L’inauguration du nouveau magasin Carrefour d’Auteuil, le 13 mai, à Paris, a une nouvelle fois remis sur le devant de la scène médiatique la question de l’automatisation dans la grande distribution.
Dévoilé après quatre mois de travaux, le nouveau concept de l’hypermarché “sur mesure” fait, en effet, la part belle à la technologie : produits non alimentaires disponibles via une commande en ligne, caisses libre-service et “Rapid’Ticket”, le fameux système de douchettes permettant de scanner les produits au fur et à mesure des achats.
En 2007, alors que la grande distribution connaissait sa toute première vague d’automatisation, la CFDT, soucieuse des conséquences de ces technologies sur l’emploi des caissières, lançait, avec un important succès médiatique, la pétition SBAM, “Sans bornes automatiques, merci”, paraphée, à l’époque, par 80 000 clients.
Désireuse d’« anticiper les évolutions en termes d’emploi », la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) avait alors commandé au Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et au cabinet Geste une étude prospective destinée à établir des scénarios économiques et sociaux à l’horizon 2015. Si l’automatisation des caisses – le “self check out”, où le client déballe ses achats devant un automate, et le “self-scanning”, où le client scanne lui-même les produits au fur et à mesure de ses achats – figure bien en première position sur la liste des « axes de changement ayant un impact sur le contenu des métiers », l’étude, publiée en mars 2008, relativise ses conséquences sur l’emploi : si, selon le scénario le plus pessimiste, qui suppose une « intensification de la concurrence par les prix », les grandes surfaces en France risquent de perdre près de 40 000 emplois – 6,3 % de leurs effectifs – d’ici à 2015, moins noirs, les deux autres scénarios – fin du développement massif des points de vente sur le territoire et nouveau cadre réglementaire favorisant la création de commerces de proximité –, prévoient un gain respectif de 36 000 et 86 000 emplois pour le secteur.
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