Plus de la moitié des DRH estiment que les réseaux sociaux internes seront une priorité stratégique à l’horizon 2012. Pour l’instant, les réseaux sociaux numériques sont simplement des vecteurs d’image et de communication, pour 80 % des DRH. Seuls 5 % d’entre eux y voient un levier pour leur stratégie, révèle le premier baromètre des stratégies RH et des réseaux sociaux* initié par Digital Jobs, conseil en management de ressources humaines, et l’institut d’études et de sondages Novamétrie. « Ces usages ne sont pas déterminés par le critère du secteur d’activité, mais plutôt par le caractère pyramidal de la structure de l’entreprise, ou, au contraire, par son fonctionnement en mode projet », explique Christophe Excoffier, président de Novamétrie.
Pour les DRH, la participation à des réseaux sociaux reste considérée comme une activité personnelle, alors que les collaborateurs y voient un outil liant les sphères professionnelle et personnelle. Et ces derniers sont d’ailleurs bien plus nombreux à fréquenter ces réseaux : 92 % d’entre eux sont présents sur des réseaux externes professionnels (de type Viadeo ou LinkedIn), contre 30 % des DRH. Une présence connue par 80 % des DRH, soit parce qu’ils y sont eux-mêmes présents, soit parce qu’ils pratiquent une veille sur ce sujet.
A l’avenir, des partenariats sont envisagés avec des réseaux sociaux pour le recrutement. La part des réseaux n’y est que de 2 % aujourd’hui, mais devrait atteindre 10 % en 2011. Les DRH sont intéressés, notamment par la diversification possible des profils recrutés dans le cadre de leur politique de diversité, et par le sourcing à un niveau international.
Mais les responsables sont encore plus enclins à développer des projets sur les réseaux sociaux en interne, analyse l’étude. Ils sont un moyen d’être informés et d’anticiper ses besoins, et, par exemple, de mettre en place un service de cooptation et des blogs de communautés d’experts. Ils sont perçus comme des outils de partage de bonnes pratiques.
Malgré les avantages identifiés, des freins à l’utilisation des réseaux sociaux demeurent : en premier lieu, pour 60 % des DRH, les questions de confidentialité et de sécurité. Les collaborateurs sont bien moins scrupuleux sur ces sujets : seuls 15 % d’entre eux les citent comme un frein. Les DRH, eux, ont bien conscience des risques de divulgation d’informations stratégiques et d’atteinte à leur réputation. Autre frein cité par 30 % d’entre eux, un problème d’intégration culturelle des nouvelles technologies 2.0. La baisse de la productivité, quant à elle, ne semble pas un risque, elle n’est mentionnée que par 5 % d’entre eux, mais par 19 % des collaborateurs.
« L’urgence est donc à l’établissement de règles », souligne Christophe Excoffier ; 20 % seulement ont déjà établi une charte d’utilisation, incluant des mesures telles que le renforcement de la clause de confidentialité contractuelle, une note d’information sur les nouvelles technologies, une utilisation restreinte pendant le temps de travail et des interdictions d’accès, indique Novamétrie. Et environ la moitié de ceux qui n’ont rien fait estiment qu’il faut en établir une.
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