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Entreprise & Personnel préconise de « repenser radicalement le cadre du dialogue social »

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Etude

Entreprise & Personnel préconise de « repenser radicalement le cadre du dialogue social »

Lors de la présentation de sa note de conjoncture sociale, le 14 novembre à Paris, l’association Entreprise & Personnel a proposé de repenser le cadre du dialogue social en associant davantage les différents acteurs issus des mouvements sociétaux.

19/11/2019 Liaisons-sociales.fr

Entreprise & Personnel préconise de « repenser radicalement le cadre du dialogue social » © Frédéric Guzy, directeur général d’Entreprise & Personnel (photo crédit D. R.)

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Un an après le début du mouvement des Gilets jaunes, et alors que le magistère d’Emmanuel Macron arrive à mi-mandat avec la perspective d’un conflit lourd sur la réforme des retraites, l’association Entreprise & Personnel, livrait, jeudi 14 novembre, les bonnes feuilles de sa note de conjoncture sociale 2019-2020, dont l’intégralité est réservée à ses adhérents. Le think tank, qui conseille les DRH des grandes entreprises, fait le constat d’un changement de paradigme marqué par l’essor des préoccupations sociétales, l’émergence de nouveaux rapports au travail, et l’enlisement du dialogue social.
« Les réformes concernant le dialogue social engagées depuis près de 10 ans ont toutes eu comme orientation de déconcentrer le dialogue social vers l’entreprise. Paradoxalement, ce mouvement de déconcentration s’est accompagné dans les entreprises d’une recentralisation du dialogue social institutionnel », constate Entreprise & Personnel. Incarnation cette hypercentralisation du dialogue social dans les grandes organisations : le CSE, qui selon Frédéric Guzy, directeur général d’Entreprise & Personnel, peine à agréger les différentes composantes du corps social. Tout le contraire en somme du mouvement des Gilets jaunes où coexistent différentes formes de revendications sociales.

Evolutions sociétales

Pour Entreprise & Personnel, ce sont les évolutions sociétales qui sont de nature à impacter le dialogue et la représentation sociale. L’étude cite pêle-mêle le rapport au travail et à l’entreprise qui se distend, le passage d’un salariat de masse à une coexistence ou un brouillage des statuts d’emploi, l’augmentation des travailleurs pauvres, la peur importante du déclassement, l’accroissement des inégalités, qu’elles soient sociales, territoriales ou encore technologiques, les enjeux écologiques, l’impact de la digitalisation…

Convergence entre le mouvement social et les mouvements sociétaux

Face à ces constats, Entreprise & Personnel propose de « repenser radicalement le cadre du dialogue social ». Une révolution qui ne passe par une révision des règles de représentativité des organisations syndicales, ni même par un nouveau bouleversement de la structure des IRP ou encore la durée des mandats.

L’association plaide davantage pour une convergence entre le mouvement social et les mouvements sociétaux. Selon Entreprise & Personnel, le cadre du dialogue social « doit être polymorphe, adaptable, pas uniquement au niveau de l’entreprise ou encore au niveau national. Son avenir pourrait être local et territorial. Ses acteurs ou contributeurs seraient de différentes natures. Syndicats de plusieurs entreprises (donneurs d’ordres et sous-traitants), collectif d’indépendants, élus locaux, ONG écologiques ou luttant contre la pauvreté, association de consommateurs, administration… » Ainsi, le « pacte du pouvoir de vivre » cher à Laurent Berger et Nicolas Hulot, qui associe 48 associations, ONG ou syndicats, est cité en exemple par l’association.

Lieux d’expression autonomes

Une vision qui peut être déclinée au niveau de l’entreprise, d’autant, que depuis la crise des Gilets jaunes, de nombreux DRH s’interrogent sur l’émergence possible de collectifs de salariés en dehors de toute structure syndicale.
L’entreprise étant devenue le réceptacle de collectifs de travail multiformes, où peuvent cohabiter des salariés, mais aussi des free lance, des personnels de sociétés sous-traitantes, des intérimaires…, les DRH devraient créer, selon l’analyse d’Entreprise & Personnel, des lieux d’expression autonomes centrés sur le travail en lui-même et non sur la recherche d’optimisation ou de productivité. « Bien au-delà du simple échange, il sera nécessaire que les directions d’entreprise et les organisations syndicales acceptent que des positions puissent émerger de ces collectifs et être prises en compte. L’articulation de ces modes d’expression avec les instances habituelles du dialogue social est à inventer », concluent les auteurs de la note de conjoncture.

J-F. Rio

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