Deuxième secteur aidé en ces temps de crise après l’automobile, la construction se voit offrir 18 millions d’euros par l’Etat, via le Fiso (Fonds d’investissement social) qui iront à la formation des salariés. C’est l’effort le plus important que le secteur ait jamais obtenu afin de maintenir son niveau d’activité. Ceci au travers d’un accord-cadre national pour le développement de l’emploi et des compétences. Une bouée de sauvetage au moment où, après 10 ans de croissance, une perte de 20 000 emplois est annoncée dès la fin 2009. Face à la menace qui pèse sur les entreprises et l’emploi, les acteurs du BTP - la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), la Fédération française du bâtiment (FFB), la Fédération nationale des sociétés coopératives de production du bâtiment des travaux publics (FNSCOP-BTP), la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) - qui emploient au total 1,4 million d’actifs, ont tous paraphé cet accord-cadre 2009-2011 piloté par l’Etat.
« L’utilité de développer le travail en équipe entre acteurs d’un secteur et l’Etat est la leçon majeure de la crise. Des accords avec l’intérim et l’agro-alimentaire suivront », a déclaré Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’emploi.
Le thème de l’accord-cadre national pour le développement de l’emploi et des compétences dans la construction est « la sécurisation des parcours professionnels des salariés » via le développement, entre autres, de l’outil gestion prévisionnel des emplois et compétences (GPEC). Il s’applique à toutes les entreprises, mais prioritairement à celles de moins de 300 salariés. Le nombre total des bénéficiaires est estimé à 30 000. Principalement, la catégorie des ouvriers, les salariés ayant 45 ans et plus et les femmes. Aux 18 millions d’euros de l’Etat s’ajoutent les aides apportées par les OPCA et par le Fonds Social Européen (FSE). Au total, le secteur recevra 60 millions d’euros. En ce qui concerne le recours au chômage partiel, qui n’est pas une pratique courante dans le secteur de la construction, Laurent Wauquiez encourage les entreprises du BTP soumises à des difficultés conjoncturelles d’user de l’accord sur l’activité partielle.
L’importance de cette aide s’explique aussi par un besoin structurel important. « Le développement durable et les nouvelles normes environnementales représentent un nouveau défi. Nous devons répondre aux enjeux du Grenelle de l’environnement », précise Jean Lardin, président de la Capeb.
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