L’image de marque de Nestlé, Lindt et des autres chocolatiers suisses en prend un coup en cette période de Pâques. L’ONG « Déclaration de Berne » (DB) mène depuis début mars une campagne envers les chocolatiers suisses, qu’elle accuse de ne pas faire le nécessaire pour arrêter le « scandale » des enfants soumis à travail forcé pour la récolte du cacao en Afrique de l’Ouest, leur principale région d’approvisionnement.
Selon l’organisation, qui milite pour de nouvelles relations Nord-Sud, le phénomène toucherait 250 000 enfants, principalement en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Une pétition, lancée pour exiger de ces grandes marques un chocolat garanti socialement responsable, récolté 6 000 signatures en quelques semaines. « Les actions philanthropiques mises en avant par les chocolatiers ne s’attaquent pas au cœur du sujet : l’abolition des pires formes de travail des enfants grâce à un prix correct payé au producteur », indique Andrea Hüsser, responsable de la campagne. Selon l’ONG, ces marques qui se disent socialement responsables manquent de transparence sur leurs pratiques : elle n’a récolté que des fins de non recevoir ou des réponses évasives des 18 producteurs suisses à son récent questionnaire détaillé sur l’équité de la chaîne de production. Et elle réclame la mise en place d’un code de conduite.
« La problématique nous est connue depuis fin 2000 et nous y travaillons, expose pourtant Franz Schmid, le directeur de leur fédération, Chocosuisse. mais il serait illusoire de vouloir la régler depuis la Suisse. Nous menons actuellement un projet-pilote pour la production socialement responsable de cacao en Afrique de l’ouest».
Les plus grandes entreprises revendiquent aussi leur adhésion à l’International Cocoa Initiative (ICI) à Genève. Cette fondation financée par l’industrie chocolatière mondiale affiche 4 millions d’euros d’investissements dans une succession de micro-projets depuis sa création en 2002.
En attendant, la DB a produit 2 200 lapins en chocolat certifiés équitables et biologiques pour Pâques, afin d’offrir une alternative aux consommateurs suisses.
Pétition suisse
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