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La majorité des salariés travaille selon des horaires atypiques
Temps de travail

La majorité des salariés travaille selon des horaires atypiques

Travail de nuit, travail le week-end, temps partiel… Près de deux salariés sur trois ont des horaires atypiques, constate une étude publiée par la Dares (ministère du Travail).


 

Si 37 % des salariés bénéficient d’une organisation des horaires de travail dite « normale », près de deux salariés sur trois ont des horaires qualifiés « d’atypiques » caractérisés notamment par le fait de travailler la nuit ou le week-end ou encore à temps partiel. Un constat établi sur l’année 2005 par la Dares, qui au vu de ces éléments, établit une nomenclature de cinq catégories de salariés à temps plein, auxquelles s’ajoute la catégorie des salariés à temps partiel.

 

« Horaires normaux » et temps partiel
Alors que 37 % des salariés, en majorité des hommes, ont des horaires de travail dits « normaux », 17,5 %, majoritairement des femmes, travaillent à temps partiel.
• La première catégorie est constituée de salariés qui ont plutôt des horaires réguliers et travaillent rarement tôt le matin, tard le soir, le samedi ou le dimanche. Pour 69,6 % d’entre eux, les horaires sont fixés par l’entreprise. Ce type d’horaire « normaux » est particulièrement représenté dans deux catégories de professions : les unes plutôt masculines (professions intermédiaires des entreprises, techniciens, ouvriers de l’industrie, chauffeurs), d’autres à majorité féminine (employés administratifs d’entreprise dans la banque et les assurances). S’agissant de leurs conditions de travail, elles ne présentent pas de spécificités marquées.
• Le travail à temps partiel concerne 17,5 % des salariés, surtout dans le secteur tertiaire. Parmi eux, un tiers sont des femmes et 5 % des hommes. 76 % des salariés à temps partiel déclarent être en contact avec le public. Pour la majorité, leurs conditions d’emploi ne sont pas plus difficiles que la moyenne et ils sont plutôt moins soumis à des contraintes horaires. En revanche, un tiers de ces salariés déclarent souhaiter travailler davantage d’heures. Selon la Dares, on peut les qualifier de salariés en « sous-emploi » ou en « temps partiel subi ». Ce sont plus souvent des jeunes (moins de 30 ans).
Horaires décalés
Parmi la catégorie de salariés à « horaires décalés », il y a lieu de distinguer les horaires « habituellement » de celles « occasionnellement décalés ».
19,1 % des salariés sont concernés par des horaires habituellement décalés. Parmi eux, 96,8 % travaillent presque tous habituellement le samedi, et 48,8 % le dimanche. Les horaires décalés se cumulent : 86 % de ceux qui travaillent la nuit travaillent aussi le samedi et 72 % le dimanche. Ces salariés sont également soumis à plusieurs contraintes d’horaires : pour 81,5 % d’entre eux, les horaires sont fixés par l’entreprise sans possibilité de modification. Par ailleurs, un quart d’entre eux connaissent des longues journées de plus de 11 heures. De ce fait, ces salariés connaissent de nombreuses contraintes organisationnelles : contraintes de rythme, obligation de devoir toujours se dépêcher, absence de soutien de leur hiérarchie en cas de difficulté, etc. La majorité de ces salariés (80 %) sont en contact avec le public, les professions les plus typiques étant des métiers de services relationnels (par exemple, les professions de la santé et du travail social). Ils sont donc plus souvent exposés à des agressions verbales ou physiques au cours de leur travail.
• Un salarié sur dix (10,2 %) a « des horaires occasionnellement décalés ». Pour eux, la contrainte horaire principale est le fait de travailler occasionnellement en fin de semaine : 98,6 % d’entre eux déclarent travailler occasionnellement le samedi, et 59,9 % le dimanche. Ces salariés ont des caractéristiques proches de celles des salariés aux horaires « habituellement décalés », mais un peu moins marquées. Ainsi, il s’agit souvent de métiers de services relationnels (par exemple, militaires ou policiers). De même, ils sont nombreux à subir des pénibilités physiques (54,3 %), à être exposés à des risques d’agression (44,5 %) ou d’accident (61,1 %) et à avoir peu de soutien de la part de la hiérarchie (49,2 %).
Autres types d’horaires
Le reste des salariés ont soit des horaires variables au cours de l’année soit des horaires longs et flexibles.
Des durées de travail variables : pour 6,7 % des salariés, la principale contrainte horaire est une durée du travail plus longue à certaines périodes de l’année et plus courte à d’autres. Cette irrégularité de la durée du travail au cours de l’année concerne plutôt des ouvriers de type industriel, surtout dans des secteurs sensibles à la saisonnalité de l’activité (agriculture, industries agroalimentaires, construction, etc.), mais également des jeunes appartenant à des professions intermédiaires des entreprises. Ces salariés travaillent plus rarement le dimanche, mais plus du quart d’entre eux (27,7 %) travaillent occasionnellement le samedi. Ils sont plus souvent que les autres salariés soumis au travail répétitif et aux cadences automatiques, caractéristiques du travail industriel peu qualifié. De ce fait, plus de la moitié d’entre eux sont exposés à trois pénibilités physiques ou plus (contre 46 % de l’ensemble des salariés) et 58,5 % ont déclaré risquer un accident au cours de leur travail.
Horaires longs et flexibles : 9,5 % des salariés sont concernés par de telles horaires. 74,2 % d’entre eux travaillent 40 heures ou plus par semaine, et 25,1 % ne connaissent pas leurs horaires pour la semaine à venir. Il s’agit en grande majorité d’hommes, cadres ou professions intermédiaires, exerçant des responsabilités hiérarchiques. L’organisation des horaires de ces salariés est donc caractéristique de l’emploi qualifié : 55,7 % ont des dépassements d’horaires fréquents, 22,3 % sont soumis à des astreintes et 32,7 % emmènent du travail chez eux. Cette emprise du travail sur le temps hors travail s’accompagne néanmoins d’une liberté dans le choix des horaires puisque 73,9 % déterminent eux-mêmes leurs horaires.
DARES, Premières informations, n° 22.2, mai 2009

Liaisons Sociales Quotidien, 2/06/2009
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Liens : http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/2009.05-22.2.pdf
http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/12060/une-nouvelle-proposition-de-loi-sur-le-travail-le-dimanche.html

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