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Prévention contre les risques : les salariés ne sont pas tous logés à la même enseigne, selon la Dares

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SANTÉ AU TRAVAIL

Prévention contre les risques : les salariés ne sont pas tous logés à la même enseigne, selon la Dares

Près de neuf salariés sur dix ont été sensibilisés aux risques professionnels en 2013. Certains salariés en ont toutefois bénéficié moins souvent. Les femmes ont par exemple été moins bien informées des dispositifs, « comme si les risques qui les concernaient étaient moins visibles ». Tel est le constat dressé par la Dares dans une étude diffusée le 25 juin 2019.

07/08/2019 Liaisons Sociales Quotidien, 07/08/2019

Les salariés utilisent-ils les outils de prévention des risques professionnels ? Lorsqu’ils en bénéficient et qu’ils ont les moyens d’y recourir, répond la Dares dans le document d’études publié le 25 juin. Ce qui n’est pas toujours le cas. Les résultats de l’enquête « Conditions de travail 2013 » sont mitigés. Certes, la majorité des salariés ont été sensibilisés aux risques professionnels en 2013 et ceux les plus exposés disposaient souvent d’équipements de protection individuelle (EPI). Mais reste que plus du tiers de ces salariés étaient dans une situation de prévention déficiente et que même lorsque les outils étaient mis à leur disposition, ils ne pouvaient pas toujours les utiliser.

Les femmes moins bien informées des risques professionnels

86 % des salariés ont bénéficié d’au moins une action de sensibilisation aux risques professionnels en 2013 : visite avec un médecin du travail (76 %), consignes de sécurité écrites (45 %), information sur les risques en dehors des visites médicales (35 %), ou encore formation à la sécurité (29 %).

Ces actions ont plus fréquemment visé certaines catégories de salariés. En toute logique, les personnes occupant les postes de travail les plus à risque ont été davantage sensibilisées. Quant aux salariés en CDD, ils ont été moins formés que les salariés en CDI (22 % contre 34 %). Et si 45 % des hommes les plus exposés ont reçu une information sur les risques professionnels au cours des 12 derniers mois, à nombre de risques équivalent, le chiffre est tombé à 35 % pour les femmes. Elles ont aussi été moins nombreuses à bénéficier d’une visite médicale avec un médecin du travail. « Tout se passe comme si les risques professionnels encourus par les femmes étaient moins visibles, à leurs yeux comme à ceux des préventeurs », analyse la Dares. Qui poursuit en reprenant les conclusions du Conseil économique, social et environnemental à l’étude de 2010 consacrée à la santé des femmes en France : « l’impact des facteurs de risques au travail sur la santé des femmes conserve ainsi, à bien des égards, un caractère d’invisibilité entraînant méconnaissance ou sous-estimation et donc faible prise en compte ».

Les hommes plus attachés aux équipements de protection individuelle

Les EPI sont surtout nécessaires aux salariés exposés au bruit et aux risques chimiques. Sur les 29 % des salariés disant avoir été exposés à ces risques en 2013, plus de la moitié (58 %) estime avoir bénéficié d’EPI suffisants. Les salariés sont donc majoritairement satisfaits de leur équipement. Il faut cependant noter que 27 % des femmes pour lesquelles des EPI seraient pertinents considèrent ne pas en avoir besoin, contre 6 % des hommes placés dans la même situation. Pour la Dares, « le fait qu’elles bénéficient moins souvent d’informations sur les risques explique peut-être qu’elles y soient moins sensibilisées ».

Des mesures de prévention mieux appliquées en présence d’un CHSCT

Le fait de bénéficier d’une information sur les risques professionnels et d’EPI ne suffit pas. Encore faut-il que les salariés les mettent à profit ou les utilisent correctement. Parmi les salariés les plus exposés, 38 % sont ainsi dans une situation de prévention déficiente : 6 % du fait de l’absence d’information ou de consigne, 19 % en raison de l’absence d’équipements de protection suffisants et 19 % ne peuvent pas appliquer les consignes.

S’agissant des facteurs explicatifs, travail intense et changements organisationnels réduisent la qualité de la prévention, constate la Dares. Les salariés soumis à au moins trois contraintes de rythme de travail ont davantage de probabilités d’indiquer une prévention déficiente (+ 45 %). À l’inverse, le soutien du supérieur, la présence d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans l’établissement, ou encore le fait de tenir des réunions de service régulièrement permettent une meilleure application des mesures de prévention. Comme l’indique l’auteur de l’étude, « l’efficacité des mesures de prévention envers les risques physiques ou chimiques dépend donc de facteurs organisationnels et psychosociaux, ce qui souligne la nécessité de concevoir de façon intégrée la prévention dans ces différents domaines ».

 

DARES, « Les salariés utilisent-ils les outils de prévention des risques professionnels ? », Thomas Coutrot, Document d’études nº 028, 25 juin 2019

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