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L'ANDRH propose la mise en place d'un "Index seniors" pour doper l'emploi des salariés âgés

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Emploi des seniors

L'ANDRH propose la mise en place d'un "Index seniors" pour doper l'emploi des salariés âgés

Alors que la ministre du Travail a annoncé en juin dernier qu'elle allait ouvrir, avec les partenaires sociaux, une concertation sur l'emploi des seniors, l'Association nationale des DRH (ANDRH) propose de faire de l'emploi des salariés âgés une grande cause nationale avec la mise en place d'un "Index seniors" sur le modèle de l'Index de l'égalité femmes-hommes. Telle est l'une des propositions avancées par l'association, à l'occasion de sa conférence de rentrée, mardi 10 septembre.

12/09/2019 Liaisons-sociales.fr

L'ANDRH propose la mise en place d'un "Index seniors" pour doper l'emploi des salariés âgés © Jean-Paul Charlez, président de l'ANDRH

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Une rentrée sociale sous le signe de l'emploi des seniors. C'est en tout cas le message que l'ANDRH entend porter ces prochains mois auprès de ses adhérents et des pouvoirs publics. Alors que le taux d'emploi des salariés seniors plafonne en France à 52 % sur la tranche des 55/64 ans, les réformes gouvernementales en cours, celles sur les retraites et l'assurance chômage, risquent encore de fragiliser cette population, constate l'association, qui pointe par ailleurs le contexte de transformation numérique.
 
"Index seniors"
 
« Prises ensemble, les différentes réformes sociales ne répondent pas à l'évolution du marché du travail. C'est très symptomatique en ce qui concerne les seniors, où les pouvoirs publics ne tiennent pas compte de la réalité. L’urgence pour les DRH est de disposer d’outils performants pour favoriser l’embauche et le maintien en poste des seniors. Cette question sociétale est d'autant plus cruciale que le chômage des seniors (au 1er trimestre 2019, les 50 ans et plus étaient 916 400 sur les 3,4 millions de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie A selon Pôle emploi, NDLR) impacte trois générations, les salariés âgés eux-mêmes, leurs parents et leurs enfants », a indiqué Benoît Serre, vice-président de l'ANDRH.
 
Selon un sondage réalisé au printemps dernier par l'association, les professionnels RH étaient notamment préoccupés par « la santé au travail qui va devenir plus que jamais un enjeu majeur » ; « la question de la mobilité professionnelle et de la rémunération des seniors » ; « la nécessité d’être innovant afin de mieux gérer les fins de carrière des seniors pour leur permettre de rester plus longtemps dans l’entreprise » ; la gestion « des situations conflictuelles dans le cas où le maintien au-delà de 62 ans n'est pas souhaitable pour l’une et/ou l’autre parties » ; et la présence d'effets « potentiellement pervers sur les régimes d’invalidité, les reconnaissances d’inaptitudes… ».
 
Dans ces conditions, l'ANDRH, qui regrette la disparition de la contribution Delalande (taxe versée par les entreprises qui licenciaient des salariés de plus de 50 ans), avance l'idée d'une dose de « discrimination positive » au bénéfice des seniors et la mise en œuvre d' un "Index seniors" sur le modèle de l’Index de l’égalité femmes-hommes. L'"Index seniors" pourrait ainsi prendre en compte des indicateurs comme le turn-over des seniors ou la formation.
 
Les entreprises mobilisées sur l'égalité femmes-hommes
 
L’Index de l’égalité femmes-hommes est un outil dont se félicite l'ANDRH, qui rappelle qu'elle a activement participé à la mission Leyre (1) sur le développement et l'étude d'impact de l'index de mesure des écarts salariaux. Selon Audrey Richard, vice-présidente de l'association et DRH du groupe Up, les entreprises restent fortement mobilisées sur ce sujet. La commission Egalité et Diversité de l'ANDRH a formulé plusieurs recommandations, rappelle-t-elle, et, dans le cadre du futur projet de loi sur l’émancipation économique des femmes, l’ANDRH sera auditionnée le 24 septembre prochain par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et hommes sur le sujet de la parité dans les instances de gouvernance et de direction des entreprises. « Outre les différentes mesures techniques pour réduire les écarts salariaux et de carrière entre les deux sexes, une des clés du succès reste de faire reculer cette obsession du présentéisme dans les entreprises car nous savons très bien que les femmes sont davantage absentes que les hommes notamment pour s'occuper des enfants. Les entreprises doivent cesser de se fonder sur ce critère pour évaluer et promouvoir leurs salariés », a par ailleurs plaidé Jean-Paul Charlez, président de l'ANDRH.
 
Formation : une réforme qui s'est « tenue dans le dos des entreprises »
 
Ce dernier s'est en revanche montré particulièrement critique sur la réforme de la formation professionnelle, qui s'est « tenue dans le dos des entreprises ». « Les principes sont généreux sur le papier, mais pour les entreprises, à l'exception peut-être des groupes internationaux, cette réforme les dépossède de nombreux leviers pour développer les compétences de leurs collaborateurs », a constaté Jean-Paul Charlez, également DG RH du groupe Etam. L'association regrette notamment que la contribution des entreprises soit devenue une simple taxe qui alimentera le financement des politiques publiques de l'emploi. Quant au CPF, les DRH renouvellent leur souhait d’un compte élargi et simplifié afin de favoriser l’accessibilité des dispositifs de formation aux actifs et de conserver une dimension collective. Jean-Paul Charlez s'est toutefois félicité que l'apprentissage revienne dans le giron des branches et des entreprises.

J-F. Rio
 
 
(1) En mai 2018, la ministre du Travail a confié une mission à Sylvie Leyre, alors DRH France du groupe Schneider Electric, pour réfléchir à la construction d'un outil de mesure des inégalités salariales femmes-hommes dans les entreprises,

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