logo WK-RH

Le portail dédié aux acteurs du social, des ressources humaines et du management.

Accueil
Actualités RH
Promouvoir un dialogue social de qualité

xx Actualité sociale xx


ACCORD COLLECTIF

Promouvoir un dialogue social de qualité

Gilles Gateau est le grand ordonnateur de la journée sur « les réussites du dialogue social » organisée le 28 juin au ministère du Travail. Il nous en explique la genèse et les objectifs.

27/06/2019 Semaine sociale Lamy, n°1868, 27 juin 2019

Semaine sociale Lamy : À quoi sert une journée dédiée au dialogue social ?

Gilles Gateau : Aux lendemains de la parution des ordonnances, nous avions remis avec Dominique Simonpoli, un rapport pour « Accompagner la dynamique du dialogue social par la formation et la reconnaissance de ses acteurs ». La dernière recommandation (n° 21) proposait de créer des « journées du dialogue social » réunissant chaque année des acteurs de terrain (management et délégués syndicaux) venant témoigner des innovations apportées par le dialogue social d’entreprise. Nous y sommes. Jusqu’ici, nous avons trop focalisé sur des aspects institutionnels. Nous avons décidé de faire la part belle à l’innovation.

 

Précisément, quels ont été vos critères de sélection ?

G. G. : Il y a d’abord des accords qui sont innovants sur le plan de la méthode. Regardez par exemple l’accord Hermès sur le handicap : la direction n’a pas commencé par mettre une proposition sur la table, amendée ensuite par les syndicats. Rompant avec les habitudes traditionnelles, les délégués syndicaux étaient invités à arriver avec trois propositions chacun.

D’autres accords ont été innovants sur la mise en œuvre de l’accord en aval – c’est souvent là que le bât blesse – en décidant d’impliquer plus fortement les managers et les salariés eux-mêmes. Je pense par exemple au télétravail qui provoque parfois la réticence des managers : dans l’accord AG2R La Mondiale, les signataires misent sur la formation systématique des managers afin qu’ils ne considèrent pas comme un « drame » qu’un salarié travaille hors des locaux de l’entreprise un jour ou deux par semaine.

Nous avons également retenu des accords innovants quant au périmètre de la négociation. Certains sujets sont rarement traités dans le cadre de la négociation collective. L’accord Air France par exemple porte sur les incivilités clients vis-à-vis des personnels au sol (retard des avions, problème avec les bagages). La question relève le plus souvent du management. Les organisations syndicales ont souhaité travailler sur le sujet en organisant un séminaire de travail et en recueillant des témoignages d’autres entreprises. Elles ont demandé un accord sur cette thématique, c’était nouveau car les incivilités ne sont pas traditionnellement un thème de négociation. On peut trouver beaucoup d’autres exemples, comme la parentalité ou les comportements éco-responsables.

 

Comment avez-vous repéré in fine les accords ?

G. G. : Je reconnais que la tâche n’était pas évidente car trop souvent les accords sont regardés sous l’angle quantitatif et non qualitatif, ou sous celui de la « conformité juridique » sans considération de « plus-value » apportée. Il a fallu mobiliser, au-delà de la base de données du ministère duTravail, le réseau des Direccte, les organisations professionnelles et les confédérations syndicales elles-mêmes, l’ANDRH (association nationale des directeurs des ressources humaines) qui nous a beaucoup aidés au repérage de l’innovation car elle est puissamment implantée chez les DRH.

 

Combien d’accords et d’acteurs avez-vous mobilisé ?

G. G. : 30 accords, ce qui est déjà extrêmement riche, et nous n’avons pas pu pousser tous les murs de la rue de Grenelle ! On y trouve des grandes entreprises bien sûr (Airbus, Thalès, EDF, TOTAL, Sodexo…) mais aussi beaucoup d’ETI et de PME que l’on rencontre beaucoup moins souvent (CAP Pays Cathare, les Courriers de la Garonne, la société du Canal du Midi, l’Association pour l’enfance inadaptée de l’Aube, Thyssen Ascenseurs…). Tous les secteurs sont représentés – y compris l’économie sociale et solidaire – et toutes les organisations syndicales (y compris même des accords signés par Sud !).

 

Comment va se dérouler la journée ?

G. G. : Nous avons institué une règle, celle de témoigner « à deux voix » : management (souvent le DRH) et délégués syndicaux signataires. Ce choix a, selon moi, deux vertus. D’abord, on ne va pas « repeindre la réalité en rose » : la vérité du terrain s’exprimera forcément mieux, sans taire les tensions de négociation qu’il a fallu surmonter mais aussi les enjeux de mise en œuvre. Ensuite, on évite l’entre soi : tous les acteurs sont valorisés, à égalité, tous sont coresponsables du résultat.

Sept thèmes ont été retenus : compétence professionnelle, GPEC, performance collective, QVT (qualité de vie au travail), égalité professionnelle, handicap, organisation du dialogue social, CSE, accords européens et mondiaux. La journée sera, je l’espère, inspirante pour les acteurs présents. C’est une sorte de gigantesque learning expedition sur place, à l’Hôtel du Chatelet.

 

Cette journée ne montre-t-elle pas la face émergée de l’iceberg ? En réalité, la majorité des accords semble peu innovante…

G. G. : Sur les plus de 40 000 accords d’entreprise signés chaque année, je partage votre constat que tous ne sont pas innovants, loin de là. Quand on négocie sur la NAO, on n’est pas forcément dans la créativité… Pour lire l'intégralité de l’INTERVIEW, souscrivez à une formule abonnement

 

Propos recueillis par Françoise Champeaux

« Pour signaler un contenu indésirable ou illicite, nous vous invitons à nous contacter à l'adresse suivante : contact@wk-rh.fr. »