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L'Ugict-CGT alerte sur les conditions de travail des cadres et sur la réforme des retraites

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Encadrement

L'Ugict-CGT alerte sur les conditions de travail des cadres et sur la réforme des retraites

Reconnaissance sociale et professionnelle, sens éthique, charge de travail, conciliation vie personnelle et professionnelle... Tels sont les thèmes analysés dans le baromètre 2019 "Opinions et attentes des cadres" Ugict-CGT/Secafi, réalisé par Viavoice, et dévoilé le 29 octobre 2019. La fédération cégétiste a également évoqué les sujets de la réforme des retraites et de la reprise de la négociation encadrement.

30/10/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

L'Ugict-CGT alerte sur les conditions de travail des cadres et sur la réforme des retraites © Marie-José Kotlicki, co-secrétaire générale de l'Ugict-CGT

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« Non au #Cadrebashing », ont répété Marie-José Kotlicki, co-secrétaire générale de l'Ugict-CGT et chef de file de la négociation sur le statut de l'encadrement, Edith Biechle, membre de la délégation sur la négociation concernant le statut de l'encadrement et Sylvie Durand, membre du bureau national de l'Ugict-CGT, lors d'un point presse pour présenter le baromètre 2019, « opinions et attentes des cadres ». Et pour cause : même si les autres salariés les envient parfois, les cadres ne sont pas la catégorie professionnelle la plus privilégiée dans le monde du travail où la révolution numérique semble tout emporter sur son passage. Ainsi, 72 % de cadres ne se sentent pas associés aux choix de leur direction, et 53 % d'entre eux considèrent que leur éthique professionnelle entre en contradiction avec les choix et les pratiques réelles de leur entreprise ou de leur administration. D'ailleurs, le droit d'alerte, revendiqué par l'organisation syndicale pour refuser de mettre en œuvre une directive contraire à leur éthique recueille 63 % d'avis favorables (en progression de 4 points par rapport à 2018).

Droit à la déconnexion
 
Outre cette perte de sens dans tous les secteurs confrontés à la révolution digitale, Marie-Josée Kotlicki a aussi montré que les cadres étaient de plus en plus connectés en dehors de leur temps de travail puisque 59 % d'entre eux déclarent travailler pendant leurs jours de repos. Un chiffre en contradiction avec leurs priorités, puisque 66 % des répondants (75 % de femmes, 52 % d'hommes) placent en première aspiration la préservation de leur équilibre vie privée-vie professionnelle. Une solution : le droit à la déconnexion qu'ils revendiquent à 60 %. « L'Ugict-CGT a inventé le droit à la déconnexion en 2014 et pas un devoir à la déconnexion, rappelle, Marie-José Kotlicki. Ce droit est inscrit dans la loi mais il n'est pas accompagné d'une obligation à négocier. Depuis deux ans, il ne se passe plus grand chose car les entreprises se contentent d'élaborer des chartes non contraignantes. » Résultat : « le cadre qui fait un burn out n'a pas respecté la charte, il ne s'est pas déconnecté », grince-t-elle.
 
Dans le même ordre d'idées, le baromètre indique qu'aucune véritable solution n'a été apportée sur la dégradation des conditions de travail. Ainsi, la charge de travail est en augmentation par rapport à l'année dernière pour 65 % des cadres, ainsi que le temps de travail pour 54 % d'entre eux : près d'un cadre sur deux travaille plus de 45 heures par semaine, 23 % plus de 49 heures.
 
Réforme des retraites
 
Autre préoccupation des cadres, : la retraite. Ils sont 73 % à considérer qu'il n'y aura pas de maintien du niveau de leurs droits à la retraite (70 % dans le secteur privé, 79 % dans le secteur public). Ils surveillent avec inquiétude les débats sur le sujet. « Il est clair que les cadres dans leur écrasante majorité ne veulent pas de cette réforme en l'état qui avance masquée afin de ne pas éveiller les soupçons, tellement le sujet est risqué », indique l'Ugict-CGT. Sylvie Durand note que le rapport Delevoye n'a fait aucune simulation sur la catégorie cadres et ingénieurs et redoute, à terme, « une paupérisation générale de la population », dans la mesure où « les cadres devraient accepter que leurs retraites baissent plus pour que celles des plus modestes baissent moins ». Il en résulte « des âges de début de carrière ubuesques » - démonstration à l'appui - par l'Ugict-CGT qui a fait des simulations : « pour avoir 75 % de son salaire en fin de carrière, un cadre ... devrait cotiser 54 ans, soit un début de carrière à 10 ans ! S'il est diplômé d'un bac +5 à 23 ans ... il devrait poursuivre son activité jusqu'à 77 ans et s'il est titulaire d'un doctorat à 26 ans, jusqu'à 80 ans ».
 
Le scénario est peu réjouissant pour les futurs retraités. « L'âge du taux plein est appelé à reculer, comme l'indiquent les pages 47 et 114 du rapport Delevoye », constate l'Ugict-CGT. Un âge qui passerait de 64 à 67 ans.... Pour toucher 75 % de sa pension, la durée de carrière pour tous les salariés devrait donc être de 59 ans et 10 mois avec un début de carrière à 4 ans et 2 mois. Pour les bac +5, l'âge de fin de carrière passerait à 82 ans et 10 mois et à 85 ans et 10 mois pour les bac +8. « La réforme proposée est donc une imposture intellectuelle et un pari quelque peu insultant sur l'ignorance et l'incapacité des ingénieurs et cadres à faire des calculs pourtant basiques », indique le syndicat, qui reste très attentif à la réforme en cours et propose notamment la prise en compte des années d'études et d'insertion dans le calcul de la retraite.
 
L'Ugict-CGT prête à négocier sur l'encadrement
 
Ce n'est pas la seule réforme qui intéresse l'Ugict-CGT : la négociation sur le statut de l'encadrement n'a toujours pas progressé, alors qu'en janvier dernier, l'Ugict-CGT avait déjà fait part de ses préconisations.
 
Depuis, en intersyndicale, elle a trouvé une définition nationale de l'encadrement, basée sur celle de l'OIT (organisation internationale du travail), avec une place pour la reconnaissance des diplômes et des validations des acquis de l'expérience, mais refusée par le Medef. Les cinq organisations poursuivent leurs discussions en intersyndicale, en attendant le retour de l'organisation patronale. A la reprise des négociations, un sujet majeur sera abordé : la prévoyance. Déterminée sur cette question, Marie-José Kotlicki rappelle que « le taux de 1,5 % sur la prévoyance lourde des cadres doit rester inchangé », en dépit de la volonté manifeste, selon elle, du Medef qui veut « y déroger » et de la volonté « de l'employeur, dans son entreprise, de redéfinir poste par poste qui est cadre et qui ne l'est pas, et qui bénéficiera ou pas de la prévoyance lourde des cadres ». Les débats devraient donc être animés lors de la réunion prévue le 4 ou le 12 novembre. Si cette dernière n'est pas à nouveau reportée…

C. Padych

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