L’épargne salariale est-elle un bon levier pour rémunérer et motiver les salariés en temps de crise ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? C’est à ces questions que l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH) a tenté de répondre lors d’un débat organisé dans le cadre de son forum annuel, le 12 mai à Paris.
A priori, selon les participants au débat, l’épargne salariale constitue bien un levier RH pertinent à utiliser en période de crise. Toutefois, certains experts ont insisté sur les pièges de cet instrument de rémunération. « L’épargne salariale dédiée à l’acquisition de titres de l’entreprise doit faire l’objet d’un examen attentif compte tenu de son poids dans l’épargne globale du salarié, a ainsi prévenu Jean-Pierre Magot, directeur du département salaire chez Mercer. En cas de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), si la part des titres dans le revenu du salarié est trop importante, c’est la double peine : perte de l’emploi et épargne divisée par 3 ou 4. »
La solution ? « Il vaut mieux parier sur d’autres fonds que ceux liés aux actions », a conseillé Jean-Pierre Magot aux DRH. Fervent défenseur de l’épargne salariale, Bruno Carlier, responsable rétributions et avantages sociaux chez BNP Paribas, a plaidé pour un système mieux adapté aux jeunes. « Si, dès leur entrée dans le monde du travail, les salariés épargnaient une somme abondée par l’entreprise, alors nous obtiendrions un complément pour améliorer notre système de retraite. Rééquilibrer l’épargne salariale sur la retraite plutôt que sur l’actionnariat serait un choix plus que judicieux. »
La CGT et la CFE-CGC ont, quant à elles, rappelé l’urgence de négociations sur les salaires. « Nous sommes favorables au développement de l’épargne salariale, notamment dans les petites entreprises (TPE-PME), mais l’intéressement et la participation ne doivent pas représenter plus de 10 % de la rémunération », a défendu Alain Lecanut, secrétaire national de la CFE-CGC. Pour la CGT, la demande des salariés portent sur les salaires. « 60 % des salariés ne reçoivent ni intéressement, ni participation, a précisé Eric Aubin, membre de la commission exécutive confédérale. De plus, l’épargne avec abondement de l’entreprise est une idée qui, au final, fragilise notre système par répartition au profit d’un système par capitalisation. »
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