Monsieur Y., mécanicien, a été engagé en septembre 1981. Il a bénéficié de deux promotions de 1981 à 1990 puis a changé de service en 1996 tout en restant au même coefficient. Entretemps, il a été désigné délégué syndical en 1991 et a occupé divers mandats électifs.
Faisant ses calculs, le salarié constate qu’il a connu un infléchissement de 40 % de sa progression salariale au cours de la décennie 1991-2002, qu’il a été maintenu au coefficient 155 et qu’il n’a pas bénéficié de formation professionnelle depuis 1996, ce qui le conduit à exercer une action en réparation en raison de la discrimination syndicale dont il a fait l’objet.
Pour étayer sa demande, il produit, pour comparaison, les bulletins de quatre autres salariés qui, selon lui, ont une activité comparable à la sienne et relève qu’il est le seul à ne pas avoir connu de progression de son coefficient.
Il ajoute au dossier qu’il a été pénalisé, lors de ses évaluations professionnelles, en raison de son manque de disponibilité dont il était établi qu’il était lié à l’exercice de ses mandats. L’employeur est allé jusqu’à lui reprocher une activité syndicale « trop insistante et incisive ». Ces absences ont d’ailleurs motivé des mesures disciplinaires et une tentative de licenciement.
Pour se défendre, l’employeur s’attache surtout à démonter l’argumentation fondée sur la comparaison entre les divers salariés. Il arrive à convaincre la Cour d’appel de Paris que les différences constatées entre les divers ouvriers se justifient par des éléments objectifs : diversité de fonctions, travail de nuit… La cour d’appel rejette la demande de Monsieur Y., estimant qu’il n’a pas présenté « d’éléments laissant supposer l’existence d’une discrimination syndicale dans l’évolution de sa carrière, de son salaire et sur le plan de la formation et ne peut donc prétendre ni à des dommages-intérêts de ce chef, ni se plaindre d’une situation globale mettant en cause l’activité du syndicat à laquelle il appartient ».
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Outil de travail indispensable, le Mémo social 2011 couvre en un seul volume l'ensemble de la réglementation en l’étayant par la jurisprudence la plus récente. Il aborde de façon exhaustive tous les aspects du droit social, qu’il s’agisse des relations individuelles et collectives de travail, de la formation professionnelle, du dialogue social, de la sécurité sociale, de la retraite…
C'est d'abord au législateur qu'il appartient de déterminer comment promouvoir la diversité ; c'est ensuite aux partenaires sociaux d'inventer les moyens d'assurer concrètement à tous les salariés leur place dans la communauté professionnelle, au-delà de leurs différences.Mais le droit du travail doit aussi beaucoup, ici comme ailleurs, à la Cour de cassation, comme le démontrent les derniers arrêts rendus le 8 juin 2011 en matière d'égalité de traitement entre salariés appartenant à des catégories professionnelles différentes.
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