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Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH : « Il serait bon qu’on ne perde pas la philosophie qui soutenait les ordonnances Macron »

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Interview

Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH : « Il serait bon qu’on ne perde pas la philosophie qui soutenait les ordonnances Macron »

Après Stéphane Béal du cabinet Fidal (1), et Rachel Saada (2), avocate, membre du réseau d'avocats L'Atelier des droits et du Syndicat des avocats de France (SAF), Benoît Serre, vice-président de l'ANDRH revient sur les ordonnances Macron, deux ans après leur entrée en vigueur.

02/10/2019 Liaisons-sociales.fr

Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH : « Il serait bon qu’on ne perde pas la philosophie qui soutenait les ordonnances Macron » Benoît Serre, vice-président de l'ANDRH

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Liaisons Sociales : Après deux années de recul, quel bilan les DRH dressent-ils des ordonnances Macron ?

Benoît Serre : Ces ordonnances ont d’abord le mérite d’exister ! Cette refondation du dialogue social n’avait jamais été faite. Les CSE ont vu le jour, c’est plutôt positif, d’autant plus qu’on a su adapter leurs compétences économiques et sociales. L’ANDRH est également très attentive à la formation professionnelle et le volontarisme affiché dans le domaine de l’apprentissage montre de bons résultats. Nous sommes toutefois moins convaincus par la réforme de la formation professionnelle et nous aimerions être sûrs de ne pas repartir dans l’histoire du DIF (droit individuel à la formation). Enfin, ces ordonnances ont permis de remettre l’entreprise au cœur du dialogue social. L’objectif est de négocier davantage dans l’entreprise où les interlocuteurs se connaissent mieux qu’au niveau de la branche. Ce nouveau dialogue donne globalement de bons résultats et il s’est installé de manière sereine dans les entreprises.

LS : Les ordonnances Macron ont-elles permis au dialogue social de se régénérer dans les entreprises ?

B. S. : Nous n’avons pas encore assez de recul pour être totalement affirmatifs sur ce point. Toutes les conditions sont néanmoins aujourd’hui réunies pour que le dialogue social puisse se transformer, mais cela dépend maintenant de la responsabilité des acteurs. Les syndicats dits réformistes ont plutôt soutenu les ordonnances. Lesquelles font le pari qu’il peut exister des relations sociales apaisées. Tous les acteurs, représentant des salariés et employeurs doivent donc prendre leurs responsabilités.

LS : Quelle est, selon l'ANDRH, la disposition issue de ces textes qu'il conviendrait de conserver et a contrario celle qu'il conviendrait de supprimer ?

B. S. : A conserver et à amplifier, toutes les mesures relatives à l’apprentissage qui ne doit plus être considéré comme une conséquence de l’échec scolaire. L’apprentissage entre dans une politique volontariste, très positive. La rupture conventionnelle collective est également une très bonne mesure qui répond à la nécessité d’agilité du marché du travail et de dialogue social dans l’entreprise et elle semble tenir ses promesses. Nous ne sommes pas convaincus qu’il faille « supprimer » une mesure, mais à l’ANDH, nous pensons qu’il faudrait sans doute aller plus loin dans la réflexion sur la structure des branches professionnelles, de manière notamment à les simplifier. Le dispositif est aujourd’hui trop complexe. De plus, le barème prud’homal nécessiterait une évolution. En effet, pour « sortir » du barème, le harcèlement est un argument de plus en plus utilisé, ce qui ne nous semble pas sain. Par ailleurs, il serait bon qu’on ne perdre par la philosophie qui soutenait les ordonnances. Or, nous avons des craintes en ce qui concerne les réformes annoncées sur l’assurance chômage et les retraites. Il faut conserver une cohérence dans les intentions affirmées à plusieurs reprises par le Président, notamment en matière de discrimination. La première discrimination en France est celle qui vise les seniors et personne ne s’en préoccupe. C’est pour cela que l’ANDRH s’est saisie de ce sujet de manière très forte et récemment, un « comité senior » a été créé par le Premier ministre. Nous espérons donc la mise en cohérence de toutes les réformes pour qu’elles puissent déboucher sur une restructuration positive du marché du travail.

Propos recueillis par Claire Padych

(1) Lire l'interview de Stéphane Béal

(2) Lire l'interview de Rachel Saada

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