La direction d’Axa France a signé, le 5 mai, avec les fédérations syndicales et les coordinateurs syndicaux nationaux CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et Unsa une « charte sur la reconnaissance du parcours syndical dans le développement de la carrière et l’évolution professionnelle ».
Ce texte s’appliquera d’abord chez Axa France (16 000 salariés). Mais il constitue une expérimentation dont les enseignements pourront être « portés » au niveau du groupe Axa en France.
Selon la direction, cette charte illustre une démarche visant à favoriser le dialogue social, qui a été engagée dès 1990 et la signature avec trois syndicats de l’accord sur le « chèque syndical ». Les signataires soulignent que la démarche d’Axa peut inciter des salariés nouveaux, jeunes, à accepter des mandats de représentation du personnel. Cette signature intervient une semaine avant les premières élections professionnelles organisées chez Axa France dans le cadre de la loi de rénovation du dialogue social.
La charte s’articule autour de deux grands volets, le premier étant l’accompagnement du salarié par l’entreprise durant son parcours syndical.
La DRH d’Axa France s’engage à prendre en compte la responsabilité syndicale comme partie intégrante et indissociable du parcours professionnel. Selon la charte, « pour permettre une réelle gestion suivie et intégrée de la coexistence ou de l’alternance des activités professionnelles ou syndicales dans des conditions connues et partagées par tous, il est nécessaire de prévoir un accompagnement RH adapté à chaque étape clé de ce parcours ».
• Lors de la prise de mandat, un premier entretien réunit le salarié devenu représentant du personnel, la RH et le responsable hiérarchique du salarié. Cette rencontre vise à informer le manager au sujet du mandat assumé et des conséquences sur l’activité professionnelle.
• Pendant l’exercice du mandat, des rencontres annuelles entre la RH, le responsable hiérarchique et le représentant du personnel sont organisées pour tirer un bilan de l’année écoulée sur l’équilibre trouvé entre le temps consacré à l’activité professionnelle et celui donné à l’activité syndicale. Ces rencontres doivent aussi valider des perspectives pour l’année suivante.
• Lors de la reprise d’une activité professionnelle, Axa s’engage à assurer un accompagnement adapté, avec l’établissement d’un bilan RH, une analyse individualisée des compétences, notamment celles acquises au cours du parcours syndical et l’élaboration d’un projet professionnel.
Second grand volet de la charte, la reconnaissance des compétences acquises durant et à la fin de l’activité de représentation du personnel.
Selon le texte, « l’exercice d’une responsabilité syndicale, à mi-temps ou à temps complet, sur une durée significative constitue une expérience importante porteuse de compétences particulières et riches ».
Pour mieux reconnaître cette expérience, Axa propose aux salariés concernés un accompagnement dans une démarche de VAE (validation des acquis de l’expérience). Ce dispositif est accessible aux représentants du personnel titulaires d’un mandat de délégué syndical central, de délégué coordinateur syndical d’établissement, de coordinateur syndical du personnel de terrain, de secrétaire du CCE, de secrétaire de CE, ainsi qu’au coordinateur syndical national et à son adjoint, qui justifient d’une durée d’exercice d’un ou plusieurs mandats d’au moins six ans.
Le dispositif de VAE, « progressif et adapté à l’expérience des titulaires de mandats », s’inscrit dans le cadre du DIF (droit individuel à la formation). Les salariés volontaires pour la VAE devraient bénéficier d’un crédit formation majoré, soit, selon la direction, une vingtaine de jours de formation par an. En cas de réussite à la VAE, le salarié évoluera en grade, cette progression étant prise en compte lors de sa réintégration dans un service.
La charte prévoit aussi que les titulaires de mandats syndicaux bénéficient d’entretiens adaptés et organisés à leur demande avec la DRH, en vue d’examiner les conditions de leur évolution professionnelle.
Axa s’engage à mobiliser l’ensemble des moyens et de son savoir-faire en matière de gestion des RH. Les organisations syndicales, pour leur part, s’engagent à promouvoir et à favoriser les dispositions de la charte auprès de leurs représentants.
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