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L'absentéisme reste à un niveau élevé, le présentéisme progresse

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Etude

L'absentéisme reste à un niveau élevé, le présentéisme progresse

Si près d'un salarié sur deux s'est vu prescrire au moins un arrêt de travail au cours des 12 derniers mois, le présentéisme concernerait aujourd’hui 65 % des salariés, selon l'étude "Absentéisme 2019" présentée le 28 novembre par Malakoff Médéric Humanis.

04/12/2019 Liaisons-sociales.fr

Les enquêtes sur l'absentéisme se suivent et se ressemblent. Celle de Malakoff Médéric Humanis, dévoilée le 28 novembre, ne déroge pas à la règle, pointant des niveaux d'absentéisme élevés. Ainsi, selon l'étude du groupe de protection sociale, 44 % des salariés sondés en 2019 se sont vu prescrire un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois (49 % des 18-34 ans). Parmi eux, 37 % ont eu au moins deux arrêts au cours de cette période, et 8 % plus de trois arrêts, une tendance, précise l'étude, particulièrement marquée dans le secteur de l’hôtellerie/restauration où 25 % des salariés ont eu plus de 3 arrêts au cours des 12 derniers mois.

En outre, 36 % des salariés arrêtés au cours des 12 derniers mois l’ont également été l’année précédente. Cela concerne davantage les salariés aidants, les salariés avec enfants à charge, les personnels franciliens, et les salariés s’étant vu prescrire un arrêt de longue durée. « Le fait d’avoir au moins trois arrêts une même année multiplie par 5 la probabilité d’être absent l’année suivante », remarquent les auteurs de l'étude, réalisée auprès de 2 000 salariés du secteur privé et 400 dirigeants d'entreprises.

13 % des arrêts liés à un contexte exclusivement professionnel

Les arrêts courts (1 à 3 jours) représentent 30 % de l’ensemble des arrêts maladie contre 9 % pour les arrêts longs. Les arrêts moyens (4 à 30 jours) représentent 61 % de l’ensemble. Toutes durées confondues, 36 % des arrêts maladie sont dus à une maladie ordinaire, 25 % à des troubles musculosquelettiques et 18 % à des troubles psychosociaux ou un épuisement professionnel. Près de deux tiers des arrêts courts (61 %) sont dus à une maladie ordinaire. Les arrêts moyens sont dus aux maladies ordinaires (29 %), aux troubles musculosquelettiques (28 %), à des troubles psychologiques ou à un épuisement professionnel (20 %). Les arrêts longs sont essentiellement dus à un accident ou traumatisme (25 %), à des troubles psychologiques ou un épuisement professionnel (24 %), ou à des troubles musculosquelettiques (23 %). Selon les salariés sondés, 67 % des arrêts maladie sont liés à un contexte exclusivement non professionnel, 13 % à un contexte exclusivement professionnel, et 19 % sont liés aux deux.

Dans une autre étude réalisée par Malakoff Médéric Humanis et datée de septembre 2019, 53 % des salariés jugeaient leur travail physiquement fatigant ( en hausse de 5 points par rapport à 2018) et 54 % avaient le sentiment d’être épuisés par leur travail.

Arrêts longs

Dans un focus consacré aux arrêts longs, l'étude de Malakoff Médéric Humanis constate que 56 % des dirigeants ou des DRH indiquent avoir eu dans leurs effectifs au moins un salarié en arrêt long au cours des 12 derniers mois. Pour 63 % d'entre eux, la conséquence la plus importante de ces arrêts longue durée concerne l’organisation au sein de l’équipe devant les résultats et la performance économique de l’entreprise (14 %) ou la gestion des ressources humaines (12 %). Pour limiter l’impact de cette absence sur leur équipe, 73 % des managers interrogés ont trouvé une solution en interne, et 24 % ont procédé à un recrutement externe. A la suite des ces arrêts, 63 % des sondés disent avoir mis en place des dispositifs spécifiques d’accompagnement : 34 % d’entre eux ont pris des dispositions pour faciliter la reprise du travail du salarié concerné (entretien de pré-reprise, formation, aménagement des horaires ou du poste…) ; 26 % ont établi un suivi spécifique du salarié après sa reprise dans l’équipe ; et 16 % ont changé leur mode de management.

De leur côté, 94 % salariés ayant eu des arrêts maladie de plus de 30 jours ont repris le travail dans la même entreprise. Pour la très grande majorité des salariés (90 %) ayant eu un arrêt maladie (toutes durées confondues), le retour en entreprise s’est bien déroulé. Seul bémol : 60 % des salariés auraient souhaité recevoir des informations de la part de leur entreprise pendant leur arrêt (informations d’ordre financier comme l'indemnisation, le maintien ou non du salaire, le jour de carence, ou des informations concernant l’organisation de la reprise du travail…). « Les données globales de l'absentéisme sont importantes mais restent stables. Un des points de vigilance concerne toutefois l'augmentation des arrêts longs et l'allongement de leur durée », indique Marc Fargeas, responsable des études stratégiques à Malakoff Médéric Humanis.

Présentéisme

Autre enseignement de cette enquête : le phénomène du présentéisme en entreprise a tendance à progresser. Ainsi 28 % des arrêts maladie prescrits en 2019 n’ont pas été respectés (hausse de 5 points par rapport à 2018, et de 9 points par rapport à 2016). Les salariés évoquent en priorité « qu’il n’est pas dans leurs habitudes de se laisser aller » (39 %), et le fait que les journées non travaillées ne sont pas prises en charge (37 %). Toutefois, près de la moitié des salariés (47 %) n’ayant pas respecté leur arrêt de travail disent le regretter a posteriori, un chiffre en hausse de 8 points par rapport à 2016. Par ailleurs, près de deux tiers des salariés (63 %) seraient favorables à bénéficier du télétravail au lieu d’avoir un arrêt maladie si leur médecin le jugeait approprié, un point de vue partagé par 80 % des dirigeants.

Autre forme de présentéisme, le « présentéisme maladie » défini comme le comportement d’un individu qui travaille alors qu’il devrait être arrêté en raison de son état de santé physique ou mental. Un « phénomène notable », selon Malakoff Médéric Humanis, avec 65 % des salariés qui déclarent avoir déjà travaillé alors qu’ils étaient malades, une tendance plus marquée chez les salariés ayant des responsabilités d’encadrement (72 %), ou lorsque le salaire n’est pas maintenu pendant les trois premiers jours d’arrêt (69 %). « Le secteur de l'hôtellerie-restauration présente un taux élevé de renoncement aux arrêts de travail, les salariés ne souhaitant pas s'arrêter pour ne pas perturber le collectif de travail. En tant que groupe de protection sociale, ce phénomène du présentéisme nous interpelle », résume Marc Fargeas.

J-F. Rio

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