En indiquant, le 22 avril sur France Inter, que la question d’un nouveau report de l’âge de départ en retraite ne pouvait avoir lieu que dans le cadre « d’un grand débat national », François Fillon a de facto renvoyé la discussion à la campagne présidentielle de 2012. Ce faisant, le Premier ministre a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui, au nom de la réduction des déficits sociaux, poussaient en faveur de l’adoption d’une telle réforme structurelle dès 2010. À commencer par Laurence Parisot, la présidente du Medef, qui, la veille, avait réitéré son souhait de voir 2010 devenir « l’année du débat sur les retraites » et « permettre ainsi de traiter la question du financement une fois pour toutes et dans sa globalité, en intégrant seniors, pénibilité et retraite ».
Si, pour l’Hôtel Matignon, toute discussion sur une réforme structurelle est « prématurée », certains commencent néanmoins à poser des jalons. « Nous aurons trois débats de fond à trancher », a ainsi indiqué Jean-Christophe Le Duigou, l’économiste de la CGT, lors de la présentation, le 22 avril, des propositions de la centrale sur la « création d’un socle commun de garanties pour les retraités » :
1/ un « débat de justice » entre une vision « solidaire des régimes de retraite, tenant compte de la diversité et de la précarisation des parcours », et une vision « actuarielle », fondée, elle, sur « la constitution d’une rente viagère » au travers de la généralisation d’un système de comptes notionnels à la suédoise ;
2/ un débat sur les aspects économiques qu’on ne pourra, selon lui, « pas escamoter » par l’adoption d’une nouvelle réforme paramétrique ;
3/un « débat démocratique » sur l’ajustement automatique ou non des paramètres du régime.
La CGT préconise, elle, « la création d’une institution de Sécurité sociale commune », dont les compétences seraient élargies : à la validation des périodes d’études et de précarité ; à la gestion de la compensation entre les régimes ; à la politique de décaissement du Fonds de réserve des retraites et au pilotage global de l’ensemble des régimes, qui seraient appelés à « converger ».
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