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Un besoin social d’inventer de nouvelles formes de travail

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Juridikthon

Un besoin social d’inventer de nouvelles formes de travail

Quatre équipes d’étudiants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont proposé dans le cadre du Juridikthon des solutions à des entreprises désireuses de mener au mieux la transition numérique.  Le Coup de cœur Wolters Kluwer a été décerné à l’entreprise Lulu dans ma rue qui cherche à promouvoir le travail indépendant comme source d’insertion. Entretien avec Charles-Édouard Vincent, Dirigeant de Lulu dans ma rue 

21/11/2019 Semaine Sociale Lamy, n°1884

Semaine sociale Lamy : Pourquoi avoir créé Lulu dans ma rue ?

Charles-Édouard Vincent : Au cours des dix années que j’ai passées à Emmaüs Défi, j’ai constaté que certaines personnes n’étaient pas faites pour l’entreprise dite classique et ne souhaitaient pas y aller ou y retourner. Et j’avais cette vision des petits boulots d’autrefois qui permettaient à chacun d’avoir sa place dans la société. Ils ont disparu, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Le marché du travail s’est structuré mais la technologie a détruit plusieurs métiers en les automatisant. Aujourd’hui pourtant, ces petits boulots restent nécessaires. Lorsqu’on a simplement besoin d’un coup de main, on ne peut pas le trouver sur internet. C’est sur ce constat que j’ai réalisé qu’il y avait un besoin social d’inventer de nouvelles formes de travail. Alors même que la technologie avait contribué à faire disparaître des métiers, elle pouvait aider à en faire renaître certains. Lulu dans ma rue, c’est donc un nouvel acteur urbain qui a pour ambition de recréer du lien en utilisant les services de proximité comme support. L’objectif est également de permettre à des personnes en situation de précarité de gagner leur vie lorsque le statut salarié n’est pas adapté.

 

Comment fonctionne la plateforme ?

C.-É. V. : Le client peut faire une demande par différents canaux : le kiosque, internet, le téléphone ou l’application. Elle est ensuite transmise aux Lulus du quartier qui ont les compétences requises. Notre dispositif apporte l’infrastructure qui permet de gérer la relation de bout en bout. Nous émettons la facture pour le compte du Lulu qui a réalisé la mission, ainsi que l’attestation fiscale à envoyer l’année suivante pour les prestations bénéficiant d’une déduction fiscale. À la fin de la prestation, le client peut également évaluer le Lulu. S’il a des difficultés techniques par exemple, nous pouvons mettre en place une formation ou du tutorat. Au niveau du savoir être de la relation client, des situations nécessitent d’en discuter et si la situation perdure, nous pouvons être contraints de rompre la relation avec le Lulu qui n’a pas respecté sa clause contractuelle.

 

Qui sont les Lulus ?

C.-É. V. : Nous avons une équipe d’une soixantaine de salariés au niveau du siège pour faire fonctionner Lulu dans ma rue et nous comptons à Paris 850 Lulus. Ce sont tous les gens du quartier : des salariés à mi-temps aux étudiants, en passant par les retraités qui ne font pas nécessairement ce travail par nécessité, mais aussi pour s’occuper ou pour rendre service. Certains Lulus sont au RSA depuis plusieurs années et ont besoin de soutien. Pour eux, nous avons mis en place des outils d’accompagnement renforcé en interne.

 

Quels sont ces outils ?

C.-É. V. : Les personnes en difficulté, qui représentent 30 à 40 % des Lulus, ont le savoir-faire et l’envie de travailler mais n’ont pas les outils pour le faire. Nous avons donc construit toutes les briques qu’il fallait pour leur permettre de reprendre une activité avec un accompagnement sur-mesure. Il y a d’abord l’accompagnement administratif. Nous aidons notamment le Lulu à comprendre en quoi le fait de devenir micro-entrepreneur peut impacter sa situation en termes d’allocations et l’accompagnons dans ses démarches. Nous l’assistons ensuite dans le démarrage de son activité. C’est la seconde brique, la troisième étant l’accompagnement sur les compétences. Nous avons des plans de formation, à la sécurité par exemple, et nous avons mis en place un système de tutorat. Ce sont des Lulus qui aident d’autres Lulus. L’accompagnement sur les freins à l’emploi, tels que les problèmes de logement, de dette, ou encore de santé, constitue la quatrième brique. Nous essayons d’aider chaque Lulu en travaillant en réseaux avec les associations, comme Les Petits frères des Pauvres ou encore Emmaüs Défi, et différentes structures, notamment les services sociaux de la ville de Paris (SSDP) et Pôle emploi. La cinquième brique est construite autour du projet professionnel. Certes, certains sont Lulus par défaut, mais être un Lulu peut aussi être un choix. L’idée est d’aider le Lulu à savoir s’il souhaite se projeter durablement en temps qu’indépendant, ou s’il s’agit d’un tremplin. Nous prêtons attention à ses besoins et l’accompagnons en l’aidant, par exemple, à trouver un emploi salarié si c’est ce qu’il souhaite. Chaque Lulu bénéficie d’un suivi individualisé. Nous le voyons deux fois par an lorsque tout se passe bien, et davantage s’il en fait la demande ou que nous l’estimons nécessaire… Pour lire l'intégralité de l’INTERVIEW, souscrivez à une formule abonnement.

 

Propos recueillis par Marjorie Caro

 

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