Le numéro un mondial du pneumatique, qui a réuni un nouveau comité central d’entreprise ce 7 juillet, ne fera pas sa restructuration aussi rapidement que souhaité (340 postes supprimés à Tours, 477 à Montceau-les-Mines et 276 à Lille, plus un plan de départs volontaires de 2 250 personnes sur l’ensemble du groupe en France).
Les syndicats ont obtenu un étalement de la procédure. Frantz Bléhaut, directeur du personnel pour la France, comptait négocier un accord de méthode global. Raté, il lui faudra sans doute réunir les comités d’entreprise, site par site. Ce sera fait d’ici à fin juillet.
Les représentants du personnel, qui ont, par ailleurs, demandé une expertise de la situation de l’entreprise, attendront de recevoir le rapport du cabinet Secafi, le 3 septembre, avant de donner leur avis sur le plan de réduction d’effectifs. Sans doute début octobre.
Commencera alors l’examen des mesures concrètes prévues. Ce qui ne s’achèvera pas avant fin octobre-début novembre.
Bref, les premiers départs n’interviendraient que vers la fin de l’année. À supposer que syndicats et direction trouvent un accord et excluent les prolongations procédurières. Ce qui est loin d’être gagné. Michelin n’entend pas casser sa tirelire pour ce plan. Les aménagements de fin de carrière, principale mesure envisagée, ne seront pas accompagnés de gros chèques. Ils prendraient la forme d’un mi-temps payé 66 % du salaire net et assorti d’une indemnité mensuelle de 300 euros.
« Dans certaines usines, ce sera moins avantageux qu’un licenciement économique. Michelin devra faire des efforts », préviennent déjà la CGT, SUD, la CFDT, FO et la CFTC, réunis en intersyndicale. Leurs représentants attendent aussi de connaître les dispositions prévues en cas d’insuffisance du nombre de volontaires au départ. Et ce sera probablement le cas. Le patron du groupe, Michel Rollier, marche sur des œufs. Pas question de désorganiser les usines ni de démotiver les troupes, car, derrière la restructuration, il vise une amélioration de la productivité : jusqu’à 25 % à Tours et même 40 % à Montceau-les-Mines.
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