La récession économique dans l'Hexagone devrait se prolonger tout au long de 2009. C'est ce que prévoit l'Insee dans ses dernières prévisions, l'institut tablant néanmoins sur une sortie de crise progressive. « Le paroxysme de la crise économique semble avoir été atteint au 1er trimestre 2009 », indique la note de conjoncture. La crise perdrait donc de son intensité dans les trimestres à venir, permettant d'envisager la fin de la contraction de l'activité économique au début 2010.
Après une baisse de 1,2 % du PIB au 1er trimestre 2009, l'activité se replierait encore sur les deux trimestres suivants (respectivement - 0,6 %, puis - 0,2 %), avant de stabiliser au cours des trois derniers mois de l'année. Sur l'ensemble de l'année 2009 , le PIB de la France perdrait 3 %.
La situation du marché du travail, qui enregistre avec un décalage de quelques mois les inflexions de la conjoncture économique, continuerait en revanche de se dégrader. Le taux de chômage atteindrait 10,1 % en métropole (10,5 % DOM compris) fin 2009.
D'ici fin 2009, le repli de l'activité devrait progressivement s'atténuer. La consommation des ménages résisterait, les perspectives d'activité seraient moins dégradées dans les services, et le plan de relance pour la construction devrait faire sentir ses effets.
En 2009, l'investissement des entreprises reculerait très fortement (- 8,9 %), les entreprises étant toujours confrontées à une importante sous-utilisation de leurs capacités de production, à des perspectives de demandes dégradées et à des conditions de financement difficiles.
Face aux évolutions heurtées du pouvoir d'achat, les ménages choisiraient d'étaler dans le temps leur consommation. En 2009, confrontés à la hausse du chômage et à l'incertitude sur leurs revenus futurs, les ménages augmenteraient leur taux d'épargne à 15,6 %, après 15,3 % en 2008. La consommation des ménages augmenterait de 0,3 % au 2e trimestre, puis marquerait le pas au second semestre (+ 0,1 % par trimestre).
La désinflation actuelle, due à la baisse de la demande et au recul du prix des matières premières, notamment du pétrole, devrait se poursuivre sur 2009. En glissement annuel, l'indice global des prix atteindrait un point bas à - 0,7 % en juillet 2009 - c'est en juillet 2008 que les prix du pétrole ont été les plus élevés -, avant de remonter au fur et à mesure pour s'élever à + 0,6 % en décembre . L'Insee prévoit un prix de baril de pétrole aux alentours de 60 $ à la fin de l'année.
L'emploi, et tout particulièrement l'emploi intérimaire, a commencé à baisser au 2e semestre 2008, sous le coup du recul de l'activité. « La forte contraction de l'activité entre fin 2008 et fin 2009 se traduirait par de nouvelles et fortes baisses d'effectifs », avertit l'Insee. L'emploi salarié marchand non agricole diminuerait ainsi de près de 700 000 postes en 2009, après - 141 000 en 2008.
Il baisserait nettement dans l'industrie, la construction et même dans le tertiaire marchand hors intérim, alors que ce secteur avait été épargné lors des dernières récessions. Il descendrait en fin d'année à son niveau le plus bas observé depuis 2000. A contrario, l'emploi salarié non marchand continuerait d'augmenter. Mais il n'atténuerait que faiblement la baisse de l'emploi total, de 592 000 postes en 2009.
Du fait des fortes pertes d'emplois attendues, le taux de chômage au sens du BIT devrait poursuivre sa hausse rapide. Il s'établirait à 10,1 % en moyenne en métropole au 4e trimestre 2009 (+ 2,5 points en un an) et 10,5 % DOM compris.
En 2009 , le revenu disponible brut des ménages (RDB) ralentirait fortement. Les composantes du RDB évolueraient en effet dans des sens opposés. Les revenus d'activité et de la propriété diminueraient en raison de la récession. En 2009, les salaires nominaux du secteur marchand non agricole ralentiraient nettement, du fait de la baisse de l'inflation et de la hausse du chômage.
Le salaire mensuel de base (SMB) augmenterait de 2,0 % , après + 3,0 % en 2008. Le salaire moyen par tête (SMPT) s'inscrirait en baisse (- 0,4 %, après + 2,7 % en 2008), notamment en raison de la baisse des primes et des heures supplémentaires. La baisse des revenus d'activité serait toutefois plus que compensée par le repli des prix de consommation, par les mesures du plan de relance visant à soutenir le revenu des ménages, comme les baisses d'impôts ou le versement de la prime de solidarité active, et par la revalorisation des prestations sociales.
Ainsi, grâce au repli de l'inflation, le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages serait en hausse en 2009 (+ 1,1 %, après + 0,6 % en 2008).
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