Compte tenu d’un taux de chômage de 22,2 % des étrangers non communautaires d’après l’Insee, toute perspective d’une relance globale, massive et indifférenciée de l’immigration de travail doit être fermement écartée », souligne Nicolas Sarkozy, dans une lettre de mission adressée, avec François Fillon, à Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire.
Dans cette lettre rendue publique le 7 avril, le chef de l’État souhaite poursuivre le rééquilibrage entre l’immigration professionnelle et l’immigration familiale, en tenant toutefois compte du contexte actuel de l’emploi en France.
La priorité absolue étant le retour à l’emploi des chômeurs en France, le recours à l’immigration de travail doit être limité, explique le chef de l’État dans la lettre de mission.
D’une part, l’immigration professionnelle sera possible dans les secteurs qui se heurtent à une pénurie structurelle, durable et certaine de main-d’œuvre sur le marché français et communautaire du travail, en évitant « tout effet d’éviction sur les personnes privées d’emploi sur le marché du travail français ».
D’autre part, les personnes étrangères dont il est avéré que la venue sera favorable au dynamisme et à la création d’emplois en France pourront également venir travailler.
Par ailleurs, la politique de l’immigration d’Éric Besson devra être axée sur le « développement de la mobilité et de la circulation, des mouvements d’allers et retours », afin de lutter contre la fuite des cerveaux dans les pays les plus démunis.
Pour y parvenir, Éric Besson devra notamment trouver toutes les solutions juridiques permettant la mobilité sans ouvrir droit à résidence définitive. Salariés, saisonniers, titulaires de la carte « compétences et talents », le chef de l’État souhaite que toutes les formes de l’immigration professionnelle soient prises en compte du point de vue statistique.
Parallèlement, « le principe de tolérance zéro doit être appliqué » aux entreprises employant des travailleurs étrangers en situation irrégulière, estime Nicolas Sarkozy. Le président de la République demande donc à Éric Besson de porter, au minimum, à 1 500 les opérations conjointes de contrôle destinées à réprimer ces entreprises en 2009, contre 1 220 en 2008. De même, le ministre devra veiller, avec la Garde des Sceaux, à ce que des suites pénales effectives soient données à ces opérations.
L’une des priorités du ministre est la mise en place d’une nouvelle politique d’intégration, qui doit reposer sur trois piliers : le partage de la langue française et des valeurs de la République, le logement et le travail. Éric Besson devra proposer des solutions pour que chaque année, à partir de 2010, un débat annuel se tienne au Parlement sur les orientations de cette politique.
En ce qui concerne le pilier « travail », l’objectif est de mettre fin au « phénomène du chômage massif des étrangers en France ».
En lien avec le monde de l’entreprise et les partenaires sociaux, Éric Besson élaborera des mesures facilitant l’accès au marché de l’emploi des migrants. Le ministre de l’Immigration et celui chargé de l’Emploi signeront une convention-cadre avec Pôle emploi et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) permettant d’atteindre cet objectif.
Enfin, le bilan de compétences devra faciliter l’accès à l’emploi des nouveaux migrants.
En 2009, 60 000 signataires du contrat d’accueil et d’intégration (CAI) devront bénéficier d’un bilan de compétence.
« La France doit être en mesure d’accueillir chaque année au moins 50 000 étudiants étrangers », estime Nicolas Sarkozy. « Tout en diversifiant les sources de recrutement [des étudiants] à l’échelle planétaire », Éric Besson doit atteindre un taux de 70 % de ces étudiants dans les disciplines indispensables au développement économique et au bien-être des populations des pays d’origine, la priorité étant le retour dans leur pays d’origine tout en garantissant la possibilité de circuler sans entrave entre celui-ci et la France.
Pour ce faire, Éric Besson travaillera, avec les ministres chargés des Affaires étrangères et de l’Enseignement supérieur, à la mise en place d’un opérateur unique de la mobilité étudiante se substituant aux acteurs actuels (Campus France, Égide et France Coopération internationale).
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