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Un salarié sur deux estime que la transformation digitale fera disparaître son métier

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Etude

Un salarié sur deux estime que la transformation digitale fera disparaître son métier

31% des salariés se disent aujourd’hui « dépassés » par les technologies. Ce n’est pas qu’une impression : d’après les DRH, 42 % des emplois présentent un caractère d’obsolescence à 3 ans, révèle le groupe Cegos, dans son baromètre international « transformations, compétences et learning »présenté le 1er octobre 2019.

03/10/2019 Liaisons-sociales.fr

Un salarié sur deux estime que la transformation digitale fera disparaître son métier

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Une importante transformation est en cours dans les entreprises. L’Observatoire Cegos a mené en avril 2019 une enquête en ligne dans quatre pays européens (France, Allemagne, Italie et Espagne) auprès de 1 780 salariés dont 445 en France et 280 DRH ou RHH. Sur le focus français, l’enquête s'ouvre avec un résultat anxiogène : 31 % des salariés ont le sentiment d’être dépassés par la technologie, tandis que 25 % répondent formellement « pas du tout » et 44 % « plutôt pas ». Les résultats sont différents du point de vue des DRH, encore plus sévères dans leur appréciation : pour eux, 42 % des salariés sont d'ores et déjà dépassés (10 points de plus qu'en 2018, ce qui montre que le phénomène s'accentue), 8 % pas du tout et 50 % « plutôt pas ».

Un tiers des DRH annonce la disparition de certains métiers dans les cinq ans

Dans cette vague de transformation qui, semble-t-il, risque de tout emporter, les salariés craignent même à 92 % que la transformation digitale (gestion des données, automatisation et/ou intelligence artificielle) ne modifie le contenu de leur travail et 51 % estiment qu’elle pourrait faire disparaître leur métier (12 points de plus que l’an dernier). L’analyse est partagée par les DRH qui sont 62 % à penser que dans les 5 ans leur organisation va devoir faire face à l’émergence de nouveaux métiers ; 37 % craignent des réductions d’effectifs et 35 % annoncent la disparition de certains métiers. Des chiffres impressionnants. « Les DRH ont une vision plus créatrice que destructrice, relativise Christophe Perilhou, directeur Learning & Solutions, Cegos. Surtout, 90 % des DRH français se sentent légitimes et concernés par rapport à l'adaptation des compétences des salariés, 83 % considèrent qu'ils sont armés pour le faire ». L'enjeu est de taille : que faire pour laisser le moins de personnes au bord du chemin ?

Montée en puissance des directions opérationnelles

Pour faire face aux impacts du digital sur les métiers et les compétences, 74 % des DRH placent la formation au premier rang des moyens mobilisés, devant la réorganisation du travail (56 %) et la mobilité interne (50 %). Le temps n'est plus à éviter le changement : 89 % des salariés et 93 % des DRH reconnaissent que le développement des compétences est considéré par leur entreprise comme un levier stratégique ; « une donnée stable depuis plusieurs années », souligne la Cegos. Mais les lignes bougent, analyse encore l'Observatoire de l'organisme de formation : le développement des compétences n’est plus l’apanage de la DRH (qui reste en tête à 70 % mais perd 12 points par rapport à 2018). Les directions opérationnelles (directions « métiers ») sont de plus en plus impliquées dans les actions de développement des compétences des équipes, selon 78 % des DRH-RRH.

« Se prendre en mains »

Les salariés semblent, eux aussi, vouloir prendre de plus en plus la responsabilité de leur formation : 17 % estiment que c’est d’abord de leur responsabilité (13 points de plus qu’il y a deux ans). « La volonté des salariés de prendre en main leur formation n’est pas négligeable », analyse Christophe Perilhou, même s’ils attendent encore un soutien effectif de l’entreprise pour choisir les bonnes ressources et les dispositifs adaptés. Ils sont même 93 % à se dire prêts à se former par eux-mêmes pour s’adapter aux transformations digitales et 44 % à financer eux-mêmes une partie des coûts de leur formation et 72 % à suivre une formation en dehors de leur temps de travail.

Pour Christophe Perilhou, « l’accélération des transformations impacte fortement les directions des ressources humaines, et en particulier la fonction Learning & Development. D’une part, l’implication de plus en plus forte des directions métiers, couplée à la multiplication des ressources disponibles et à la nécessité de former toujours plus vite, interrogent sur le rôle et la proposition de valeur de la fonction L&D. D’autre part, il existe désormais tout un pan de la formation individuelle qui est invisible pour l’organisation, avec notamment l’apprentissage sur le web. Tout cela invite la fonction formation à se transformer elle-même pour mieux accompagner la transformation des compétences ».

8 salariés sur 10 ont recours aux formations proposées par leur entreprise

81% des salariés français utilisent les solutions de formation proposées par leur direction des ressources humaines et 71 % les trouvent pertinentes et efficaces ; 61 % trouvent qu’elles sont mises à disposition suffisamment rapidement. A l'avenir, 39 % des salariés aimeraient des formations évoluant en situation de travail tandis que 39 % préconisent des formations et parcours davantage individualisés. Autre demande pour 38 % de salariés : « les dispositifs de formation devraient être plus interactifs et plus ludiques ».

De leur côté, les DRH estiment que les compétences stratégiques pour l’avenir sont au nombre de trois : organisation efficace du travail, agilité et esprit d’initiative. Mathilde Bourdat, manager de l’offre et de l’expertise formation, Cegos, précise : « salariés et DRH vantent l’utilisation, la pertinence et l’efficacité des solutions de formation proposées par leurs entreprises. Avec un triptyque gagnant pour améliorer encore l’offre de formation : individualisation, interactivité et formation en situation de travail. Sur ce dernier point, notons un point de vigilance : si les dispositifs de formation en situation de travail (FEST) commencent à se mettre en place, ils doivent être assortis de ressources et d’une ingénierie spécifique. Cela pourrait rebuter certains secteurs d’activité où la formation en situation de travail est déjà une réalité quotidienne, sans pour autant être encadrée. Pour eux, la nouvelle définition de l’action de formation viendrait alors complexifier un processus qui est aujourd’hui perçu comme fluide… »

Une réforme big-bang ?

Alors, le big bang annoncé par la réforme de la formation professionnelle, aura-t-il lieu ? Des changements sont déjà visibles : 62 % des DRH pensent renforcer leur politique de formation certifiante. « La réforme est plutôt une bonne nouvelle, analyse José Montes, président du groupe Cegos. C'est une dérégulation, les plus forts vont survivre... Cela va nettoyer le marché de la formation. Il faut regarder comment on apprend aujourd'hui et comment on apprenait avant. Clairement, les besoins de formation sont plus importants en raison de la révolution digitale. » Sa conclusion est sans appel : « On était habitué à former les salariés dans un monde évolutif. Aujourd'hui, il est disruptif ! »

Claire Padych

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