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Un tiers des dirigeants estime que loi "Avenir pro" a eu un impact positif sur l’apprentissage et la formation professionnelle

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Un tiers des dirigeants estime que loi "Avenir pro" a eu un impact positif sur l’apprentissage et la formation professionnelle

Quel bilan pour la loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" un an après sa promulgation ? Tel était le thème d'une conférence organisée le 4 novembre par le Medef en présence de Muriel Pénicaud et au cours de laquelle ont été présentés les résultats d'un sondage Opinionway "Loi Avenir Pro, un an après".

06/11/2019 Fil AFP Liaisons Sociales

« Depuis 3 ans, il y a une dynamique de l’emploi, plus d’un demi-million d’emplois ont été créés, 250 000 nets cette année ». Devant une salle comble dans l’auditorium du Medef, Muriel Pénicaud se réjouit des chiffres de l’emploi qui repart en France, et d’une courbe du chômage qui baisse enfin. Certes, le chômage des jeunes reste élevé (passant de 20,5 % à 18,5 %), mais la ministre du Travail se veut positive et poursuit, enthousiaste, sur le thème de l’apprentissage : « 70 % des personnes sont embauchées 6 mois après ; il se passe quelque chose, il n’y a jamais eu autant d’apprentis…. Cette révolution culturelle, on est en passe de la gagner. J’en suis à mon 60ème CFA, en ce moment, j’en inaugure un par semaine ». Au cœur de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » qui fête sa première bougie, l’apprentissage figure en effet en bonne place.
 
Le financement, principal frein à l’apprentissage
 
Selon Opinionway, qui a mené une étude sur cette loi auprès des dirigeants – ils sont tout de même 69 % à ne pas connaître ce nouvel arsenal législatif –, 35 % (dont 54 % dans les entreprises de 50 à 99 salariés) estiment que les mesures de cette loi ont eu un impact positif pour le développement de la formation professionnelle dans leur entreprise, 37 % pour l’apprentissage (67 % dans les entreprises de 50 à 99 salariés). Le plébiscite est total pour la formation professionnelle : 80 % des dirigeants estiment que c’est un levier important pour le développement des performances de leur entreprise. L’apprentissage figure également en bonne place, puisqu’ils sont 75 % à estimer que c’est une voie de formation qui permet à leur entreprise de recruter des salariés dont les compétences sont en adéquation avec le métier exercé. En ce qui concerne les perspectives pour l’année à venir, c’est, pour un peu plus de la moitié des dirigeants de l’échantillon, 1,5 personne en moyenne qui pourrait être recrutée en contrat d’apprentissage (aucune pour 35 % des entreprises, une pour 26 % et deux ou plus pour 31 %) et pour plus du quart des dirigeants 0,8 personne recrutée en contrat de professionnalisation (aucune pour 54 % d’entreprises, une pour 16 % et deux ou plus pour 13 %).
 
Investissement immatériel
 
Ces résultats montrent que la formation professionnelle et l’apprentissage, deux enjeux majeurs du quinquennat, infusent dans les entreprises et la société, malgré des résistances. L’enquête montre ainsi qu’ils sont 33 % de dirigeants à juger que les principaux freins qui subsistent au développement de l’apprentissage sont les besoins de financement, mais aussi le manque de candidats (29 %) et la complexité des démarches à effectuer (25 %). Muriel Pénicaud semble avoir pris la mesure du besoin en financement, indiquant que les défis des formations à venir sont « les transformations digitales et écologiques ». « Il faut reconnaître les dépenses de formation comme un investissement… on va vers une société de compétences, c’est un investissement immatériel », précise-t-elle. La ministre n’a pas fait d’annonce précise en ce sens, même si ce ballon d’essai a été apprécié dans l’enceinte du Medef.
 
Le Livret A de la formation
 
Muriel Pénicaud est déjà tournée vers le 21 novembre, date à laquelle le site internet et l’application mobile du compte personnel de formation (CPF) seront disponibles. « C’est une grande révolution culturelle », a assuré la ministre, indiquant que de nombreux pays avaient leurs regards tournés vers la France. « C’est le livret A de la formation », avec 500 euros (ou 800 euros pour des populations plus fragilisées) par an pour chaque salarié. « On recherche 23 000 chauffeurs routiers… La branche peut aussi abonder le CPF », a affirmé Muriel Pénicaud, qui a aussi précisé que les 25 millions de comptes « sont prêts », mais que d’ici au 21 novembre, les offres certifiantes et qualifiantes doivent encore être finalisées. Reste à savoir si le salarié restera totalement libre de « dépenser » cette somme collectée selon ses vœux ou en fonction des besoins de l’entreprise. Le débat est loin d’être tranché.

C. Padych

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