Lanterne rouge ! La France vient une nouvelle fois d’être épinglée par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, qui réunit les 30 pays les plus riches), pour sa gestion de l’emploi des jeunes. Avec un taux de chômage des 15-24 ans de 18 %, l’Hexagone se situe 7 points au-dessus de la moyenne des autres pays riches et décroche la 23e place du classement (sur 30). Tel est le constat du rapport "Des emplois pour les jeunes", remis, le 20 mai, par le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, au secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, et au haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch.
La crise financière n’explique pas tout. Les causes sont, avant tout, structurelles : instabilité des politiques de l’emploi, avec plus de 80 mesures pour les jeunes en trente ans ; “névrose” du diplôme initial, qui fait que l’école scelle de manière “déterminante” le destin d’un jeune ; transition difficile de l’école vers le monde du travail… Les raisons de cette malédiction sont connues.
Sans surprise, les premières victimes sont les jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification. En 2008, 18 % des 20-24 ans, soit environ 130 000 jeunes, sont dans ce cas. Ceux issus de l’immigration, dans cette situation, sont particulièrement touchés. Mais ces « laissés-pour-compte », selon les termes de l’OCDE, ne sont pas les seules victimes du marché du travail. Un autre groupe, cette fois composé de diplômés, souvent de l’université, pâtit de la difficile transition de l’école vers l’emploi. Ces débutants – un quart des sortants du système éducatif – mettent beaucoup de temps à se stabiliser, enchaînant les emplois temporaires et les périodes de chômage.
D’ailleurs, le CDD semble de moins en moins un tremplin rapide vers l’emploi stable. En 2005-2006, seuls 16 % des 15-24 ans en CDD sont en CDI un an après, contre 45 % dix ans auparavant. « Les étudiants français sont parmi ceux des pays de l’OCDE qui ont le moins de contacts avec le monde du travail pendant leurs études », note Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE.
Scolarité jusqu’à 18 ans
Parmi les recommandations, l’OCDE suggère que la scolarité soit obligatoire jusqu’à 18 ans et que les aides publiques à l’apprentissage soient focalisées sur les non-qualifiés. Par ailleurs, l’organisation propose que les fonds de la formation professionnelle aillent plus largement vers les petites entreprises afin de les aider à former ce type de public.
Pour assurer une meilleure transition vers l’emploi, elle plaide pour la mise en place de stages obligatoires dès la licence et demande à la France de réduire globalement la segmentation du marché du travail (trop de CDD pour les jeunes).
Enfin, elle est favorable à l’instauration d’un filet de sécurité pour les moins de 25 ans démunis ainsi qu’à l’extension, à terme, du RSA.
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