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Isabelle Lerin-Basset, DRH de e-voyageurs SNCF : « Pour attirer les meilleurs profils digitaux, nous devons nous battre sur plusieurs fronts »

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Interview

Isabelle Lerin-Basset, DRH de e-voyageurs SNCF : « Pour attirer les meilleurs profils digitaux, nous devons nous battre sur plusieurs fronts »

Directrice des ressources humaines de e-voyageurs SNCF, le pôle digital client du groupe ferroviaire, Isabelle Lerin-Basset revient sur la création de l’Ecole des Nouvelles Compétences (ENC)de Saint-Denis, inaugurée officiellement mercredi 25 septembre. Objectif pour l’entreprise : former en cinq mois des personnes éloignées de l’emploi sur des métiers digitaux pénuriques. Un vrai défi…  

26/09/2019 Liaisons-sociales.fr

Isabelle Lerin-Basset, DRH de e-voyageurs SNCF : « Pour attirer les meilleurs profils digitaux, nous devons nous battre sur plusieurs fronts » Isabelle Lerin-Basset, DRH de e-voyageurs SNCF

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Liaisons Sociales : Quels sont les objectifs de cette Ecole des Nouvelles Compétences de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ?

Isabelle Lerin-Basset : L’Ecole des Nouvelles Compétences (ENC) de Saint-Denis recouvre plusieurs enjeux. Le premier est de poursuivre la diversification des canaux de recrutement d’e-voyageurs SNCF (1), la nouvelle appellation du pôle digital client du groupe SNCF, en formant des personnes sur des métiers digitaux en tension. En tant qu’entreprise immergée dans la transformation numérique, nous devons séduire des talents digitaux que toutes les autres entreprises s’arrachent. Cela concerne par exemple des postes de développeurs Java ou des spécialistes de l’UX (expérience utilisateur, NDLR). Nous recrutons 200 personnes par an, dont 120 sur des profils « tech », le challenge du sourcing est donc très élevé.
La création de cette école répond également à un objectif sociétal. L’entreprise n’évolue pas à l’extérieur de la société. Nous avons donc une responsabilité à assumer sur nos territoires, notamment en matière d’inclusion. Pour y arriver, nous avons recherché des partenariats avec des structures spécialisées dans l’accompagnement de personnes éloignées de l’emploi. Nous avons décidé de nous joindre à SNCF Développement (entité du groupe SNCF tournée vers le développement économique et le soutien à l'entrepreneuriat, NDLR), qui était déjà en relation avec Plaine Commune (qui regroupe neuf villes de Seine-Saint-Denis (2)), autour des problématiques liées à l’insertion de personnes en difficulté. L’idée a donc été de mettre en place une formation de cinq mois pour des personnes novices en informatique au métier de développeur web. Ce projet s’est inscrit dans le cadre du Pacte avec le quartier pour toutes les entreprises (PAQTE), un programme qui vise à favoriser l'insertion des jeunes issus de zones prioritaires.

LS : Comment avez-vous procédé ?

I. L-B. : Avec nos collaborateurs, nous avons dans un premier temps procédé à la définition de nos besoins en termes de profils et de compétences. Encore une fois, la question était de réussir à inclure des personnes éloignées de l’emploi et non issues de filières techniques dans des formations aux métiers du digital. Autant vous dire que ce challenge a suscité beaucoup d’enthousiasme en interne. Dans un second temps, nous avons, avec SNCF Développement et Plaine Commune, recherché un organisme de formation capable de nous proposer un parcours pédagogique adapté. Notre choix s’est porté sur l’établissement Wild Code School, qui est, à l’instar de 42, une école de la deuxième chance du numérique. Nous avons notamment été séduits par sa façon d’aborder les enseignements qui mêlent e-learning, formation en présentiel et méthode agile. Grâce à la mobilisation des réseaux de l’emploi et de l’insertion de Plaine Commune (Pôle emploi, Maison de l’emploi, Missions locales) 50 personnes ont pu déposer un dossier de candidature. Sur ce total, 20 ont été sélectionnées. Ces dernières ont ensuite été immergées dans la « piscine », la classe préparatoire de l'École des Nouvelles Compétences, durant tout le mois de juin.

Ces 20 apprenants aux profils très disparates ont non seulement appris les bases du métier de développeur web, mais aussi de véritables méthodes de travail (méthode agile, travail à distance). A l'issue de cette période, un jury, composé de représentants de Plaine Commune, SNCF Développement, e-voyageurs SNCF, et de Wild Code School, a sélectionné les 10 heureux candidats pour suivre cette formation certifiante de développeur web. La formation a débuté le 9 septembre et s’achèvera  en février prochain, avec à la clé un CDI dans notre Usine Digitale, qui travaille notamment pour OUI.sncf. A noter la présence de 4 femmes parmi les 10 étudiants. La féminisation des métiers du numérique est un enjeu important, les femmes représentant seulement 20 % des troupes sur le secteur du digital et 22 % au sein de l’Usine digitale d’e-voyageurs SNCF. Les 10 candidats non retenus ont été, quant à eux, accompagnés par Plaine Commune et SNCF Développement dans leurs recherches.

 

LS : Etes-vous confiante dans la réussite de ce projet ?

I. L-B. : Nous sommes très confiants car durant la phase préparatoire les candidats ont fait montre d’un grand engagement. Ils ont en outre produit un travail de qualité avant même le début de la formation. Nous avons par ailleurs une totale confiance dans la méthode d’apprentissage mise en place par Wild Code School. Enfin, les apprenants sont chaperonnés par des salariés de l’entreprise avec qui ils échangent régulièrement. Ces marraines et parrains favoriseront ensuite leur intégration dans l’entreprise.

 

LS : Quels sont vos autres leviers pour recruter ? Le nom « SNCF » est-il un avantage ou un inconvénient pour attirer les jeunes talents du digital ?

L-B. : Au sein de l’écosystème digital français, la SNCF est reconnue comme étant une entreprise innovante, en termes de production d’outils mais aussi de méthodes de travail. Chez e-voyageurs SNCF, nous organisons par exemple tous les ans des hackathons où les équipes planchent sur différents sujets dans le but de mettre au point des PoC (proof of concept ou "preuve de concept" en Français) qui puissent être ensuite industrialisés. Grâce à cette démarche, nous avons pu lancer par exemple « l'alerte petit prix ». Toutefois, nous devons nous battre sur plusieurs fronts afin d’attirer les meilleurs profils. C’est pourquoi nous multiplions les modes de sourcing. Nous travaillons ainsi avec des jobboards spécialisés ; nous avons une politique offensive sur les réseaux sociaux ; nous nous servons également de Pipler, un moteur de recherche de talents ; nous récompensons la cooptation. De plus, nous participons à de nombreuses conférences sur la « tech », ce qui nous permet de valoriser nos collaborateurs et notre marque employeur. Nous avons parallèlement installé une politique de relations écoles dans chaque ville où nous sommes implantés.

 

LS : Outre le recrutement de profils très sollicités, quelles sont vos autres priorités RH ?

I. L-B. : L’un de mes chantiers prioritaires consiste à donner corps à notre raison d’être : « Innover pour rendre les mobilités durables accessibles à tous ». Autre enjeu RH de taille : le déploiement de notre démarche RSE, notamment sur les sujets de la diversité, de l’égalité et de la responsabilité environnementale. Sur cette dernière thématique, les actions sont très variées, portant tout à fois sur la récupération de la chaleur des serveurs ou le tri sélectif dans nos locaux. Enfin, nous sommes en train de repenser nos espaces de travail avec le développement du « flex office » qui concerne actuellement 500 collaborateurs. Cette démarche est complémentaire de notre politique de télétravail, qui autorise nos salariés à télétravailler 2 jours par semaine et à bénéficier de 24 jours par an de « homework ».

 

Propos recueillis par Jean-François Rio

 

(1) Créée en octobre 2018, e-voyageurs SNCF est l’entité qui rassemble les compétences digitales client du groupe SNCF : OUI.sncf ; Rail Europe et Loco2, le réseau international de distribution ; e-voyageurs Technologies (ex-Usine digitale) et l’Assistant SNCF. Au total, e-voyageurs SNCF compte environ 1 250 salariés (dont 900 en France) et plus 500 prestataires.

 

(2) Etablissement public territorial (EPT) qui regroupe 9 villes de Seine-Saint-Denis : Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L'Île-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse.

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