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Sébastien Graff, DRH du groupe Invivo : « Développer les compétences digitales de nos collaborateurs est une priorité absolue »

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Sébastien Graff, DRH du groupe Invivo : « Développer les compétences digitales de nos collaborateurs est une priorité absolue »

Directeur des ressources humaines de Invivo, groupe coopératif agricole de 5 500 salariés, Sébastien Graff vient d’achever la négociation d’un accord de GPEC. Signé en novembre dernier, il doit être un des trois leviers RH du nouveau plan stratégique de l’entreprise, « 2030 by Invivo ». Entretien…

17/12/2019 Liaisons-sociales.fr

Sébastien Graff, DRH du groupe Invivo : « Développer les compétences digitales de nos collaborateurs est une priorité absolue » © Sébastien Graff, DRH du groupe Invivo

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Liaisons Sociales : Pourquoi avez-vous négocié un accord groupe sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ?

Sébastien Graff : Précisons d’emblée que c’est la première fois qu’Invivo se dote, au niveau du groupe, d’un accord de GPEC. Pour des raisons historiques, et en raison de blocages chez certains de nos partenaires sociaux, nous n’avions jamais réussi auparavant à mettre ce sujet sur la table des négociations. Nous avions des accords techniques portant sur des congés de mobilité, des projets de restructuration, mais ils étaient très axés sur des préoccupations terrain et liés à des problématiques conjoncturelles.

LS : Comment êtes-vous parvenu à négocier cet accord ?

S. G : Nous avons déminé le terrain en négociant sur d’autres thématiques plus consensuelles, telles que la diversité, l’intéressement ou la protection sociale. Du coup, grâce à ces discussions, le dialogue social s’est enrichi et a pu acquérir une plus grande maturité. Parallèlement, des accords locaux ont démontré leur efficacité dans la durée. Enfin, notre entreprise a subi une recomposition de sa carte syndicale, marquée par l’émergence de forces réformistes. Tous ces éléments ont efficacement concouru à préparer le terrain à notre accord groupe de GPEC.

LS : Quels sont les objectifs de cet accord ?

S. G : Il doit être un des leviers RH qui sous-tend notre nouveau plan stratégique « 2030 by Invivo ». Ce dernier sera présenté fin décembre. L’enjeu de ce texte est de faire en sorte que nos équipes accompagnent au mieux la professionnalisation de l’agriculture et des filières agroalimentaires. Ces secteurs vivent un basculement technologique tout en subissant diverses formes de pression, réglementaire, environnementale, productives ou liées aux nouveaux modes de consommation. Invivo s’est hissé en tête de pont de l’accompagnement du secteur agricole. Il s’agit de conserver cette raison d’être en l’amplifiant. Notre accord de GPEC doit nous permettre d’y arriver.

LS : Comment ?

S. G : En développant notamment les compétences digitales de nos collaborateurs. C’est une priorité absolue. De nombreux efforts ont déjà été accomplis. En 2016, nous n’avions aucun collaborateur spécialisé sur les solutions digitales. Ils sont plus de 400 aujourd’hui. Nous avons même à Montpellier notre filiale Smag, qui est entièrement dédiée aux solutions digitales. Elle conçoit des logiciels de gestion de données agronomiques. En outre, nous sommes devenus le 1er fournisseur de logiciels agricoles. Nous avons par ailleurs lancé Aladin, une place de marché digitale créée avec les coopératives et leurs agriculteurs. Mais il reste beaucoup à faire pour enrichir nos compétences en interne et débusquer les meilleurs talents digitaux à l’extérieur.

LS : Quelles sont les dispositions phares de votre accord ?

S. G : Je citerai bien évidemment la formation de nos collaborateurs – nous y consacrons un budget conséquent avec un fléchage important vers le digital - mais surtout, ce qui est plus original, la création de plusieurs Job lab, qui sont des observatoires de nos métiers. C’est la pierre angulaire de notre dispositif. Il s’agira pour chacune de nos activités de disposer d’une cartographie de nos compétences et de bénéficier d’une vision prospective de nos métiers. Nous sommes actuellement en train de réfléchir au déploiement opérationnel des Job lab dans le groupe.

LS : Est-il facile d’attirer les talents digitaux dans un secteur comme le vôtre ?

S. G : Vous avez raison, c’est très compliqué. Quand je suis arrivé en 2008 dans l’entreprise, j’ai assisté à de nombreux salons emploi, où les candidats ne s’arrêtaient même pas à notre stand. La donne a depuis changé car nous avons complètement fait évoluer notre marque employeur. Désormais, des talents qui exercent leur activité chez des géants du numérique veulent venir travailler chez nous. C’est très gratifiant.

LS : Quels sont les autres enjeux RH qui accompagnent votre nouveau plan stratégique « 2030 by Invivo » ?

S. G : « 2030 by Invivo » prend la suite de notre précédent plan « 2025 by Invivo », qui s’est achevé fin janvier 2019. Il a notamment été marqué par la cession de Neovia, notre filiale santé et nutrition animale dont 80 % des activités étaient tournées à l’international. Notre objectif est désormais de mobiliser nos efforts sur nos trois relais de croissance : l’agriculture, le vin et le retail (Invivo détient notamment les marques Jardiland et Gamm vert, NDLR), des métiers appelés à être pilotés par des solutions digitales. « 2030 by Invivo », qui démarrera au 1er janvier 2020, est soutenu par un budget d’environ 2 milliards d’euros. C’est le fruit de notre plan précédent. En matière RH, « 2030 by Invivo » reposera sur trois piliers : la qualité du dialogue social, la qualité de vie au travail et la GPEC.

LS : Quel est le prochain accord que vous souhaiteriez négocier avec vos syndicats ?

S. G : Outre la négociation d’accords régaliens, sur la mutuelle, la prévoyance, l’épargne salariale ou encore la rémunération, j’envisage d’entamer des discussions sur des accords « soft », dont l’un des premiers pourrait être exclusivement consacré au digital. Il serait un prolongement de notre accord de GPEC mais irait davantage en profondeur sur les impacts du numérique sur l’organisation, le business, les conditions de travail et l’accompagnement de nos collaborateurs.

Propos recueillis par Jean-François Rio

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