux ! », conclut Philippe Durance.

Claire Padych

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