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La diversité est désormais majoritairement intégrée dans une démarche RSE

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Etude

La diversité est désormais majoritairement intégrée dans une démarche RSE

Une très marge majorité des signataires de la Charte de la Diversité (4 000 entreprises signataires) considèrent la question des discriminations et de la diversité comme « importante » ou « très importante », tandis que les signataires plus récents motivent leur engagement par l’intégration de la diversité à une démarche globale de RSE (responsabilité sociale et environnementale), selon l’édition 2019 du « Bilan diversité » dévoilée le 13 janvier dans les locaux du Medef par le cabinet Obea et le secrétariat général de la Charte de la Diversité.

15/01/2020 Liaisons-sociales.fr

55 % des entreprises signataires de la Charte de la Diversité jugent que la place accordée à la question des discriminations et de la diversité est « très importante », 37 % qu’elle est « importante », soit 92 % au total. « Nous avons gagné 10 points par rapport à 2012 », note Luc Vidal, senior advisor Obea, lors de la restitution de cette nouvelle édition du « Bilan diversité » qui est désormais présentée tous les deux ans. Des chiffres qui ne sont pas démentis par les salariés, puisque 89 % d’entre eux jugent, eux aussi, que la démarche pro diversité est majeure.

« Un signe très positif » pour Anne Deschanel, secrétaire générale de la Charte de la Diversité. Mais cette diversité s’apprécie différemment en 2019 qu’en 2017. Dans le trio de tête du classement des critères prioritaires sur lesquels porte la démarche diversité des signataires 2017/2019, on trouve aujourd’hui l’origine étrangère (63 %) devant le handicap (58 %) et les plus de 50 ans (57 %). Il y a deux ans, étaient cités l'égalité professionnelle/le sexe (70 %) devant les moins de 26 ans (66 %) et les plus de 50 ans (63 %). L’origine sociale était en sixième position (47 %), elle passe en cinquième position (48 %). Pour Luc Vidal, l’étude montre à la fois « la stratégie de la diversité » et « un élargissement de la diversité ».

« Mieux travailler ensemble »

Luc Vidal estime aussi que « les attentes portent essentiellement sur la QVT (qualité de vie au travail, 49 %) et sur la santé et sécurité au travail (38 %) ». En d’autres termes, « le mieux travailler ensemble » est au centre de la diversité version 2019. Explorant les différentes actions menées vis-à-vis des salariés, des DRH et des managers, l’étude montre que les salariés sont prioritairement sensibilisés aux stéréotypes (56 %), moins aux enjeux de la diversité sur la performance sociale (31 %). De leur côté, les DRH mettent en avant le cadre légal et les risques juridiques (70 %).

Autre enjeu : le recrutement. 58 % des signataires d’entreprises de moins de 250 salariés ont mis en place une formation aux pratiques de recrutement et 23 % projettent de le faire. Ils sont en revanche 66 % des signataires d’entreprises de plus de 250 salariés à avoir mis en place cette formation, mais moins de 20 % projettent de le faire – ce qui reste insuffisant et non conforme aux obligations légales. Citant une étude d’OpinionWay, Anne Deschanel déplore que « 69 % des femmes se sont vues demander si elles avaient des enfants et pour 36 % si elles comptaient en avoir… C’est interdit mais cela se pratique ».

De nouveaux sujets

L’attention portée au lieu de résidence n’est pas très marquée dans les démarches diversité des signataires (7ème position). Toutefois, l’étude montre une progression de 7 points des actions pour favoriser l’emploi des personnes résidant en QPV (quartier prioritaire de la politique de la ville). Alors que les recrutements de salariés (25 %) ou de stagiaires (27 %) stagnent ou régressent un peu, seul le recrutement d’apprentis (21 %) est en hausse (6 points de plus depuis 2017).

Le deuxième point de vigilance concerne l’apparence extérieure (11 points de plus qu’en 2017) : « les tatouages et les piercings ainsi que la barbe sont plus nombreux qu’il y a 15 ans », analyse Luc Vidal. Même si c’est totalement interdit, l’apparence physique a un impact, même involontaire : « une brune a plus de chances d’être embauchée comme directrice qu’une blonde », estime Anne Deschanel citant le sociologue Jean-François Amadieu. Les personnes en situation de handicap ne sont pas mieux traitées : les effectifs comptent seulement 5 % seulement de personnes ayant le statut de travailleurs handicapés.

Par ailleurs, la perte d’autonomie liée au vieillissement, aux maladies ou aux travaux pénibles est un sujet qui commence à être entendu (11 points de plus qu’en 2017) et devrait progresser dans les années à venir. Enfin, l’origine étrangère reste un thème central (10 points de plus qu’en 2017). Des efforts restent à faire : un quart des salariés ne connaissent pas leur référent « harcèlement » et un quart des entreprises seulement ont un management inclusif. Impliquer et donner des objectifs aux managers « est une nécessité », conclut Luc Vidal.

Claire Padych

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