Pressé de mener à bien le PSE, qui prévoit 540 suppressions d’emplois sur environ 2 700, le président d’ABB France, Hanspeter Faessler, obtiendra-t-il la reprise du processus de consultation du comité central d’entreprise à partir du 27 août prochain ?
Rien n’est moins sûr. Engagée le 23 juin, la démarche risque de s’enliser.
Motif ? Fiduciaire Cadeco, le cabinet désigné par les représentants des salariés pour évaluer la pertinence de ce plan, affirme que la direction du groupe, spécialisé dans l’énergie, la robotique et l’automation, ne joue pas franc jeu.
« Nous rencontrons des difficultés inhabituelles sur la communication de la documentation indispensable à un minimum de compréhension des mesures envisagées », expliquent les consultants. À peine la moitié des informations requises auraient été communiquées. Dans ces conditions, le CCE décide de saisir la justice pour faire valoir ses droits.
De son côté, la direction dépose une plainte pour dégradation, après les débordements qui avaient suivi l’annonce du PSE, et qui avaient abouti à des saccages dans des locaux de l’entreprise. Une tentative d’apaisement de la DRH, le 23 juillet, n’a pas, pour l’instant, assoupli la détermination des syndicats. Ceux-ci estiment, qu’en raison de « l’importance du projet et de ses conséquences gravissimes sur l’emploi », la prochaine réunion de consultation ne pourrait avoir lieu avant la remise du rapport de Cadeco. La CFDT souhaite que la direction prête l’oreille à ses propositions alternatives : diminuer les coûts directs de production, qui représentent de 6 % à 8 % du prix facturé au client, et se pencher sur les conditions réelles de la sous-traitance en Pologne, pas si bénéfique qu’il y paraît.
Mais les chances d’être entendu sont minces. « Le choix semble déjà fait de produire dans les pays à bas coût, que ce soit rentable ou non », soupire un cadre. La CGT, elle, rejette purement et simplement le PSE, faisant valoir que le groupe est rentable.
En attendant, l’inquiétude grandit sur les sept sites concernés : Mâcon (71), Aulnay-sur-Odon (14), Saint-Ouen-l’Aumône (95), Montluel (01), Chassieu (69), Bagnères de Bigorre (65) et Geispolsheim (67).
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