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L’environnement professionnel, miroir d'une société encore homophobe (Etude)

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Discrimination

L’environnement professionnel, miroir d'une société encore homophobe (Etude)

En 2018, 11 % des cas de « LGBTphobies » signalés à SOS Homophobie concernaient le monde du travail, soit exactement le même pourcentage recensé l'année précédente, dévoile l'association dans son rapport annuel rendu public le 14 mai 2019.

14/05/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

Dans son 23ème rapport annuel, SOS Homophobie estime que 2019 est, une fois encore, une année noire pour les LGBT. L'association a recueilli 1 905 témoignages, soit une augmentation de 15 % par rapport aux données de 2017. L’accroissement du nombre d’actes « LGBTphobes » signalés « s’accompagne d’une hausse alarmante du nombre d’agressions physiques », indique le rapport, qui souligne également que les lesbiennes ont été la cible de violences en 2018 avec une augmentation de 42 % des signalements par rapport à 2017.

Out ou ne pas out ?

Une année noire à laquelle le monde professionnel n'a pas échappé. Les faits relevant du harcèlement sont particulièrement présents dans les milieux scolaire et professionnel (44 % et 42 %). Pire : le microcosme de l’entreprise accentue les risques d’outing, qui constitue 21 % des cas recensés, le taux plus élevé de toutes les catégories présentées dans ce rapport. « Out ou ne pas out, telle est la question » résume SOS homophobie . « Quand elles commencent un nouvel emploi, les personnes LGBT vont vite identifier les risques encourus en cas de coming out, ainsi que les obstacles potentiels » que cette révélation pourrait créer sur le plan professionnel, analyse l'association.

Selon le Boston Consulting Group (BCG) dans son baromètre Out@Work, 30 % des LGBT en France considèrent qu’être out « est risqué». La conclusion est loin d'être positive : « trois choix s’offrent à une personne LGBT : être out, ne pas dissimuler ce qu’elle est sans pour autant en parler ou vivre cachée. Malheureusement, aucune de ces stratégies ne protège des « LGBTphobies». »

Les plus touchés : les 35-50 ans

Les victimes les plus touchées par la « LGBTphobie » sont les 35-50 ans (43 %) devant les 25-34 ans (25 %). Ils sont 4 % des moins de 18 ans et 7 % des 50 ans et plus à souffrir d'actes « LGBTphobes » . Leur manifestation se concrétise surtout par le rejet (63 %), devant les insultes (54 %), la discrimination (44 %) et le harcèlement (42 %). Les agressions sont commises en majorité par les collègues (52 %) ou les supérieurs hiérarchiques (26 %). Dans le monde du travail, 77 % des hommes sont concernés : ce chiffre est toutefois à relativiser car selon les auteurs de l'étude, « les lesbiennes continuent d’être invisibilisées dans la société mais également au sein de la communauté LGBT ».

La sanction : le placard...

Dans ce contexte d'omerta, lorsque la hiérarchie veut éviter les accusations de « LGBTphobie » ou préserver un employé homophobe pour diverses raisons (performances, ancienneté, salarié protégé, ou partage avoué ou non d'une même « LGBTphobie »), le rapport souligne qu'« elle n’hésite pas à mettre au placard » celles et ceux qui en sont désormais désignés comme LGBT. Certains collègues, par lâcheté et/ou pour ne pas se faire mal voir de leur hiérarchie, peuvent aussi faire le choix d'ostraciser la victime qui subit alors la double peine. Ce n'est pas tout : la direction couvre parfois les auteurs d’agression : « il arrive même que la victime soit sanctionnée alors que la personne qui l’a agressée, peu inquiétée, ne reçoit même pas d’avertissement ».

... qui peut précéder le licenciement

Parfois, la placardisation précède la dernière étape : la rupture du contrat de travail. 15 % des cas font état de licenciements motivés par des « LGBTphobies », avec des retombées non seulement sur les victimes, mais aussi leurs familles, réalité souvent ignorée par les pouvoirs publics. Ce chiffre est en augmentation : il était de 5 % dans le rapport précédent. En outre, les « LGBTphobies » s’expriment aussi dans le secteur public, des comportements contre lesquels diverses instances de tutelle s’engagent régulièrement, sans pour autant être entendues.

En 2018, 32 % des situations signalées provenaient de personnes employées dans le public, 43 % dans le privé (25 % indéterminés). « Bien que protégés par le droit, les travailleurs et travailleuses LGBT ont encore des réticences à être out ou hésitent à se défendre, par peur des conséquences. Pour chaque victime ayant contacté SOS homophobie, beaucoup d’autres gardent le silence, et bien d’autres encore, par crainte pour l’avenir, décident de rester dans le placard ».

Claire Padich

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