Dans les quelque 70 écoles qui forment chaque année 77 000 fonctionnaires civils à leur métier (écoles régionales d’administration, Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, Centre national de la Fonction publique territoriale, pour ne citer que quelques-unes des plus connues), la rentrée 2010 ne ressemblera pas aux précédentes.
La réforme de la formation initiale des agents publics, que préparent le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Éric Woerth, et André Santini, secrétaire d’État chargé de la fonction publique, aura commencé.
Cet aggiornamento vise cinq objectifs. D’abord, individualiser les formations. Pour ce faire, chaque école devra ajuster son projet pédagogique et dessiner des parcours individuels correspondant précisément aux besoins du stagiaire et de l’administration qui l’emploie.
Ensuite, les instituts devront professionnaliser la scolarité. En clair, dispenser moins de cours théoriques et favoriser les mises en situation. En outre, des modules européens seront systématiquement proposés. La réforme tend aussi à réduire la durée des stages, souvent inutilement longs, parce qu’on ne tient aucun compte des acquis antérieurs des stagiaires. Autre exigence nouvelle : accompagner les fonctionnaires au-delà de la formation, jusque dans leur premier poste.
Dans ce cadre, Bercy songe au tutorat, et, mieux, à l’alternance. Par ailleurs, le gouvernement réfléchit à des rapprochements entre établissements, puisque certains corps, comme ceux des ingénieurs, vont fusionner. Tout cela devrait se traduire par une meilleure préparation des fonctionnaires, avec un rééquilibrage entre les différentes catégories, les cadres étant actuellement nettement privilégiés.
Le classement à la sortie, qui fige les carrières, surtout dans la haute administration, devrait aussi disparaître, pour laisser place à l’appréciation des agents en fonction de leurs performances réelles. Mais les préoccupations financières ne sont pas absentes pour autant. L’État fait beaucoup mieux que les entreprises, en consacrant plus de 3 % de la masse salariale à la formation initiale. Soit 1,3 milliards d'euros (non compris les instituts de formation des maîtres, IUFM). Ou encore 17 000 euros en moyenne par élève. Un gisement d’économies bon à explorer.
S’ils sont déterminés, Éric Woerth et André Santini évitent la précipitation. Pour commencer, ils ont commandé un rapport au préfet Raymond-François Le Bris, qui leur a rendu, le 16 février dernier, un copieux document comprenant une cinquantaine de propositions concrètes pour améliorer le système. Loin de les reprendre de but en blanc, ils ont entamé, le 18 mai, une concertation avec les organisations syndicales, auxquelles sont associés les employeurs et les administrations des trois Fonctions publiques (État, collectivités territoriales et hôpitaux).
Les deux ministres devront compter avec les syndicats de fonctionnaires, qui ont le tournis, vu le nombre de réformes auxquelles ils sont confrontés depuis quelques mois. Aussi, restent-ils sur la défensive.
Pour la CGT, Patrick Corre énumère les points négatifs que comporterait le projet, selon lui : la formation théorique devrait être réduite de moitié ; l’effort de formation initiale aux métiers de la Fonction publique serait largement reporté sur l’université ; les concours internes disparaîtraient au profit de la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (RAEP) ; le réseau des écoles devrait être compacté et regroupé géographiquement.
Éric Woerth et André Santini demandent à leurs collègues du gouvernement et à leurs administrations de faire remonter leurs propositions dans le cadre de l’optimisation qu’ils appellent de leurs vœux. Le but n’étant pas de réduire l’enveloppe à tout prix, mais de l’optimiser, rappelle le gouvernement.
Dépenses et répartition formation
Toutes les semaines, recevez par courriel l’essentiel de l’actualité juridique et sociale
Cet ouvrage donne un sens concret et précis au droit de la formation et place la compétence au coeur d’une sécurisation indispensable des parcours professionnels. Son approche répond à la volonté d’appréhender le droit de la formation et des compétences sous un angle très pratique, avec de nombreuses fiches techniques, des quiz et autres questions.
Cet ouvrage explore l’ensemble des voies d’optimisation pour faire plus et mieux avec un budget contraint :
-l’ingénierie stratégique, pour réaligner la formation avec les priorités de l’entreprise ;
-l’ingénierie financière, pour tirer le meilleur parti du cadre réglementaire ;
-l’ingénierie de développement des compétences, pour bâtir des dispositifs à très forte valeur ajoutée ;
-l’ingénierie psychosociale, pour ancrer durablement les contenus dans l’activité professionnelle ;
-l’ingénierie de pilotage et de veille.
Découvrez les autres portails métiers de Wolters-Kluwer France :