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Confinement : un quart des salariés sur site déplore le manque de soutien du management

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Etude

Confinement : un quart des salariés sur site déplore le manque de soutien du management

A l'occasion de la Semaine pour la qualité de vie au travail, qui a démarré le 15 juin, l'Anact publie les résultats d'un questionnaire consacré au ressenti des salariés qui ont poursuivi leur activité sur site pendant le confinement.

18/06/2020 Liaisons-sociales.fr

  Confinement : un quart des salariés sur site déplore le manque de soutien du management © Crédit photo : GettyImages

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Pour l'Anact, « à première vue, les 830 répondants semblent avoir bénéficié d’un cadre de travail formel prenant en compte les enjeux de protection des personnes et d'efficacité via les actions en matière de prévention et d'adaptation du travail ». En effet, le risque de contamination n'a échappé à personne ou presque : 94 % des salariés déclarent avoir été informés des mesures de prévention du risque de contamination et 90 % estiment avoir eu accès à des équipements leur permettant de se protéger et de nettoyer leur espace de travail. Un chiffre relativise toutefois ce tableau presque parfait : 27 % des personnes ayant travaillé in situ jugent que ces protections ont été distribuées en quantité insuffisante.

Des catégories de personnel (agents de la Fonction publique, salariés au contact avec le public, non-managers...) ont bénéficié d’un environnement moins protecteur que les autres, note aussi l'Anact : 81 % des répondants estiment que les mesures mises en œuvre par leur employeur sont suffisantes (37 % « tout à fait » et 44 % « plutôt »), mais le chiffre n'est que de 73 % pour le secteur public.

Adaptations

Des transformations ont été réalisées sur place, puisque 73 % des salariés déclarent que leur espace de travail a été aménagé pour respecter les règles de sécurité et de distanciation physique. A l'inverse, 26 % estiment que cela n’a pas été le cas. Par ailleurs, 95 % des sondés estiment que l’organisation du travail a dû être adaptée pour assurer la continuité de service et la sécurité des personnels (totalement dans 52 % des cas, partiellement pour 35 % et de manière plus marginale pour 9 %).

Nouvelles mission, nouvelles contraintes

De même, trois salariés sur quatre ont vu leurs objectifs de travail revisités en matière de résultats et /ou de délais. L’adaptation de l'activité a également pris la forme d’aménagement des horaires, des rythmes de travail (62 %), des postes de travail (52 %), des méthodes et procédures à appliquer (48 %). Elle s’est traduite, pour un peu plus de la moitié des répondants, par de nouvelles missions. La réalisation de ces nouvelles missions constituait une nécessité pour l’activité de l’entreprise selon 62 % des salariés, mais également, pour 42 % d'entre eux, une manière de manifester leur implication dans l’activité de leur structure ; 16 % les ont vécues comme une contrainte.

Dégradation des relations de travail

Du côté des relations avec la hiérarchie et les collègues, plus de 62 % des salariés ont eu au moins un échange par semaine ; 74% des répondants se sont sentis soutenus par leur manager et 84 % par leurs collègues de travail (avec une proportion moindre pour les agents du service public ainsi que les non-managers). A l’occasion de ces échanges, les sujets abordés se sont concentrés sur la priorisation des activités (57 %), la vérification du bon avancement des missions (56 %). Les difficultés rencontrées au cours du travail n'ont cependant été abordées que dans la moitié des cas.

Pour l'Anact, « derrière les chiffres indiquant au global de bonnes relations managériales et de travail, plusieurs points de vigilance doivent être soulevés : un quart des répondants (25 %) ne se sentent ainsi pas assez soutenus par leur manager ; 20 % estiment que les relations de travail se sont dégradées depuis le début de la crise et jusqu'à 39 % ressentent un manque d’équité en matière de répartition des missions au sein de leur structure. Ces sujets demandent à être pris en compte rapidement pour éviter que ne se développent des tensions avec des effets sur la santé des personnes et sur la dynamique collective ».

Grosse fatigue

Dernier point abordé dans ce questionnaire : la charge de travail. Pendant la crise, l’adaptation généralisée de l'organisation de travail s’est traduite par un investissement accru pour une majorité de répondants : 53% d’entre-eux déclarent ainsi avoir davantage travaillé dont 23 % « beaucoup plus ».

L'Anact met l'accent sur le « sentiment de fatigue accrue perçu par une part importante de répondants » (67 % se sentent ainsi plus fatigués - dont 25 % beaucoup plus), couplé avec un sentiment d’efficacité moindre (pour 36 %) voire d’une incapacité, pour une part importante de salariés, à réaliser les missions habituelles (42 %).

Ces chiffres sont à mettre en relief avec une autre enquête menée par l'Anact sur le télétravail : 46 % des télétravailleurs reconnaissent être moins efficace qu’à l’habitude, 48 % ont le sentiment de travailler davantage que d’ordinaire et 50% se sentent plus fatigués que lorsqu'ils travaillaient dans les conditions habituelles.

Claire Padych

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