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Contrats santé : les assureurs face au défi de la portabilité

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Contrats santé : les assureurs face au défi de la portabilité

Les organismes assureurs de contrats collectifs en santé/prévoyance redoutent l’impact lié à l’explosion du chômage consécutif à la pandémie.

10/06/2020 Protection Sociale Informations, 10/06/2020

Après avoir bataillé pour sécuriser les cotisations versées au titre des salariés en chômage partiel (PSI n°1219), les assureurs de contrats collectifs en santé/prévoyance se préparent à encaisser un nouveau choc. Depuis 2008, ils sont en effet tenus de maintenir à titre gratuit aux demandeurs d’emploi les garanties en santé/prévoyance, dans la limite de la durée de leur ancien contrat plafonnée à un an.

Or, près d’un million de personnes supplémentaires risquent de se retrouver sans travail, faisant bondir le taux de chômage au-delà de 10%, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud. «Avec la crise, cette portabilité va jouer dans de nombreuxsecteurs d’activité, sans que ce surcoût n’ait été anticipé dans les négociations tarifaires précédentes», observe Marie-Laure Dreyfuss, déléguée générale du Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip). Surtout, ces maintiens de garanties vont s’étaler au-delà de 2020, notamment dansles secteurs industriels en restructuration. «Selon la façon dont les contrats sont rédigés, on peut s’attendre à des appels de primes complémentaires en cas de PSE, mais aussi à des salariés privés de couverture en cas de faillite», met en garde Mylène Favre-Béguet, du cabinet d’actuariat conseil Galéa.

Au total, pour les seules institutions de prévoyance qui pèsent 45% du marché des contrats collectifs, «la facture de la portabilité pourrait atteindre 750M€, à lisser sur 2020 et 2021», selon Marie-Laure Dreyfuss, en se calant sur un taux de chômage de 11%. «Le surcoût moyen serait de l’ordre de 1,5% à 2% en santé et compris entre 1% et 1,5% en prévoyance», complète Mylène Favre-Béguet. Mais il faudra y ajouter les autres facteurs de déséquilibre technique des contrats: attrition de la masse salariale (-9,7% sur 2020), dérive accélérée en décès et en arrêt de travail et des taux techniques proches de zéro. «Comme en 2010 avec la réforme des retraites, le redressement des contrats devra sans doute s’étaler sur plusieurs années », anticipe un directeur d’organisme en espérant «un dispositif de place».

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