La violence de la crise financière incite à réinterroger les principes sur lesquels repose l’épargne retraite collective. Le cabinet d’actuariat Adding vient ainsi de réaliser une « analyse simplifiée et rétrospective » des performances sur les 20 dernières années des principales composantes de ces dispositifs. Selon cette étude, « le rendement actuariel d’un investissement réalisé en 1988 sur un fond indexé sur l’évolution du CAC 40 serait en février tombé à 3,66 % par an, réinvestissement des dividendes compris, contre 10,27 % un an plus tôt », note Guillaume Lacour, actuaire du po?le retraite d’Adding. Un résultat à comparer aux 5,36 % obtenus sur la même période par un fond obligataire et aux 4,25 % d’un placement monétaire. La crise malmène aussi les résultats des mécanismes de « gestion profilée » en fonction de la date de départ en retraite : « Si sur 20 ans, les résultats de ces modes de gestion étaient plus performants que ceux des actifs généraux des assureurs, ce n’est plus le cas depuis l’automne », note Guillaume Lacour. « Ces résultats inédits poussent, selon lui, à reconsidérer la façon dont la promotion de l’épargne longue est assurée dans les entreprises. »
Du côté des gestionnaires d’épargne retraite collective, on relativise, en estimant, à l’instar de José Castro, responsable du développement commercial de BNP Paribas épargne retraite entreprise, qu’« il est encore trop tôt pour tirer une vérité historique d’une crise financière qui se caractérise par sa volatilité extrême ». Si « après une excellente année 2008 », la mise en place de Perco demeure, selon lui, « soutenue », les partenaires sociaux commencent à prendre des précautions. « Certaines entreprises nous demandent de désensibiliser les dispositifs cascade plus rapidement pour descendre à partir de 15 ou 20 ans avant le départ en retraite à 80 ou 90 % d’actions au lieu de 100 % », note ainsi José Castro. « La diversification des placements constituent la meilleure protection des salariés », insiste François Lusson, du cabinet Winter.
Les représentants des salariés plaident, eux, pour une surveillance accrue des fonds. « Il faut en finir avec cette fiction de conseil de surveillance paritaire des Perco-interentreprises », souligne Pierre-Yves Chanu, administrateur CGT du Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES). Pas question toutefois de demander aux salariés « d’exercer le métier de banquier », prévient Jean Conan, administrateur CFE-CGC, en mettant en garde contre l’« illusion » d’un placement retraite : « Si l’objectif d’un Perco devait se limiter à l’acquisition d’une résidence principale, ce serait déjà bien. »
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